Transitions & Energies
Bidons déchets nucléaires

Nucléaire: la perception et la tolérance des risques sont à géométrie variable

L’une des raisons majeures du déclin de l’énergie nucléaire dans le monde occidental tient à la grande crainte, en partie irrationnelle mais bien réelle, des opinions publiques. Elle était particulièrement aiguë après l’accident de Fukushima, qui n’a pourtant fait aucun mort lié à la mise hors service de la centrale. Une décennie plus tard, la crise énergétique a balayé une bonne partie de ses craintes. Par Anne de Coninck. Article paru dans le numéro 20 du magazine Transitions & Energies.

Ferme solaire en Australie

Non l’électricité solaire n’est pas aussi peu chère qu’on le dit

En matière d’énergie, les raisonnements simplistes sont dangereux car ils masquent la réalité. Ainsi, le prix instantané de la production d’électricité à partir de panneaux solaires vendus à prix cassé n’a pas grande signification. Il est vrai que le prix des panneaux photovoltaïques chinois s’est effondré au cours des dernières années. En tirer comme conclusion que l’électricité photovoltaïque est la moins chère qui soit est un raisonnement hâtif. Une production d’électricité par nature intermittente et aléatoire nécessite à la fois d’adapter les réseaux et d’avoir en permanence à disposition des moyens de production de substitution quand il n’y a pas de soleil. A commencer par la nuit. Le problème est même plus large. La rentabilité des moyens de production en double est problématique quand ils ont pour seule fonction de se substituer aux renouvelables intermittents. En outre, les productions renouvelables, notamment solaires, sont en général soit trop importantes provoquant un effondrement des prix spots de l’électricité, soit trop faibles avec l’effet inverse. Cela ne veut pas dire que le solaire n’a pas son importance et son utilité. Elles sont même amenées à croître. Mais son utilisation n’est...

La Chine accélère sur les batteries solides avec des aides publiques massives

La stratégie de domination chinoise dans les technologies de la transition énergétique est constante depuis des années. Elle consiste à subventionner une filière industrielle entière, à lui permettre de développer technologies et moyens de production avec des partenariats étrangers et des investissements massifs, à conquérir ensuite le marché chinois et fort de cette base à détruire ensuite la concurrence avec une production massive et des prix contre lesquels les producteurs étrangers ne peuvent lutter. C’est exactement ce qui est en train de se passer dans le domaine très prometteur des batteries solides.

Migrations climatiques: fantasmes et réalité

A en croire les nombreux prophètes de malheur et même le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, qui s’est fait une spécialité de nous annoncer tous les six mois les pires catastrophes, le réchauffement climatique va se traduire par une avalanche irrésistible de migrations vers les pays développés. Ces affirmations ne reposent sur rien de sérieux. Si le changement climatique est une cause de mobilité des populations, c’est essentiellement à l’intérieur même de leurs propres pays et sur de courtes distances.

ITER, la nouvelle Tour de Babel

Le plus important ouvrage de génie civil en cours de construction en Europe et le plus grand projet scientifique mondial réunissant les plus grandes puissances devrait faire rêver. Lancée en 2007, sa construction pourrait permettre à l’humanité d’accéder à une source d’énergie sans limite : la fusion nucléaire. Mais le projet ITER pour International Thermonuclear Experimental Reactor (Réacteur thermonucléaire expérimental) qui regroupe 35 pays se débat dans les retards, les surcoûts, les problèmes de gouvernance et les rivalités géopolitiques. Jugé démesuré et ingérable par ses adversaires, il vient encore d’annoncer un nouveau retard de plusieurs années et en conséquence des milliards d’euros de coûts supplémentaires.

Véhicules électriques: la domination chinoise en 10 questions

L'industrie automobile chinoise a pris en quelques années le contrôle du marché des véhicules électriques à batteries au point de provoquer une très grande inquiétude sur l'avenir des constructeurs traditionnels américains et surtout européens. Cela s'est traduit par une envolée au cours des dernières semaines des droits de douane aux Etats-Unis et dans l'Union Européenne sur les véhicules chinois importés pour lutter contre du «dumping». Comment en est-on arrivé là?

Torchage du gaz: les promesses et la réalité

Le torchage du gaz (gas flaring) dans les installations pétrolières est une source majeure d'émissions de gaz à effet de serre, de dioxyde de carbone comme de méthane. Limiter voire éradiquer le torchage est pourtant l'un des moyens les plus faciles de réduire les émissions liées à l’exploitation des hydrocarbures. C’est toute l’ambition de l'initiative Zero Routine Flaring de la Banque mondiale lancée déjà il y a neuf ans, soutenue en théorie par des pays contribuant à plus de 60% au torchage mondial du gaz. Mais entre les engagements et la réalité… Dans les faits, ses opérations ont connu une augmentation importante l’an dernier atteignant leur plus haut niveau depuis 2019.

Abandon de la voiture électrique, l’étude de McKinsey qui fait l’effet d’une bombe

Selon la version 2024 de l’étude du cabinet Mc Kinsey baptisée Mobility Consumer Pulse (le pouls du consommateur de mobilité), pas moins de 29% des utilisateurs de voitures électriques dans le monde envisagent d’abandonner cette technologie pour revenir au moteur thermique. Dans certains pays comme l’Australie (49%) et les Etats-Unis (46%), cela concerne près de la moitié des conducteurs de véhicules électriques, 28% en Chine et nettement moins en France (18%).

subsea-cable

Utopie: des autoroutes énergétiques sous-marines

La construction de câbles électriques géants sous-marins permettant de transférer de l’électricité bas carbone à une vitesse proche de celle de la lumière sur des milliers de kilomètres des lieux de production vers les lieux de consommation est une idée qui fait son chemin. Elle permettrait, au moins en partie, de surmonter le problème de l’intermittence de certaines productions renouvelables, notamment éoliennes et solaires. La société Etchea Energy travaille ainsi sur un projet de câble électrique géant sous-marin transatlantique. Et les projets de ce type se multiplient entre la Chine et le Chili, l'Australie et Singapour, le Royaume-Uni et le Maroc, la Grèce, Chypre et Israël ou l’Inde et l’Arabie Saoudite.

Le rejet grandissant du « colonialisme décarboné »

Le Sud global ne veut pas se laisser imposer le rythme de la transition énergétique par les pays occidentaux. Il rejette des leçons de morale jugées « hypocrites ». À cela, une raison simple et majeure : la richesse matérielle d’un pays et de ses habitants est étroitement liée à leur niveau de consommation d’énergie. Et les pays en développement estiment pouvoir aspirer au même niveau de vie que les pays riches. Par Éric Leser. Article paru dans le numéro 21 du magazine Transitions & Energies.