Transitions & Energies

Pétrole, l’hypocrisie norvégienne

La Norvège se présente comme un exemple en matière de transition énergétique. C'est l'un des premiers pays à avoir ratifié la COP21. Il offre des subventions considérables aux acheteurs de véhicules électriques. Mais tout cela est notamment financé...

Le Luxembourg veut réduire le «tourisme à la pompe»

Il s’agit d’une véritable tradition. Les frontaliers, Français, Allemands et Belges, particuliers et entreprises, viennent faire le plein de leurs véhicules dans les stations-service du Luxembourg. Et on comprend bien pourquoi. Par...

La capitalisation boursière d’Aramco a atteint 2.000 milliards de dollars

Les énergies fossiles sont condamnées à décliner. La consommation de pétrole va baisser. Mais entre les discours volontaristes sur la transition énergétique et la réalité, il existe un gouffre. L’an dernier, les énergies fossiles représentaient plus...

Les articles de la catégorie Fossile

Blackout en Amérique du nord en 2003

Le réseau électrique français sera fragilisé dans les années 2022 et 2023

Il ne faudrait pas que les hivers 2022 et 2023 soient très rigoureux en Europe et que par manque d’eau les barrages soient peu remplis, il pourrait y avoir alors des pénuries d’électricité. Le risque n’est pas considérable, mais il existe. Du fait du basculement de l’Allemagne vers les renouvelables (éolien et solaire), par définition intermittents, et d’une baisse des capacités de production en France. L’arrêt des centrales à charbon, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et les retards de l’EPR de Flamanville réduiront la capacité de production d’électricité en 2022 et 2023, a d’ores et déjà indiqué le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE). Celle-ci suffira normalement tout juste à couvrir la demande hivernale. RTE prévient que la sécurité de l’approvisionnement électrique de la France doit faire l’objet d’une «vigilance» en 2022-2023. Dans l’immédiat, pour l’hiver 2019-2020, l’approvisionnement en électricité «devrait être assuré». La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit cesser définitivement de fonctionner en 2020 et dans le même temps le gouvernement a...

La Chine continue à construire massivement des centrales à charbon

En matière de transition énergétique, il faut souvent soigneusement distinguer les discours et la réalité. Quand l’Amérique de Trump a décidé de se retirer des accords de Paris sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Chine s’est empressée de réaffirmer son engagement à lutter contre le réchauffement climatique. Elle l’a encore fait  il y a quelques semaines. Des promesses difficiles à tenir. La Chine est de loin le premier émetteur de CO2 de la planète avec 9,5 gigatonnes l’an dernier (+2,5%). Cela représente près de 27% des émissions mondiales. Beijing a bien promis une «révolution énergétique» afin de réduire sensiblement sa dépendance au charbon. Le charbon est de loin la première source d’énergie responsable des émissions de CO2 (30% du total selon l’Agence Internationale de l’Energie). L’ambition annoncée de la Chine est de faire baisser rapidement la part du charbon dans sa production d’électricité. Elle est revenue de 68% en 2012 à 59% l’an dernier et devrait tomber à 55% en 2020. Mais en valeur absolue, la consommation de charbon continue à augmenter, du fait notamment de la croissance rapide de la demande en...

Nous ne sommes pas prêts de manquer de pétrole

Après une brève envolée au lendemain des attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, le prix du pétrole est retombé depuis autour de 60 dollars le baril. A en croire le New York Times, le prix du pétrole devrait continuer à être bas au cours des prochaines années, non seulement parce que l’économie mondiale ralentit, mais aussi parce que l’offre devrait être encore plus abondante. «Une augmentation de la production est programmée, que le monde en ait besoin ou pas. Ce flot de pétrole brut va arriver même si les inquiétudes sur le changement climatique grandissent et si la demande mondiale de pétrole ralentit. Et il ne vient pas des producteurs habituels, mais du Brésil, du Canada, de la Norvège et du Guyana…», écrit le New York Times. Ces quatre pays devraient ajouter en 2020 un million de barils supplémentaires à la production mondiale et encore environ un million de barils en 2021. La production mondiale est aujourd’hui de 80 millions de barils par jour en dépit des difficultés de grands pays producteurs comme le Venezuela et la Libye et de l’embargo américain contre l’Iran. Cette production supplémentaire n’est pas le fruit...

Le pétrolier ExxonMobil a-t-il mené des campagnes de désinformation sur le climat?

Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment pour ExxonMobil et ce n’est  certainement pas une coïncidence. Lundi 21 octobre, à la veille du procès de la multinationale devant un tribunal de l’Etat de New York pour diffusion de fausses informations financières sur les risques liés au changement climatique, des universitaires du Center for Climate Change Communication de la George Mason University rendent public un rapport sur les campagnes mensongères menées pendant des années par la compagnie pétrolière. Ainsi, les dirigeants d’ExxonMobil, comme l’ex-Pdg Rex Tillerson, qui a quitté la société le 1er janvier 2017 pour devenir jusqu’en mars 2018 le Secrétaire d’Etat de l’administration Trump, «entendaient une chose des scientifiques qu’ils employaient, disaient au public une autre chose, aux investisseurs encore autre chose et à eux-mêmes une quatrième chose…». Le rapport souligne également les contradictions des campagnes de désinformation. «Le déni climatique manque de cohérence car il ne s’agit de preuves scientifiques, il s’agissait de continuer les affaires comme d’habitude face au dérèglement climatique». Toujours selon le...

