C’est devenu une habitude récurrente pour le lobby des éoliennes, ou des médias qui relaient sa propagande, d’associer mon combat pour la souveraineté énergétique de la France à mes engagements passés au sein du mouvement sociétal de la Manif pour Tous, ou à mon statut d’élu municipal conservateur à Versailles. Loin de renier ces engagements, je tiens à dénoncer l’hypocrisie flagrante de cette filière éolienne, véritable Tartuffe de la transition énergétique.
Une enquête sur la gouvernance de cette industrie et ses réseaux d’influence révèle des connexions étroites avec les milieux catholiques engagés, d’anciens acteurs de la Manif pour Tous, et même des figures de l’ultra-droite. La filière éolienne n’hésite pas à s’allier ouvertement avec des personnalités politiques ou économiques très impliquées, bien plus que moi, dans les grands mouvements sociétaux du début du mandat de François Hollande.
Valérie Pécresse et Jean-François Copé
Commençons par Valérie Pécresse, qui figurait en tête des cortèges de la Manif pour Tous, serrant les coudes pour s’imposer sur un podium en 2013 et capter un électorat apparemment acquis à sa cause. Ministre de l’Économie de 2011 à 2012 sous Nicolas Sarkozy, elle a relancé, aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, le programme d’éoliennes en mer au large des côtes françaises, préalablement abandonné. Son époux, alors patron des éoliennes chez Alstom puis General Electric, a décroché une partie des contrats pour la construction de ces éoliennes offshore – sans lien de cause à effet, bien entendu, comme elle l’a affirmé dans un courrier à la suite d’une enquête du magazine L’Incorrect en 2021. Des révélations qui soulignent un potentiel conflit d’intérêts, même si Valérie Pécresse a toujours nié toute influence.
À ses côtés, dans le premier rang du cortège de la Manif pour Tous, se tenait Jean-François Copé, l’ancien président de l’UMP, qui n’a pas hésité à s’engager pleinement contre le projet de loi sociétal imposé d’en haut. Devenu responsable du programme des Républicains et avocat, il défend désormais les intérêts du développeur éolien allemand WindStrom. Cette société n’hésite pas à réclamer 44 millions d’euros aux 200 habitants du village de Puyrolland (Charente-Maritime), qui refusent le passage des engins chargés d’installer les éoliennes sur leur commune. Des articles récents, comme celui du Figaro du 22 janvier 2026 ou de Sud-Ouest en mai 2025, critiquent les méthodes agressives de WindStrom, qui multiplie les passages en force. Connaissant les pratiques souvent qualifiées de « cow-boys » dans la filière éolienne, cela en dit long sur l’activisme du client de Jean-François Copé, qui a lui-même contacté la préfecture pour tenter de débloquer la situation.
Sens Commun et Manif pour Tous
Toujours dans les rangs de l’UMP, puis des Républicains, Sébastien Pilard, moins connu du grand public, est le cofondateur du mouvement Sens Commun, émanation politique de la Manif pour Tous au sein du parti de droite. Entrepreneur dans la manutention maritime, il a été conseiller régional UMP puis LR, militant avec ardeur pour le développement de la filière éolienne en France. Il s’est exprimé avec ferveur sur le sujet dans les colonnes du syndicat des exploitants éoliens ou lors d’événements organisés par le SER (Syndicat des énergies renouvelables). En 2022, il quitte Les Républicains pour rejoindre Éric Zemmour, devenant membre du comité politique de Reconquête ! et candidat aux législatives sous cette étiquette. Des sources comme Valeurs actuelles et Ouest-France confirment son parcours, de Sens Commun à Reconquête ! illustrant cette trajectoire vers la droite plus radicale.
Pour polir son image de respectabilité, la filière éolienne recrute volontiers des militants catholiques engagés, compensant ainsi la réputation désastreuse de ses monstres d’acier et de fibre de carbone. L’exemple emblématique est Vestas, le constructeur danois leader en France avec environ 3 700 éoliennes sur les 10 000 installées sur son sol. Tanguy Levesque, son directeur commercial depuis dix-sept ans, a grandement contribué à l’implantation massive de ces machines dans notre pays. Catholique fervent, il a été responsable de la Manif pour Tous à Nanterre et a été interviewé en janvier 2013 par Le Figaro Magazine en cette qualité. En 2016, il lance la start-up GoConfess, surnommée le « Uber de la confession », promue dans divers médias catholiques. Vestas est membre de France Énergie Éolienne, syndicat dirigé un temps par le président de Vestas France.
Droite dure
Il est ardu de dresser un panorama exhaustif de toutes les personnalités de la droite conservatrice ou réactionnaire au cœur du réseau éolien. Partout, dans tous les partis politiques sans exception, le lobby éolien étend ses tentacules pour influencer les décisions au plus haut niveau. Pour infiltrer les programmes des partis hostiles aux éoliennes, la filière n’hésite pas à placer ses lobbyistes au cœur des instances. C’est ce qui explique les tensions internes au sein des Républicains par exemple, où des débats sur l’éolien divisent les candidats, comme lors du grand débat LR en 2021.
Le Rassemblement national n’échappe pas à ces tentatives d’infiltration. Un élu régional du Nord, impliqué dans l’alliance avec Éric Ciotti, est avocat dans un cabinet d’affaires et a accompagné la levée de fonds de la société éolienne Neoen, filiale de Direct Énergie. Cette dernière a été cofondée par Xavier Caïtucoli, engagé au MNR (Mouvement national républicain), parti de la droite dure issu d’une scission du Front national. Il a créé le think tank identitaire Polémia en 2002, bien qu’il affirme ne plus y participer activement.
Comme on le voit, les connexions entre la droite, la droite dure, les milieux catholiques et la filière éolienne sont une réalité incontestable. Les médias ou acteurs de cette filière qui insultent grossièrement et dénigrent les défenseurs de l’environnement opposés à la pollution éolienne en les qualifiant régulièrement d’« extrême droite » ou de « climatosceptiques » devraient balayer devant leur porte. Car ces insultes ou ces attaques ad hominem pourraient bien, tel un boomerang, se retourner contre eux !














