Transitions & Energies

Les renouvelables ont besoin du gaz naturel

Pendant des décennies, le gaz naturel a été le parent pauvre du pétrole. Il n’a pas comme l’or noir permis l’ascension de fortunes et de dynasties, comme celles des Rockfeller ou de la famille royale saoudienne. Il n’a pas...

Nous ne sommes pas prêts de manquer de pétrole

Après une brève envolée au lendemain des attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, le prix du pétrole est retombé depuis autour de 60 dollars le baril. A en croire le New York Times, le prix du pétrole devrait...

Le pétrolier ExxonMobil a-t-il mené des campagnes de désinformation sur le climat?

Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment pour ExxonMobil et ce n’est  certainement pas une coïncidence. Lundi 21 octobre, à la veille du procès de la multinationale devant un tribunal de l’Etat de New York pour diffusion de fausses...

Les articles de la catégorie Fossile

Les découvertes de pétrole, au plus bas depuis 70 ans

Les trois dernières années ont été les plus mauvaises depuis 70 ans en terme de découverte de nouveaux gisements de pétrole conventionnel. Un rapport de IHS Markit, spécialiste mondial des études de marché, intitulé Conventional Exploration Results in Early 2018 Through 2019 (Les résultats de l’exploration conventionnelle du début 2018 jusqu’en 2019) montre non seulement que les découvertes de gisements pétroliers sont les plus faibles depuis les années 1950 mais «qu’il ne faut pas s’attendre à un rebond significatif». Le pétrole dit conventionnel est issu des puits classiques contrairement au pétrole non conventionnel extrait, notamment par fracturation hydraulique, des schistes et des sables bitumineux. La raréfaction de la découverte de nouveaux gisements  est une tendance qui existe depuis la crise financière de 2008 et s’est amplifiée encore depuis 2014 et la forte baisse des cours du pétrole. Les investissements de recherche ne cessent de baisser et dans le même temps trouver de nouveaux gisements devient de plus en plus difficile techniquement, il faut aller de plus en plus profondément en mer. Il faut y ajouter la concurrence des prospections moins coûteuses et...

Les centrales au charbon vont enfin commencer à disparaître

Il s’agit sans doute autant d’un souhait que d’une analyse. Energy Post pronostique, enfin, un déclin du charbon dans la production d’électricité dans le monde. Ainsi, même si les capacités dans le monde de production des centrales au charbon ont encore augmenté de 17 gigawatts au premier semestre de l’année 2019, Energy Post souligne que les projets de construction de centrales ne cessent de se réduire. Le plus intéressant est le fait que les centrales à charbon existantes en Chine ne fonctionnent plus depuis 2015, en moyenne, qu’à 50% de leurs capacités. Reste à savoir si cela est suffisant pour faire une tendance. Tous les yeux sont tournés vers les 15 pays qui détiennent 91% des capacités de production de centrales au charbon dans le monde (voir ci-dessous). Les cinq premiers étant la Chine (49% des capacités mondiales) loin devant les Etats-Unis (13%), l’Inde (11%), la Russie (2%) et l’Allemagne (2%). Ces 15 pays représentent 1.845 gigawatts sur les 2.027 gigawatts d’électricité produite à partir du charbon sur la planète. Selon Christine Shearer de Global Energy Monitor, nous sommes arrivés au point d’inflexion. Il y a...

Carbone: l’hypocrisie des donneurs de leçons

Greta Thunberg, la passionaria suédoise de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, n’a pas pris l’avion pour se rendre aux Etats-Unis et participer le 23 septembre au sommet mondial sur le climat organisé par le Secrétaire général de l’ONU. Pour aller à New York, elle voyage à bord d’un voilier de course ultra sophistiqué, le Malizia II, skippé par Pierre Casiraghi, le fils cadet de la princesse Caroline de Monaco. Une opération de communication visant à dénoncer les gaz à effet de serre émis par le transport aérien, qui tourne depuis quelques jours au fiasco… Cinq membres d’équipage se rendront en avion à New York pour ramener le bateau, écrit le journal allemand Die Tageszeitung. Le skipper rentrera lui aussi en Europe… en avion. Si Greta Thunberg et son père s’étaient rendus à New York en avion, deux billets auraient suffi. Greta Thunberg et la famille princière monégasque ne sont pas des cas isolés de moralisateurs pris soudain en flagrant délit d’hypocrisie. Dans la famille royale britannique, le Prince Harry et la Princesse Meghan Markle ont provoqué le même type de controverse en donnant des leçons publiques sur le changement climatique tout en...

