Transitions & Energies

Fabriquer des batteries éternelles avec des déchets nucléaires

Des chercheurs de l’université de Bristol sont parvenus à créer un diamant capable de générer de l’électricité pendant au moins 5730 années.

EDF et Veolia mettront des décennies à démanteler les six plus vieux réacteurs nucléaires français

EDF et Veolia, le numéro un mondial du nucléaire et le premier groupe de services à l’environnement, ont annoncé il y a quelques jours la création d’une coentreprise baptisée Graphitech. Elle aura pour objet unique de démanteler les plus vieux...

Nucléaire: les Chinois, eux, savent construire les EPR

La construction à Flamanville du réacteur nucléaire EPR de nouvelle génération a tourné au cauchemar. Au point de mettre aujourd’hui en péril toute la filière nucléaire française qui était pourtant considérée comme la meilleure au monde. Les...

Les articles de la catégorie Nucléaire

Le plan d’EDF pour sauver l’industrie nucléaire

EDF a présenté la semaine dernière son plan pour permettre à la filière nucléaire française de retrouver une crédibilité industrielle et se remettre du désastre du chantier de l’EPR de Flamanville. Au même moment ou presque une bonne nouvelle pour le nucléaire est venue de Bruxelles. L’Union européenne a fini par reconnaître que cette source d’énergie contribue aux objectifs de neutralité carbone. Il faut dire que l’électricité nucléaire émet aussi peu de CO2 que les éoliennes et même bien moins que le solaire. Le plan d’EDF baptisé «excell,  pour excellence, a été rendu public seulement un peu plus d’un mois après la publication du rapport de Jean-Martin Folz soulignant la perte de savoir-faire de l’industrie nucléaire française et sa difficulté à construire de nouveaux réacteurs. Les travaux de l’EPR de nouvelle génération de Flamanville (voir la photo ci-dessus), lancés en 2007, devaient se terminer en 2012 pour un coût initial estimé à 3,3 milliards d’euros. La facture devrait dépasser 13 milliards et le démarrage du réacteur n’interviendra pas avant le début de l’année 2023 à la suite d’une incroyable série de malfaçons, de contrôles bâclés et même...

Le réseau électrique français sera fragilisé dans les années 2022 et 2023

Il ne faudrait pas que les hivers 2022 et 2023 soient très rigoureux en Europe et que par manque d’eau les barrages soient peu remplis, il pourrait y avoir alors des pénuries d’électricité. Le risque n’est pas considérable, mais il existe. Du fait du basculement de l’Allemagne vers les renouvelables (éolien et solaire), par définition intermittents, et d’une baisse des capacités de production en France. L’arrêt des centrales à charbon, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et les retards de l’EPR de Flamanville réduiront la capacité de production d’électricité en 2022 et 2023, a d’ores et déjà indiqué le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE). Celle-ci suffira normalement tout juste à couvrir la demande hivernale. RTE prévient que la sécurité de l’approvisionnement électrique de la France doit faire l’objet d’une «vigilance» en 2022-2023. Dans l’immédiat, pour l’hiver 2019-2020, l’approvisionnement en électricité «devrait être assuré». La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit cesser définitivement de fonctionner en 2020 et dans le même temps le gouvernement a...

Nucléaire: l’Etat demande à EDF de pouvoir construire six nouveaux EPR

Rien n’est définitif et encore moins officiel. Le gouvernement a tout de même adressé à EDF,  le 12 septembre, une lettre demandant d’évaluer l’état de la filière nucléaire et sa capacité à construire six nouveaux réacteurs EPR. Son contenu, rendu public par Le Monde, est minimisé. «Une hypothèse de travail» a immédiatement assuré le gouvernement… qui ne présage «en rien des décisions» à venir concernant le secteur. «Le gouvernement dément formellement la moindre décision en matière de construction de réacteurs nucléaires», affirme le ministère de la Transition écologique. En matière nucléaire, le gouvernement a peur de son ombre. Il a déjà décidé, en catimini, d’abandonner le projet de prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération dit à neutrons rapides baptisé Astrid (acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration). Cette prudence et cette difficulté à prendre des décisions et à communiquer s’expliquent notamment par la crainte qu’inspire l’énergie nucléaire dans l’opinion publique et par l’hostilité historique des écologistes à cette énergie, bien avant que se pose la question environnementale...

Des centrales nucléaires américaines vont produire de l’hydrogène sans carbone

Il s’agit du chainon manquant, à la fois pour l’électricité nucléaire et l’hydrogène. Comment utiliser de l’électricité décarbonée en surplus parce qu’il est difficile d’arrêter les centrales nucléaires et comment produire de grandes quantités d’hydrogène sans CO2 à des coûts pas trop élevés. Les Etats-Unis ont peut être trouvé la solution. Comme l’explique Energy Post, les centrales nucléaires sont aujourd’hui, aux Etats-Unis, sous la pression des renouvelables et du gaz naturel qui peuvent produire de l’électricité à moindre coût même si cela pose d’autres problèmes. Par exemple, l’intermittence des renouvelables et les gaz à effet de serre émis par les centrales au gaz. Mais comme il n’est pas question d’abandonner des dizaines d’années d’investissements et de renoncer à un savoir faire stratégique, le Département américain de l’énergie vient de lancer trois projets innovants pour améliorer à long terme la compétitivité des centrales nucléaires. Exactement la stratégie inverse du gouvernement français qui renonce à l’innovation comme le montre l’abandon du projet Astrid de réacteur de...

