Transitions & Energies

Les émissions cachées des mines de charbon allemandes

Innovation verte: un déclin qui interroge

Les batteries thermiques pourraient offrir une solution tant attendue au stockage massif de l’électricité

Méconnu, le stockage thermique de l’électricité offre pourtant un potentiel considérable. Il est beaucoup moins coûteux et plus facile et rapide à mettre en œuvre que les batteries lithium-ion, les barrages ou la production d’hydrogène bas carbone par électrolyse. Reste à vaincre un déficit de notoriété et d’intérêt dans un environnement marqué par les annonces incessantes et souvent douteuses de percées scientifiques et de ruptures technologiques imminentes.

Electricité: production surabondante, prix en forte baisse, sauf pour les consommateurs

A la suite d’un parfait alignement des planètes, les prix de l’électricité sont retombés au cours des dernières semaines à leurs niveaux d’avant la crise de 2022 et même en-dessous. Les températures sont anormalement douces, la demande d'énergie en général et d’électricité en particulier reste déprimée et dans le même temps la production nucléaire et renouvelable s’est fortement redressée et est devenue largement excédentaire. Au point que les exportations d’électricité atteignent des niveaux records. Mais les consommateurs français, entreprises comme particuliers, n’en profitent pas vraiment.

Metro Paris station Etoile wikimedia commons

Pourquoi prendre le métro nous expose à davantage de particules fines

Lors des alertes liées à des niveaux élevés de pollution aux particules fines, les pouvoirs publics incitent la population à prendre les transports en commun, notamment en Île-de-France, et restreignent la circulation automobile. Problème, dans les transports en commun en général et plus particulièrement dans le métro, le niveau de particules fines est particulièrement élevé.

Barils de pétrole wikimedia commons

Jusqu’où peuvent monter les cours du baril de pétrole?

Avec des risques grandissants d’escalade militaire au Moyen-Orient entre Israël et l’Iran, les attaques ukrainiennes répétées sur les installations pétrolières russes et le maintien de la stratégie du cartel élargi Opep+ de réduction de l’offre, la hausse des cours du pétrole pourrait bien se poursuivre. Au cours des cinq derniers mois, le baril a regagné plus de 25%. Le Brent, la référence européenne, a dépassé jeudi 4 avril 90 dollars et même atteint brièvement 91 dollars. Il pourrait bien franchir le seuil des 100 dollars d’autant plus que selon des informations de la presse américaine, la CIA a avertit Israël d'une attaque iranienne dans les 48 heures. Mais selon les analystes, il reste peu vraisemblable que les prix du pétrole aillent beaucoup plus loin que le niveau des 100 dollars compte tenu des conséquences que cela aurait sur la demande, qui baisserait, et sur l’offre, qui augmenterait.

Bientôt, de l’énergie géothermique illimitée? En Islande, le projet fou d’un tunnel creusé dans un volcan

Le potentiel de la géothermie est considérable et a longtemps été négligé ou sous-estimé. C’est une source d’énergie quasiment inépuisable, renouvelable, décarbonée et présente, pour la géothermie de faible profondeur, presque sur toute la surface de la terre. Certains pays ont même un potentiel géothermique immense comme l’Islande qui va aller chercher directement via un tunnel l’énergie de la chambre magmatique d’un volcan.

Atmosphere Wikimedia

Net Zéro, nucléaire: les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent

La méthode qui consiste à définir des objectifs sans savoir s’il est possible de les atteindre, voire de s’en approcher, est une garantie de l’échec. Elle est malheureusement aujourd’hui presque devenue la norme en matière d’énergie. Que ce soit l’objectif Net Zéro d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 ou le triplement de la production d’électricité nucléaire dans le monde, toujours d’ici 2050. Par Éric Leser. Article paru dans le numéro 20 du magazine Transitions & Energies.

Nous sommes toujours et pour longtemps encore dans l’âge de la vapeur

Jusqu’à aujourd’hui, les transitions énergétiques n’en ont jamais vraiment été. Les nouvelles sources d’énergie et nouvelles technologies se sont ajoutées à celles existantes mais ne les ont jamais totalement remplacées. Ainsi, en dépit de l’essor ininterrompu des carburants fossiles depuis deux siècles, le bois est encore utilisé comme combustible presque partout dans le monde. Et même si les machines à vapeur et les locomotives et navires à vapeur ont disparu des voies de chemin de fer et des océans, les turbines à vapeur restent essentielles… Elles offrent une technologie indispensables pour convertir l'énergie thermique en énergie mécanique et en énergie électrique. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter... même avec la fusion nucléaire.

Les deux EPR de Taishan Chine

EDF à quitte ou double

L’énergéticien public devrait être le fer de lance de la politique de transition énergétique du pays et mener avec efficacité et ambition le programme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires EPR2. Mais l’entreprise a été considérablement affaiblie financièrement comme humainement par deux décennies d’injonctions contradictoires des gouvernements successifs... et rien n'a changé. Le ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, somme EDF à la fois de réviser à la baisse les tarifs d’électricité négociés avec les entreprises et de tenir les coûts et les délais de construction des nouveaux réacteurs. Mais il n’a toujours pas de solution pour les financer et un retard qui ne cesse de grandir sur la Programmation pluriannuelle de l'énergie [PPE] qui doit acter la relance du nucléaire. Sans parler de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui prend son temps avec les procédures administratives de consultation du public... et retarde encore de quelques semaines la mise en service du « fameux » EPR de Flamanville. Le problème, ce n’est pas EDF mais l’Etat!

L’agenda vert européen peut conduire à la désintégration de l’Europe

Le nouvel agenda vert européen (Green new deal), présenté en fanfare il y a près de trois ans par la Commission européenne, est devenu une des causes majeures du déclin économique et social de l’Europe. Il revient à se donner des objectifs de décarbonation inatteignables, sans vouloir en mesurer les conséquences économiques, financières et sociales et en multipliant les contraintes infligées aux populations et aux entreprises. Cela est encore plus flagrant quand depuis trois ans l’environnement international géopolitique, commercial et financier ne cesse de se dégrader. C’est ce que montre un rapport récent et alarmant de l’Ifri (Institut français des relations internationales). Il met en garde contre « le scénario d'une Europe en voie de désintégration… ».

RTE va devoir totalement réviser ses scénarios pour 2050

Si le déclin économique et l’appauvrissement de la France se poursuivent et s’accélèrent, cela se traduira dans les prochaines années et décennies par une moindre consommation d’énergie et surtout d’électricité. Une destruction de la demande des entreprises comme des particuliers par les prix que nous voyons se produire sous nos yeux… Les régions du monde dynamiques consomment de plus en plus d’énergie, nous de moins en moins pour de bonnes (gains d’efficacité) et de mauvaises raisons (pertes de compétitivité et de productivité). Les doutes grandissent du coup sur l’ampleur de l’électrification des usages qui devrait être la pierre angulaire de la transition énergétique, dans l’industrie, les transports et le chauffage. RTE va devoir en tenir compte, à moins qu’il y ait un sursaut en matière d’investissements, de productivité et de réindustrialisation… On peut toujours rêver.