Transitions & Energies

Le réseau électrique français sera fragilisé dans les années 2022 et 2023

Il ne faudrait pas que les hivers 2022 et 2023 soient très rigoureux en Europe et que par manque d’eau les barrages soient peu remplis, il pourrait y avoir alors des pénuries d’électricité. Le risque n’est pas considérable, mais il...

Même Aramco parle aujourd’hui de pic pétrolier (peak oil), le maximum de la consommation de pétrole dans le monde

Le «peak oil» (pic pétrolier) est un serpent de mer. Depuis près de 70 ans, il est annoncé à intervalles réguliers, par des experts, des scientifiques, le Club de Rome, des institutions internationales, des groupes écologiques… Mais la limite...

La Chine continue à construire massivement des centrales à charbon

En matière de transition énergétique, il faut souvent soigneusement distinguer les discours et la réalité. Quand l’Amérique de Trump a décidé de se retirer des accords de Paris sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Chine...

Les articles de la catégorie Fossile

La Banque Européenne d’Investissement ne financera plus les énergies fossiles

Après des mois de difficiles négociations, le conseil d’administration de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), l’Institution de financement de l’Union Européenne, a décidé de ne plus financer à partir de 2022 les énergies fossiles. La BEI devient la première institution multilatérale de financement du développement a se revendiquer comme une «banque du climat». Elle avait déjà cessé depuis 2013 de financer les activités liées au charbon. C’est maintenant au tour du pétrole et du gaz. La BEI permet ainsi de remplir la promesse faite lors de son élection par la nouvelle Présidente de la Commission Européenne, Ursula Der Leven, de créer une banque du climat. Car en parallèle à son retrait des énergies fossiles, la BEI entend «mobiliser 1.000 milliards d’euros d’investissements pour l’action en faveur du climat et de la durabilité environnementale au cours de la décennie 2021-2030». Selon Andrew McDowell, le vice-président de la BEI, un euro sur deux investi par la banque d’ici 2025 sera dédié à des projets environnementaux. Mais pour parvenir à cette annonce, la bataille a été rude au sein du Conseil d’administration de la banque où...

Nous ne sommes pas prêts de manquer de pétrole

Après une brève envolée au lendemain des attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, le prix du pétrole est retombé depuis autour de 60 dollars le baril. A en croire le New York Times, le prix du pétrole devrait continuer à être bas au cours des prochaines années, non seulement parce que l’économie mondiale ralentit, mais aussi parce que l’offre devrait être encore plus abondante. «Une augmentation de la production est programmée, que le monde en ait besoin ou pas. Ce flot de pétrole brut va arriver même si les inquiétudes sur le changement climatique grandissent et si la demande mondiale de pétrole ralentit. Et il ne vient pas des producteurs habituels, mais du Brésil, du Canada, de la Norvège et du Guyana…», écrit le New York Times. Ces quatre pays devraient ajouter en 2020 un million de barils supplémentaires à la production mondiale et encore environ un million de barils en 2021. La production mondiale est aujourd’hui de 80 millions de barils par jour en dépit des difficultés de grands pays producteurs comme le Venezuela et la Libye et de l’embargo américain contre l’Iran. Cette production supplémentaire n’est pas le fruit...

Pourquoi Vladimir Poutine vient de se convertir au réchauffement climatique

Depuis des années, le réchauffement climatique était plutôt considéré comme une bonne nouvelle à Moscou. Avec la fonte de la banquise, il ouvre l’accès à l’arctique et à ses richesses pétrolières et minières et augmente potentiellement les surfaces de terres cultivables. Il pourrait, par exemple, rendre accessible l’immense gisement de gaz de Chtokman dans la mer de Barents, à 500 kilomètres des côtes au nord de la péninsule de Kola. Mais les dirigeants russes sont en train de changer d’avis. Ils viennent de se rendre compte du danger que présente la fonte du permafrost pour l’exploitation en cours et à venir des champs pétroliers et gaziers, la principale richesse du pays et sa première source de devises. En résumé, comme l’écrit l’expert Julian Lee sur Bloomberg, la Russie devient «verte» pour continuer à exploiter le pétrole et le gaz qui contribuent au réchauffement climatique… La Russie, le quatrième pays qui émet le plus de gaz à effet de serre, vient ainsi de ratifier le 23 septembre l’accord de Paris sur le climat qu’elle avait signé en 2016. Le réchauffement climatique s’est traduit au cours des derniers mois par une fonte...

