Transitions & Energies

Le réseau électrique français sera fragilisé dans les années 2022 et 2023

Il ne faudrait pas que les hivers 2022 et 2023 soient très rigoureux en Europe et que par manque d’eau les barrages soient peu remplis, il pourrait y avoir alors des pénuries d’électricité. Le risque n’est pas considérable, mais il...

Nucléaire, un autre sujet de discorde entre la France et l’Allemagne

Le modèle allemand de transition énergétique, l’Energiewende, qui a consisté depuis deux décennies à investir massivement dans les renouvelables (éolien et solaire) et à renoncer au nucléaire, n’est pas franchement une réussite. Les...

Un brevet de la marine américaine sur un réacteur nucléaire à fusion

Le US Naval Air Warfare Center Aircraft Division (le Centre de la marine américaine sur la guerre aérienne) vient de déposer un brevet étonnant qui a des allures de science-fiction. Il s’agit d’une technologie qui permettrait...

Les articles de la catégorie Nucléaire

Nucléaire: l’Etat demande à EDF de pouvoir construire six nouveaux EPR

Rien n’est définitif et encore moins officiel. Le gouvernement a tout de même adressé à EDF,  le 12 septembre, une lettre demandant d’évaluer l’état de la filière nucléaire et sa capacité à construire six nouveaux réacteurs EPR. Son contenu, rendu public par Le Monde, est minimisé. «Une hypothèse de travail» a immédiatement assuré le gouvernement… qui ne présage «en rien des décisions» à venir concernant le secteur. «Le gouvernement dément formellement la moindre décision en matière de construction de réacteurs nucléaires», affirme le ministère de la Transition écologique. En matière nucléaire, le gouvernement a peur de son ombre. Il a déjà décidé, en catimini, d’abandonner le projet de prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération dit à neutrons rapides baptisé Astrid (acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration). Cette prudence et cette difficulté à prendre des décisions et à communiquer s’expliquent notamment par la crainte qu’inspire l’énergie nucléaire dans l’opinion publique et par l’hostilité historique des écologistes à cette énergie, bien avant que se pose la question environnementale...

La France abandonne la quatrième génération de réacteurs nucléaires

L’avenir de l’énergie nucléaire vient encore de s’assombrir en France. Ce qui était il y a quelques années un des rares domaines industriels ou la technologie française était à la pointe s’enfonce dans les incertitudes et les renoncements. La faute au manque de courage des gouvernements successifs, incapables de décider d’une stratégie nucléaire de long terme, et des errements du chantier de l’EPR, réacteur de troisième génération, de Flamanville. Dernière très mauvaise nouvelle en date, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a décidé d’abandonner le projet de prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération dit à neutrons rapides baptisé Astrid (acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration). La France renonce ainsi de fait à être le numéro un mondial de la technologie nucléaire civile. En cause, selon Le Monde qui révèle cette décision, son coût trop élevé, de 5 à 10 milliards d’euros sur quelques décennies, et plus encore l’absence de soutien d’EDF et de volonté politique… Cette nouvelle génération de réacteurs refroidis au sodium devait utiliser pour fonctionner les...

La transition énergétique pourrait encore affaiblir l’industrie française

La transition vers les énergies renouvelables et les voitures électriques va être une nouvelle épreuve pour l’industrie française prévient l’économiste Patrick Artus dans Le Point. Une industrie, qui ne fabrique pas la moindre batterie de véhicule électrique, en dépit du très tardif et très médiatique lancement de «l’Airbus de la batterie». Une industrie, qui n’existe pas ou plus dans la production des turbines des éoliennes et dans celle des panneaux solaires. Pour ce qui des batteries pour véhicules électriques, c’est toute l’Europe qui est en retard. La part de marché européenne dans la production de cellules pour batteries lithium-ion est inférieure à 3%. Les cellules comptent pour 70% du prix d’une batterie ce qui représente environ 35% de la valeur totale d’un véhicule électrique. C’est son composant essentiel et sa production est aux mains en quasi totalité de grands groupes asiatiques. Le Japonais Panasonic et le Sud-Coréen LG Chem sont les leaders suivis de près par Samsung, un autre Sud-Coréen, et du Chinois CATL. Et tout cela sans parler du quasi-monopole chinois sur les métaux et les terres rares nécessaires à la fabrication des mêmes batteries. Sursaut...

La canicule réduit les performances des renouvelables comme du nucléaire

Les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, les barrages hydroélectriques et les centrales nucléaires n’apprécient pas vraiment la canicule. Si les pics de chaleur se multiplient dans l’année, cela pourrait finir par avoir un impact sur la capacité de production d’électricité en France. Même si la demande en été reste sensiblement inférieure à celle de l’hiver, la climatisation n’a pas l’impact du chauffage et la demande industrielle est plus faible. Pour autant, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a annoncé que des pics de consommation estivale ont été atteints mercredi 24 et jeudi 25 juillet dans l’après-midi. Les climatiseurs et les ventilateurs ont tout de même eu un impact. Le pic s’est situé mercredi à 59.715 mégawatts heure et n’a pas été dépassé jeudi. La capacité de production était de toute façon largement suffisante, avec 68.000 MWh à disposition. Dans le détail, 38.000 MWh de nucléaire, 2.500 MWh d’éolien, 6.000 MWh de solaire, 11.000 MWh d’hydraulique, 6.000 MWh de gaz et 4.500 MWh d’autres sources de production thermique (charbon, fuel). La baisse d’activité des centrales hydroélectriques dans les périodes...