La France abandonne la quatrième génération de réacteurs nucléaires

L’avenir de l’énergie nucléaire vient encore de s’assombrir en France. Ce qui était il y a quelques années un des rares domaines industriels ou la technologie française était à la pointe s’enfonce dans les incertitudes et les renoncements. La faute au manque de courage des gouvernements successifs, incapables de décider d’une stratégie nucléaire de long terme, et des errements du chantier de l’EPR, réacteur de troisième génération, de Flamanville. Dernière très mauvaise nouvelle en date, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a décidé d’abandonner le projet de prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération dit à neutrons rapides baptisé Astrid (acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration). La France renonce ainsi de fait à être le numéro un mondial de la technologie nucléaire civile. En cause, selon Le Monde qui révèle cette décision, son coût trop élevé, de 5 à 10 milliards d’euros sur quelques décennies, et plus encore l’absence de soutien d’EDF et de volonté politique… Cette nouvelle génération de réacteurs refroidis au sodium devait utiliser pour fonctionner les...

Un réacteur nucléaire miniaturisé pour alimenter les colonies humaines sur la Lune et sur Mars

La conquête spatiale dans les années 1960 a permis des avancées technologiques considérables en accélérant le développement de l’informatique, de nouveaux matériaux et même sur la façon de conserver les aliments. L’ambition d’installer dans quelques décennies des bases habitées sur la Lune et sur Mars pourrait permettre également des progrès technologiques importants, notamment dans l’énergie. Le plus visible aujourd’hui a pour nom Kilopower. Il est mené par la NASA. Il s’agit d’un nouveau type de réacteur nucléaire expérimental, conçu spécifiquement pour alimenter de futurs avant-postes humains sur la Lune et sur Mars. Il pourrait être prêt pour son premier essai dans l’espace dès 2022. «Je pense que nous pourrions faire cela dans trois ans et être prêts à voler», expliquait Patrick McClure, chef de projet Kilopower, au laboratoire national Los Alamos du ministère américain de l’Énergie lors d’une présentation récente des futures opérations de la NASA. Entre novembre 2017 et mars 2018, la NASA a procédé avec ce mini-réacteur à des tests réussis dans le désert du Nevada. Kilopower utilise la fission de l’uranium pour fournir de la chaleur. Celle-ci est convertie en...

Le sarcophage du réacteur 4 de Tchernobyl se désagrège, et ce n’est pas si grave!

Tchernobyl est devenu à la mode. La plus grande catastrophe nucléaire civile de l’histoire, la seule à avoir coûté des vies humaines, ne cesse d’être à nouveau au coeur de l’actualité. Que ce soit à la suite d’études sur la renaissance de la flore et de la faune dans la zone interdite mise en quarantaine depuis 33 ans, de l’attrait touristique récent pour cette région, d’une mini-série télévisée de HBO retraçant la catastrophe de 1986 qui a remporté un succès planétaire et plus récemment à la suite de craintes, dramatisées, sur l’état du sarcophage du tristement célèbre réacteur quatre de la centrale. Des craintes injustifiées, car depuis 2016, une arche monumentale (voir l’image ci-dessus) est installée autour et au-dessus du vieux sarcophage. Mais la peur attire, mobilise. La peur fait vendre. Et si un nom est devenu synonyme de peur, c’est bien celui de Tchernobyl. Le réacteur numéro quatre de cette centrale a explosé le 26 avril 1986 à la suite d’une accumulation d’erreurs, de conception et de gestion du réacteur, d’un exercice de sécurité mené dans des conditions invraisemblables et d’une augmentation incontrôlée de la...

La transition énergétique pourrait encore affaiblir l’industrie française

La transition vers les énergies renouvelables et les voitures électriques va être une nouvelle épreuve pour l’industrie française prévient l’économiste Patrick Artus dans Le Point. Une industrie, qui ne fabrique pas la moindre batterie de véhicule électrique, en dépit du très tardif et très médiatique lancement de «l’Airbus de la batterie». Une industrie, qui n’existe pas ou plus dans la production des turbines des éoliennes et dans celle des panneaux solaires. Pour ce qui des batteries pour véhicules électriques, c’est toute l’Europe qui est en retard. La part de marché européenne dans la production de cellules pour batteries lithium-ion est inférieure à 3%. Les cellules comptent pour 70% du prix d’une batterie ce qui représente environ 35% de la valeur totale d’un véhicule électrique. C’est son composant essentiel et sa production est aux mains en quasi totalité de grands groupes asiatiques. Le Japonais Panasonic et le Sud-Coréen LG Chem sont les leaders suivis de près par Samsung, un autre Sud-Coréen, et du Chinois CATL. Et tout cela sans parler du quasi-monopole chinois sur les métaux et les terres rares nécessaires à la fabrication des mêmes batteries. Sursaut...