Les centrales au charbon vont enfin commencer à disparaître

Il s’agit sans doute autant d’un souhait que d’une analyse. Energy Post pronostique, enfin, un déclin du charbon dans la production d’électricité dans le monde. Ainsi, même si les capacités dans le monde de production des centrales au charbon ont encore augmenté de 17 gigawatts au premier semestre de l’année 2019, Energy Post souligne que les projets de construction de centrales ne cessent de se réduire. Le plus intéressant est le fait que les centrales à charbon existantes en Chine ne fonctionnent plus depuis 2015, en moyenne, qu’à 50% de leurs capacités. Reste à savoir si cela est suffisant pour faire une tendance. Tous les yeux sont tournés vers les 15 pays qui détiennent 91% des capacités de production de centrales au charbon dans le monde (voir ci-dessous). Les cinq premiers étant la Chine (49% des capacités mondiales) loin devant les Etats-Unis (13%), l’Inde (11%), la Russie (2%) et l’Allemagne (2%). Ces 15 pays représentent 1.845 gigawatts sur les 2.027 gigawatts d’électricité produite à partir du charbon sur la planète. Selon Christine Shearer de Global Energy Monitor, nous sommes arrivés au point d’inflexion. Il y a...

Pétrole, l’affolement n’aura pas duré longtemps

En dépit de l’affolement des observateurs et de l’annonce d’un choc pétrolier d’ampleur, les prix du pétrole seront finalement restés sous contrôle la semaine dernière. L’attaque coordonnée menée le 14 septembre par plus de 25 drones et missiles de technologie iranienne contre deux installations saoudiennes majeures, celles de Abqaiq et de Khurais, a amputé de près de 60% la production journalière du royaume. Il y a eu 17 points d’impact à Abqaiq, la plus grande installation de traitement pétrolier au monde, et encore plus à Khurais. Les dommages infligés aux deux sites ont réduit la production pétrolière journalière du pays de 5,7 millions de barils sur un total de 9,8 millions. Abqaiq a traité l’an dernier environ la moitié de la production de la compagnie pétrolière nationale Aramco. L’installation retire le souffre et divers produits volatils du brut venant des champs géants saoudiens avant qu’il soit pompé vers les raffineries ou les terminaux d’exportation. Khurais est le deuxième plus important champ pétrolier saoudien avec une capacité de 1,45 million de barils par jour. Il produisait 1,2 million de barils quotidiennement avant...

Nous devons changer la façon dont nous produisons de la chaleur

Pour réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre, il ne faudrait pas s’attaquer en priorité au transport, mais à la production de chaleur. La moitié de la consommation d’énergie dans le monde est consacrée à la production de chaleur, pour les habitations avant tout et aussi dans l’industrie. La majeure partie de cette chaleur est produite en brûlant des carburants fossiles. Il y a eu très peu de progrès dans ce domaine au cours des dernières années. Pour le World Economic Forum, l’explication est malheureusement assez simple. Les systèmes de production de chaleur dans le monde sont difficiles à changer. Parce qu’ils sont implantés dans les infrastructures existantes et qu’il est très coûteux de le faire. Et parce qu’ils correspondent aux habitudes de vie. En plus, ils sont très souvent subventionnés par les gouvernements. Des millions et des millions de foyers utilisent des moyens de chauffage fonctionnant avec des énergies fossiles. Ce n’est pas un hasard non plus explique le World Economic Forum si les ONG et les mouvements écologistes concentrent leurs attaques sur les compagnies pétrolières multinationales et sur les centrales...

Carbone: l’hypocrisie des donneurs de leçons

Greta Thunberg, la passionaria suédoise de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, n’a pas pris l’avion pour se rendre aux Etats-Unis et participer le 23 septembre au sommet mondial sur le climat organisé par le Secrétaire général de l’ONU. Pour aller à New York, elle voyage à bord d’un voilier de course ultra sophistiqué, le Malizia II, skippé par Pierre Casiraghi, le fils cadet de la princesse Caroline de Monaco. Une opération de communication visant à dénoncer les gaz à effet de serre émis par le transport aérien, qui tourne depuis quelques jours au fiasco… Cinq membres d’équipage se rendront en avion à New York pour ramener le bateau, écrit le journal allemand Die Tageszeitung. Le skipper rentrera lui aussi en Europe… en avion. Si Greta Thunberg et son père s’étaient rendus à New York en avion, deux billets auraient suffi. Greta Thunberg et la famille princière monégasque ne sont pas des cas isolés de moralisateurs pris soudain en flagrant délit d’hypocrisie. Dans la famille royale britannique, le Prince Harry et la Princesse Meghan Markle ont provoqué le même type de controverse en donnant des leçons publiques sur le changement climatique tout en...

Produire de l’hydrogène propre à partir de vieux puits de pétrole

La révolution de l’hydrogène est peut-être encore plus proche qu’on peut l’imaginer. Et cela grâce à une découverte qui pourrait permettre de produire ce carburant en masse et à des coûts faibles. Deux scientifiques canadiens de l’Université de Calgary travaillant pour la société Proton Technologies, Ian Gates et Jacky Wang, viennent de mettre au point une technologie permettant d’extraire de l’hydrogène (H2) des puits de pétrole et des sables bitumineux. Et tout cela sans émettre de gaz à effet de serre et notamment de CO2. Une découverte rendue publique lors de la conférence Goldschmidt sur la géochimie qui réunit du 19 au 23 août 4.000 scientifiques à Barcelone. Une première présentation de cette technologie a été publiée par la revue Phys.org. «Les champs pétroliers, même ceux n’étant plus exploités, contiennent toujours des quantités significatives de pétrole», explique Grant Strem, Pdg de Proton Technologies. «Les chercheurs ont trouvé qu’injecter de l’oxygène dans ces champs augmente la température et libère l’hydrogène, qui peut être séparé d’autres gaz à travers des filtres spécifiques qui notamment ne laissent pas passer le...