La Russie va mettre en service la première centrale nucléaire flottante

La première centrale nucléaire flottante doit prendre la mer dans les prochaines semaines. Elle devrait alimenter en électricité une région isolée de la Sibérie, la Tchoukotka. Elle se trouve aujourd’hui dans le port de Mourmansk au nord-ouest de la Russie, devenu célèbre pendant la seconde guerre mondiale pour être la destination des convois de matériels militaires américains. Elle y a jeté l’ancre, en 2018. Elle est installée sur une barge de 144 mètres. Ses réacteurs d’une puissance de 35 MW chacun peuvent alimenter une région de 100 000 habitants, La centrale flottante est baptisée Akademik Lomonosovet a été construite dans les chantiers de la Baltique à Saint-Pétersbourg. A Mourmansk, elle a chargé en combustible ses deux réacteurs à eau pressurisée similaires à ceux utilisés pour propulser les brise-glaces russes. Mais à la différence de ceux-ci, qui utilisent de l’uranium hautement enrichi, les réacteurs de l’Akademik Lomonosov fonctionneront à l’uranium faiblement enrichi. Une façon de limiter la polémique sur la prolifération nucléaire dans les océans et au-delà du cercle polaire et de rejeter le surnom de «Tchernobyl flottant». La centrale devrait bientôt...

La Cour des comptes dénonce les incertitudes de la politique nucléaire française

Dans un rapport publié jeudi 4 juillet, la Cour des comptes s’en prend au grand flou de la politique nucléaire française. Pour les magistrats, les gouvernements depuis de nombreuses années retardent les décisions et les échéances, n’anticipent pas  les investissements à faire et ne prennent pas en compte toutes les options possibles. Plus grave encore, ils se refusent à organiser un débat public indispensable sur cette question importante. «Les décisions qui sont prises aujourd’hui dans le domaine du nucléaire emportent des conséquences pour de nombreuses générations à venir», rappellent les magistrats. Ils soulignent que 72% de l’électricité produite en France en 2018 était d’origine nucléaire et que des «investissements importants» devront être réalisés pendant la prochaine décennie dans les 58 réacteurs comme dans les installations de stockage des déchets. La France veut-elle lancer la construction d’une série de nouveaux réacteurs? De quel type, ancien ou EPR de dernière génération comme à Flamanville? Quel sera l’impact de ces décisions sur le cycle du combustible (approvisionnement, retraitement, stockage…)? Quels investissements faut-il...

Tout ce qu’il faut savoir sur l’uranium

Le magazine américain Popular Science vient de publier un article résumant les propriétés très particulières et les dangers de l’uranium, ce métal qui est, entre autre, le combustible des centrales nucléaires et sous une forme très enrichie le matériau des armes atomiques. Découvert en 1789 par le chimiste allemand Martin Heinrich Klaproth, l’uranium a pour particularité d’être naturellement radioactif et son isotope l’uranium 235 est le seul matériau naturel fissile. C’est-à-dire que son noyau peut subir une fission nucléaire et dégager ainsi une quantité considérable d’énergie. L’uranium est un métal commun. On le trouve fréquemment dans les sols, les rocs et les eaux. Mais il est plus rare de trouver des gisements importants. L’isotope le plus commun, l’uranium 238 qui représente 99% de cet élément sur terre, n’est pas fissile. Mais l’uranium 238 peut servir à fabriquer un matériau fissile, le plutonium 239. En bombardant de l’uranium 238 avec des neutrons, des atomes vont en absorber et devenir du plutonium 239, un matériau qui peut lors d’une fusion nucléaire produire beaucoup d’énergie dans un réacteur ou une...

Sondage nucléaire: les Français très mal informés

Mercredi 26 juin, en pleine canicule, BVA présentait un sondage édifiant sur les Français, l’énergie nucléaire et les émissions de CO2. Il a été réalisé pour la société Orano (ex-Areva) du 4 au 27 avril auprès d’un échantillon représentatif de 3008 personnes. Il en ressort que la population française est très mal informée de l’impact des différentes sources d’énergie sur les émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, dans l’esprit de la grande majorité des Français (69%), les centrales nucléaires contribuent au réchauffement de la planète. Ce qui est faux. Les émissions de gaz à effet de serre des centrales nucléaires, qui posent d’autres problèmes, sont minimes. Elles correspondent à 12 grammes par kWh produit, l’équivalent de ce que rejettent dans l’atmosphère les éoliennes (11 grammes)! Et compte tenu du mode de fabrication des panneaux photovoltaïques très coûteux en énergie, le solaire en produit quatre fois plus par kWh (45 grammes). Plus préoccupant, les moins bien informés sont les plus jeunes. Toujours selon le sondage BVA, 86% des 18-34 ans interrogés jugent le nucléaire néfaste pour le climat. Encore plus surprenant, pour 10% des personnes...