Produire de l’hydrogène propre à partir de vieux puits de pétrole

La révolution de l’hydrogène est peut-être encore plus proche qu’on peut l’imaginer. Et cela grâce à une découverte qui pourrait permettre de produire ce carburant en masse et à des coûts faibles. Deux scientifiques canadiens de l’Université de Calgary travaillant pour la société Proton Technologies, Ian Gates et Jacky Wang, viennent de mettre au point une technologie permettant d’extraire de l’hydrogène (H2) des puits de pétrole et des sables bitumineux. Et tout cela sans émettre de gaz à effet de serre et notamment de CO2. Une découverte rendue publique lors de la conférence Goldschmidt sur la géochimie qui réunit du 19 au 23 août 4.000 scientifiques à Barcelone. Une première présentation de cette technologie a été publiée par la revue Phys.org. «Les champs pétroliers, même ceux n’étant plus exploités, contiennent toujours des quantités significatives de pétrole», explique Grant Strem, Pdg de Proton Technologies. «Les chercheurs ont trouvé qu’injecter de l’oxygène dans ces champs augmente la température et libère l’hydrogène, qui peut être séparé d’autres gaz à travers des filtres spécifiques qui notamment ne laissent pas passer le...

Les particules fines voyagent sur des milliers de kilomètres

Contrairement aux idées reçues, la pollution atmosphérique, notamment par les particules fines et l’ozone, n’est pas seulement un problème local… loin de là. Les masses d’air polluées voyagent sur des centaines et parfois des milliers de kilomètres. Ainsi, par exemple, les concentrations de particules fines en région parisienne ne sont pas seulement liées à la circulation automobile, aux émissions industrielles proches, à l’agriculture et aux systèmes de chauffage, mais à des masses d’air provenant de l’est et du nord de l’Europe. A savoir notamment de l’Allemagne et de la Pologne et de leurs centrales électriques fonctionnant au charbon et au lignite. Une recherche sur une année entière (de septembre 2009 à septembre 2010) menée par Airparif avait conclu que, dans les zones qui ne sont pas directement au contact de la circulation routière, 68% des particules proviennent d’émissions en-dehors de l’Ile-de-France! Cela explique, par exemple, que les mesures de circulation alternée prises lors des épisodes de pics de pollution n’ont quasiment aucun impact sur la pollution de l’air. En 2011, Airparif semblait même gêné par ces...

Les carburants fossiles, moins efficaces économiquement qu’on le pensait

Les carburants fossiles sont considérés comme posant de sérieux problèmes à l’environnement et au climat en émettant notamment des gaz à effet de serre, mais comme présentant des avantages économiques considérables. C’est notamment pour cela que les énergies fossiles devraient encore représenter entre 79% et 62% de l’énergie consommée dans le monde en 2040 selon les différents scénarios possibles. Mais les calculs économiques et financiers qui, par exemple, privilégient dans les pays pauvres les centrales au gaz et à charbon pour produire de l’électricité sont contestables. Le véritable retour sur investissement est bien plus proche de celui des énergies renouvelables. Car produire et distribuer des carburants fossiles consomme beaucoup d’énergie et elle n’est pas prise en compte. C’est en tout cas la conclusion d’une étude récente de l’Université de Leeds qui a été publiée par le magazine scientifique Nature. Selon l’étude, le pétrole, le charbon et le gaz offrent en moyenne un rendement de 25 pour 1. Cela signifie que pour chaque baril de pétrole utilisé pour la production de pétrole, 25 barils sont produits. Mais cette mesure appelée...

L’impuissance de l’Opep

L’annonce il y a deux semaines d’une reconduction des restrictions de production par les 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix partenaires (dont la Russie, le Kazakhstan et le Mexique), a été présentée comme une victoire. Il s’agit de tout sauf d’une victoire. Les cours du baril ont à peine réagi à cette prolongation de neuf mois des restrictions qui a pour but de soutenir les prix. Une décision qui en fait avait été déjà annoncée quelques jours auparavant lors du sommet du G20 à Tokyo par Vladimir Poutine. L’Opep et ses alliés, l’Opep +, s’étaient entendus au mois de décembre 2018 pour abaisser leur offre cumulée de 1,2 million de baril par jour. La stratégie a été un temps gagnante puisque le prix du baril a augmenté de près de 30% au premier trimestre, avant de refluer. Sur le marché pétrolier, le pouvoir est aujourd’hui plus entre les mains des consommateurs que des producteurs. Et même une alliance des 14 membres de l’OPEP, autrefois un club très fermé, avec dix autres pays producteurs ne peut plus changer cela. Production record américaine Le bouleversement fondamental auquel les pays exportateurs de pétrole...

A quoi ressemblera l’énergie dans le monde en 2040

Après l’Agence Internationale de l’Energie (IEA),c’est au tour d’un autre organisme de faire des prévisions sur le paysage de l’énergie dans les prochaines décennies. L’institution à but non lucratif, Resources for the Future (Ressources pour l’avenir), vient de publier son Global Energy Outlook (GEO), ces prévisions sur l’énergie dans le monde. Cette étude a notamment pour intérêt d’amalgamer les prévisions faites par des institutions comme l’Agence Internationale de l’Energie, le Département américain de l’énergie, l’Institut de l’économie de l’énergie du Japon et des acteurs privés comme BloombergNEF, l’OPEP, ExxonMobil, BP, Equinor, Shell… Cette «étude d’études» est une approche fréquente dans les milieux universitaires et dans les sciences sociales. Elle permet de se faire une idée des différents scénarios possibles élaborés par la plupart des grands acteurs de l’industrie. Il existe trois grands scénarios. Le premier, le «scénario de référence» est celui de la continuité sans changement de politique de l’énergie dans le monde. Le deuxième est le «scénario de l’évolution»...