Les particules fines voyagent sur des milliers de kilomètres

Contrairement aux idées reçues, la pollution atmosphérique, notamment par les particules fines et l’ozone, n’est pas seulement un problème local… loin de là. Les masses d’air polluées voyagent sur des centaines et parfois des milliers de kilomètres. Ainsi, par exemple, les concentrations de particules fines en région parisienne ne sont pas seulement liées à la circulation automobile, aux émissions industrielles proches, à l’agriculture et aux systèmes de chauffage, mais à des masses d’air provenant de l’est et du nord de l’Europe. A savoir notamment de l’Allemagne et de la Pologne et de leurs centrales électriques fonctionnant au charbon et au lignite. Une recherche sur une année entière (de septembre 2009 à septembre 2010) menée par Airparif avait conclu que, dans les zones qui ne sont pas directement au contact de la circulation routière, 68% des particules proviennent d’émissions en-dehors de l’Ile-de-France! Cela explique, par exemple, que les mesures de circulation alternée prises lors des épisodes de pics de pollution n’ont quasiment aucun impact sur la pollution de l’air. En 2011, Airparif semblait même gêné par ces...

Les carburants fossiles, moins efficaces économiquement qu’on le pensait

Les carburants fossiles sont considérés comme posant de sérieux problèmes à l’environnement et au climat en émettant notamment des gaz à effet de serre, mais comme présentant des avantages économiques considérables. C’est notamment pour cela que les énergies fossiles devraient encore représenter entre 79% et 62% de l’énergie consommée dans le monde en 2040 selon les différents scénarios possibles. Mais les calculs économiques et financiers qui, par exemple, privilégient dans les pays pauvres les centrales au gaz et à charbon pour produire de l’électricité sont contestables. Le véritable retour sur investissement est bien plus proche de celui des énergies renouvelables. Car produire et distribuer des carburants fossiles consomme beaucoup d’énergie et elle n’est pas prise en compte. C’est en tout cas la conclusion d’une étude récente de l’Université de Leeds qui a été publiée par le magazine scientifique Nature. Selon l’étude, le pétrole, le charbon et le gaz offrent en moyenne un rendement de 25 pour 1. Cela signifie que pour chaque baril de pétrole utilisé pour la production de pétrole, 25 barils sont produits. Mais cette mesure appelée...

L’impuissance de l’Opep

L’annonce il y a deux semaines d’une reconduction des restrictions de production par les 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix partenaires (dont la Russie, le Kazakhstan et le Mexique), a été présentée comme une victoire. Il s’agit de tout sauf d’une victoire. Les cours du baril ont à peine réagi à cette prolongation de neuf mois des restrictions qui a pour but de soutenir les prix. Une décision qui en fait avait été déjà annoncée quelques jours auparavant lors du sommet du G20 à Tokyo par Vladimir Poutine. L’Opep et ses alliés, l’Opep +, s’étaient entendus au mois de décembre 2018 pour abaisser leur offre cumulée de 1,2 million de baril par jour. La stratégie a été un temps gagnante puisque le prix du baril a augmenté de près de 30% au premier trimestre, avant de refluer. Sur le marché pétrolier, le pouvoir est aujourd’hui plus entre les mains des consommateurs que des producteurs. Et même une alliance des 14 membres de l’OPEP, autrefois un club très fermé, avec dix autres pays producteurs ne peut plus changer cela. Production record américaine Le bouleversement fondamental auquel les pays exportateurs de pétrole...

A quoi ressemblera l’énergie dans le monde en 2040

Après l’Agence Internationale de l’Energie (IEA),c’est au tour d’un autre organisme de faire des prévisions sur le paysage de l’énergie dans les prochaines décennies. L’institution à but non lucratif, Resources for the Future (Ressources pour l’avenir), vient de publier son Global Energy Outlook (GEO), ces prévisions sur l’énergie dans le monde. Cette étude a notamment pour intérêt d’amalgamer les prévisions faites par des institutions comme l’Agence Internationale de l’Energie, le Département américain de l’énergie, l’Institut de l’économie de l’énergie du Japon et des acteurs privés comme BloombergNEF, l’OPEP, ExxonMobil, BP, Equinor, Shell… Cette «étude d’études» est une approche fréquente dans les milieux universitaires et dans les sciences sociales. Elle permet de se faire une idée des différents scénarios possibles élaborés par la plupart des grands acteurs de l’industrie. Il existe trois grands scénarios. Le premier, le «scénario de référence» est celui de la continuité sans changement de politique de l’énergie dans le monde. Le deuxième est le «scénario de l’évolution»...