L’EPR de Flamanville ne sera pas opérationnel, au mieux, avant fin 2022

La décision de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) est tombée jeudi 20 juin. Elle demande à EDF de refaire huit soudures importantes qui ne sont pas aux normes de sécurité et de solidité exigées. Elles se trouvent sur les tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur nucléaire vers les turbines. La «traversée», en langage technique, des parois de l’enceinte de confinement, ultime protection en cas d’incident pour éviter un rejet de radioactivité dans l’atmosphère. Refaire ces soudures et donc toucher à l’enceinte de confinement retardera encore de deux à trois ans la fin d’un chantier qui aura été calamiteux. Les retards et les malfaçons n’ont cessé de se succéder. EDF estime maintenant être en mesure de pouvoir lancer l’exploitation du réacteur, au mieux, à la fin de l’année 2022 ou au début de l’année 2023. La construction de l’EPR (Réacteur Pressurisé Européen) a été lancée à Flamanville en 2007. Il était alors prévu qu’elle se termine en… 2012. Le retard de mise en service du réacteur atteindra plus de dix ans! Son coût de fabrication sera passé de 3,3 milliards d’euros initialement à 10,9...

A Cadarache, la fusion nucléaire prend forme pas à pas

A Flamanville, le chantier de l’EPR, réacteur nucléaire à fission de dernière génération, tourne au cauchemar économique comme technique. Pendant ce temps là, la fusion nucléaire, une source d’énergie en théorie bien plus grande encore, moins polluante car sans déchets et bien plus complexe à maitriser, commence à prendre forme. Plus de 60% du futur réacteur expérimental de Cadarache, le projet Iter qui associe 35 pays, est construit. La phase d’assemblage de la machine doit commencer en 2020. C’est la promesse un peu utopique d’offrir dans quelques décennies à l’humanité une énergie surabondante, peu coûteuse et propre… Mais c’est une technologie d’une très grande complexité et qui est loin d’être à un stade opérationnel. Il a fallu près de dix ans d’usinage complexe pour que les plus importants composants du réacteur thermonucléaire soient fabriqués. Il faudra ajuster au millimètre 1 million d’éléments constitués de 10 millions de pièces totalisant les 440.000 tonnes du «Tokamak», le nom de ce réacteur très particulier conçu dans les années 1950 par les physiciens russes Igor Tamm et Andreï Sakharov. Depuis plusieurs semaines...

Les pays qui émettent le plus de CO2

Selon des informations compilées par Global Carbon Atlas, les deux plus grandes puissances mondiales, la Chine et les Etats-Unis, sont responsables, dans cet ordre, de plus de 40% des émissions de CO2. Dans ce classement des pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre, les différences sont considérables. Les émissions du numéro un, la Chine (27,2%), sont plus du double de celles du numéro deux, les Etats-Unis (14,6%), qui sont à leur tour plus du double de celles du numéro trois, l’Inde (6,8%). Les quinze pays qui émettent le plus de CO2 sont ainsi responsables de 72% des émissions et les 180 pays restant de 28%, un chiffre très proche de celui de la Chine. La France est 18ème dans ce classement avec des émissions de CO2 inférieures de moitié à celles de l’Allemagne (6ème) à 356 MtCO (millions de tonnes équivalent CO2) contre 799 MtCO. Elle le doit notamment à une population plus faible et à près des trois quart de sa production électrique d’origine nucléaire. Si le calcul est fait à partir des émissions de CO2 par personne, le classement est totalement différent. Le Qatar est numéro un des émissions avec 49, 2 tonnes de CO2 par personne et par an suivi par Trinidad &...

Pour l’AIE, sans nucléaire point de salut

La transition vers des sources d’énergie émettant moins de gaz à effet de serre ne se fera pas sans le nucléaire. Telle est la conclusion sans appel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a publié le 28 mai son premier rapport sur ce sujet en vingt ans. Les énergies renouvelables qui sont par nature intermittentes ne suffiront pas à réduire suffisamment les émissions de CO2. «Le développement de l’énergie électrique propre doit être trois fois plus rapide qu’il ne l’est aujourd’hui si l’on veut avoir une trajectoire conforme aux objectifs de développement durable.» Pour y parvenir, il est indispensable de s’appuyer sur le nucléaire dont la production doit «augmenter de 80% d’ici 2040», affirme l’AIE. Et pourtant, le nucléaire «pourrait être bientôt sur le déclin à travers le monde» avec la fermeture de centrales vieillissantes, s’inquiète Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE «Si les gouvernements ne modifient pas leurs politiques actuelles, les économies avancées seront en chemin pour perdre les deux tiers de leur parc nucléaire, risquant une énorme augmentation des émissions de CO2», ajoute-t-il. Le nucléaire représente aujourd’hui 10% de la fourniture d’électricité à travers...