La canicule réduit les performances des renouvelables comme du nucléaire

Les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, les barrages hydroélectriques et les centrales nucléaires n’apprécient pas vraiment la canicule. Si les pics de chaleur se multiplient dans l’année, cela pourrait finir par avoir un impact sur la capacité de production d’électricité en France. Même si la demande en été reste sensiblement inférieure à celle de l’hiver, la climatisation n’a pas l’impact du chauffage et la demande industrielle est plus faible. Pour autant, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a annoncé que des pics de consommation estivale ont été atteints mercredi 24 et jeudi 25 juillet dans l’après-midi. Les climatiseurs et les ventilateurs ont tout de même eu un impact. Le pic s’est situé mercredi à 59.715 mégawatts heure et n’a pas été dépassé jeudi. La capacité de production était de toute façon largement suffisante, avec 68.000 MWh à disposition. Dans le détail, 38.000 MWh de nucléaire, 2.500 MWh d’éolien, 6.000 MWh de solaire, 11.000 MWh d’hydraulique, 6.000 MWh de gaz et 4.500 MWh d’autres sources de production thermique (charbon, fuel). La baisse d’activité des centrales hydroélectriques dans les périodes...

La Russie va mettre en service la première centrale nucléaire flottante

La première centrale nucléaire flottante doit prendre la mer dans les prochaines semaines. Elle devrait alimenter en électricité une région isolée de la Sibérie, la Tchoukotka. Elle se trouve aujourd’hui dans le port de Mourmansk au nord-ouest de la Russie, devenu célèbre pendant la seconde guerre mondiale pour être la destination des convois de matériels militaires américains. Elle y a jeté l’ancre, en 2018. Elle est installée sur une barge de 144 mètres. Ses réacteurs d’une puissance de 35 MW chacun peuvent alimenter une région de 100 000 habitants, La centrale flottante est baptisée Akademik Lomonosovet a été construite dans les chantiers de la Baltique à Saint-Pétersbourg. A Mourmansk, elle a chargé en combustible ses deux réacteurs à eau pressurisée similaires à ceux utilisés pour propulser les brise-glaces russes. Mais à la différence de ceux-ci, qui utilisent de l’uranium hautement enrichi, les réacteurs de l’Akademik Lomonosov fonctionneront à l’uranium faiblement enrichi. Une façon de limiter la polémique sur la prolifération nucléaire dans les océans et au-delà du cercle polaire et de rejeter le surnom de «Tchernobyl flottant». La centrale devrait bientôt...

La Cour des comptes dénonce les incertitudes de la politique nucléaire française

Dans un rapport publié jeudi 4 juillet, la Cour des comptes s’en prend au grand flou de la politique nucléaire française. Pour les magistrats, les gouvernements depuis de nombreuses années retardent les décisions et les échéances, n’anticipent pas  les investissements à faire et ne prennent pas en compte toutes les options possibles. Plus grave encore, ils se refusent à organiser un débat public indispensable sur cette question importante. «Les décisions qui sont prises aujourd’hui dans le domaine du nucléaire emportent des conséquences pour de nombreuses générations à venir», rappellent les magistrats. Ils soulignent que 72% de l’électricité produite en France en 2018 était d’origine nucléaire et que des «investissements importants» devront être réalisés pendant la prochaine décennie dans les 58 réacteurs comme dans les installations de stockage des déchets. La France veut-elle lancer la construction d’une série de nouveaux réacteurs? De quel type, ancien ou EPR de dernière génération comme à Flamanville? Quel sera l’impact de ces décisions sur le cycle du combustible (approvisionnement, retraitement, stockage…)? Quels investissements faut-il...

Tout ce qu’il faut savoir sur l’uranium

Le magazine américain Popular Science vient de publier un article résumant les propriétés très particulières et les dangers de l’uranium, ce métal qui est, entre autre, le combustible des centrales nucléaires et sous une forme très enrichie le matériau des armes atomiques. Découvert en 1789 par le chimiste allemand Martin Heinrich Klaproth, l’uranium a pour particularité d’être naturellement radioactif et son isotope l’uranium 235 est le seul matériau naturel fissile. C’est-à-dire que son noyau peut subir une fission nucléaire et dégager ainsi une quantité considérable d’énergie. L’uranium est un métal commun. On le trouve fréquemment dans les sols, les rocs et les eaux. Mais il est plus rare de trouver des gisements importants. L’isotope le plus commun, l’uranium 238 qui représente 99% de cet élément sur terre, n’est pas fissile. Mais l’uranium 238 peut servir à fabriquer un matériau fissile, le plutonium 239. En bombardant de l’uranium 238 avec des neutrons, des atomes vont en absorber et devenir du plutonium 239, un matériau qui peut lors d’une fusion nucléaire produire beaucoup d’énergie dans un réacteur ou une...