Quatre cent milliards de dollars de subventions publiques pour les énergies fossiles dans le monde

L’an dernier plus de 400 milliards de dollars de subventions ont été distribuées dans le monde pour soutenir les énergies fossiles, plus du double de ce qui est consacré aux énergies renouvelables. Ces chiffres calculés par l’Agence Internationale de l’Energie (IEA) s’expliquent avant tout parce que dans bon nombre de pays les gouvernements subventionnent les carburants fossiles pour les rendre plus accessibles aux populations démunies. Si cela se comprend sur le plan social et politique, cela rend plus difficile la transition énergétique en soutenant la consommation d’énergies fossiles rendues bon marché. Les experts de l’IEA, Wataru Matsumura et Zakia Adam estiment dans une étude que se passer progressivement des subventions à la consommation de carburants fossiles est une nécessité. D’autant plus, qu’avec la hausse des cours du pétrole en 2018, les subventions à la consommation d’énergies fossiles ont atteint dans le monde leur plus haut niveau depuis 2014. Elles ont augmenté d’un tiers pour dépasser 400 milliards de dollars. Ces subventions abaissent pour les consommateurs les prix des carburants fossiles ou de l’électricité...

L’Opep dans une impasse

Réunis lundi 1er juillet  et mardi 2 juillet à Vienne, les ministres des 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs dix partenaires (menés par la Russie), qui produisent la moitié du pétrole mondial, tenteront de se concerter pour pousser à la hausse les prix du brut. Mais leurs moyens sont limités car la production reste abondante et la demande mondiale de brut inférieure aux prévisions. L’Opep et ses alliés s’étaient entendus au mois de décembre 2018 pour abaisser leur offre cumulée de 1,2 million de baril par jour. La stratégie a été un temps gagnante puisque le prix du baril a augmenté de près de 30% au premier trimestre, avant de refluer. Le baril de brent est ainsi monté jusqu’à 74 dollars en mai. Il s’échangeait vendredi 28 juin à 66 dollars. En dépit des baisses de production de l’OPEP, des risques de conflit dans le Golfe persique, des chutes de production du Venezuela, de la Libye et de l’Iran, et du pétrole contaminé des pipelines russes, les cours du brut ont été surtout affectés au cours des dernières semaines par le ralentissement économique mondial et le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les...

La consommation de charbon en Inde a augmenté de plus de 9% en un an

Si la consommation de charbon, notamment pour produire de l’électricité, baisse en Europe, en Chine et même aux Etats-Unis, elle augmente rapidement dans d’autres pays comme l’Indonésie, la Turquie et surtout l’Inde. C’est notamment lié au fait que si cette énergie est celle qui émet le plus de CO2, c’est aussi la plus abondante et la moins chère pour produire de l’électricité. Cela explique pourquoi, la consommation de charbon dans le monde a augmenté en 2018… Et cela pourrait continuer en 2019. Selon les chiffres du gouvernement indien, la consommation de charbon dans le pays a progressé de 9,1% à 991 millions de tonnesau cours de l’année 2018-2019 (avril 2018-mars 2019). La demande émanant des centrales électriques, qui représente les trois-quarts du total, a augmenté de 6,6% à plus de 780 millions de tonnes. La demande provenant de l’industrie, a fortement augmenté pour les cimenteries (+70% à 37 millions de tonnes) et pour les aciéries (+75% à 41 millions de tonnes). Ces deux derniers chiffres illustrent la croissance économique et démographique de ce pays de 1,3 milliard d’habitants. Il devrait devenir le pays le plus peuplé au...

Le Mozambique va devenir un grand producteur de gaz

Le Mozambique est l’un des pays les plus pauvres au monde. Situé à l’est de l’Afrique australe, ces ressources naturelles étaient assez limitées… avant qu’on découvre beaucoup de gaz dans l’Océan Indien au large de ses côtes. Le pays a aussi longtemps souffert de sa proximité géographique avec l’Afrique du sud et le Zimbabwe, entrainé au siècle dernier et malgré lui dans les conflits et les guerres. Cela pourrait enfin changer. Un grand projet de gaz naturel liquéfié de 25 milliards de dollars vient d’être lancé. L’opérateur est l’américain Anadarko, actionnaire à hauteur de 26,5% de l’opération. Cette participation devrait être cédée à Total l’an prochain, conséquence de la bataille boursière en cours pour le contrôle du groupe américain. La compagnie française deviendrait ainsi le premier actionnaire de ce projet visant à exploiter les gigantesques réserves de gaz découvertes au large des côtes du Mozambique. Le gaz sera pompé au fond de l’Océan indien, puis acheminé par pipeline vers la côte où il sera transformé en gaz naturel liquéfié puis exporté par navire méthanier. La mise en service est prévue pour 2024. Un autre...