Les découvertes de pétrole, au plus bas depuis 70 ans

Les trois dernières années ont été les plus mauvaises depuis 70 ans en terme de découverte de nouveaux gisements de pétrole conventionnel. Un rapport de IHS Markit, spécialiste mondial des études de marché, intitulé Conventional Exploration Results in Early 2018 Through 2019 (Les résultats de l’exploration conventionnelle du début 2018 jusqu’en 2019) montre non seulement que les découvertes de gisements pétroliers sont les plus faibles depuis les années 1950 mais «qu’il ne faut pas s’attendre à un rebond significatif». Le pétrole dit conventionnel est issu des puits classiques contrairement au pétrole non conventionnel extrait, notamment par fracturation hydraulique, des schistes et des sables bitumineux. La raréfaction de la découverte de nouveaux gisements  est une tendance qui existe depuis la crise financière de 2008 et s’est amplifiée encore depuis 2014 et la forte baisse des cours du pétrole. Les investissements de recherche ne cessent de baisser et dans le même temps trouver de nouveaux gisements devient de plus en plus difficile techniquement, il faut aller de plus en plus profondément en mer. Il faut y ajouter la concurrence des prospections moins coûteuses et...

Pourquoi Vladimir Poutine vient de se convertir au réchauffement climatique

Depuis des années, le réchauffement climatique était plutôt considéré comme une bonne nouvelle à Moscou. Avec la fonte de la banquise, il ouvre l’accès à l’arctique et à ses richesses pétrolières et minières et augmente potentiellement les surfaces de terres cultivables. Il pourrait, par exemple, rendre accessible l’immense gisement de gaz de Chtokman dans la mer de Barents, à 500 kilomètres des côtes au nord de la péninsule de Kola. Mais les dirigeants russes sont en train de changer d’avis. Ils viennent de se rendre compte du danger que présente la fonte du permafrost pour l’exploitation en cours et à venir des champs pétroliers et gaziers, la principale richesse du pays et sa première source de devises. En résumé, comme l’écrit l’expert Julian Lee sur Bloomberg, la Russie devient «verte» pour continuer à exploiter le pétrole et le gaz qui contribuent au réchauffement climatique… La Russie, le quatrième pays qui émet le plus de gaz à effet de serre, vient ainsi de ratifier le 23 septembre l’accord de Paris sur le climat qu’elle avait signé en 2016. Le réchauffement climatique s’est traduit au cours des derniers mois par une fonte...

Les centrales au charbon vont enfin commencer à disparaître

Il s’agit sans doute autant d’un souhait que d’une analyse. Energy Post pronostique, enfin, un déclin du charbon dans la production d’électricité dans le monde. Ainsi, même si les capacités dans le monde de production des centrales au charbon ont encore augmenté de 17 gigawatts au premier semestre de l’année 2019, Energy Post souligne que les projets de construction de centrales ne cessent de se réduire. Le plus intéressant est le fait que les centrales à charbon existantes en Chine ne fonctionnent plus depuis 2015, en moyenne, qu’à 50% de leurs capacités. Reste à savoir si cela est suffisant pour faire une tendance. Tous les yeux sont tournés vers les 15 pays qui détiennent 91% des capacités de production de centrales au charbon dans le monde (voir ci-dessous). Les cinq premiers étant la Chine (49% des capacités mondiales) loin devant les Etats-Unis (13%), l’Inde (11%), la Russie (2%) et l’Allemagne (2%). Ces 15 pays représentent 1.845 gigawatts sur les 2.027 gigawatts d’électricité produite à partir du charbon sur la planète. Selon Christine Shearer de Global Energy Monitor, nous sommes arrivés au point d’inflexion. Il y a...

Pétrole, l’affolement n’aura pas duré longtemps

En dépit de l’affolement des observateurs et de l’annonce d’un choc pétrolier d’ampleur, les prix du pétrole seront finalement restés sous contrôle la semaine dernière. L’attaque coordonnée menée le 14 septembre par plus de 25 drones et missiles de technologie iranienne contre deux installations saoudiennes majeures, celles de Abqaiq et de Khurais, a amputé de près de 60% la production journalière du royaume. Il y a eu 17 points d’impact à Abqaiq, la plus grande installation de traitement pétrolier au monde, et encore plus à Khurais. Les dommages infligés aux deux sites ont réduit la production pétrolière journalière du pays de 5,7 millions de barils sur un total de 9,8 millions. Abqaiq a traité l’an dernier environ la moitié de la production de la compagnie pétrolière nationale Aramco. L’installation retire le souffre et divers produits volatils du brut venant des champs géants saoudiens avant qu’il soit pompé vers les raffineries ou les terminaux d’exportation. Khurais est le deuxième plus important champ pétrolier saoudien avec une capacité de 1,45 million de barils par jour. Il produisait 1,2 million de barils quotidiennement avant...

Nous devons changer la façon dont nous produisons de la chaleur

Pour réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre, il ne faudrait pas s’attaquer en priorité au transport, mais à la production de chaleur. La moitié de la consommation d’énergie dans le monde est consacrée à la production de chaleur, pour les habitations avant tout et aussi dans l’industrie. La majeure partie de cette chaleur est produite en brûlant des carburants fossiles. Il y a eu très peu de progrès dans ce domaine au cours des dernières années. Pour le World Economic Forum, l’explication est malheureusement assez simple. Les systèmes de production de chaleur dans le monde sont difficiles à changer. Parce qu’ils sont implantés dans les infrastructures existantes et qu’il est très coûteux de le faire. Et parce qu’ils correspondent aux habitudes de vie. En plus, ils sont très souvent subventionnés par les gouvernements. Des millions et des millions de foyers utilisent des moyens de chauffage fonctionnant avec des énergies fossiles. Ce n’est pas un hasard non plus explique le World Economic Forum si les ONG et les mouvements écologistes concentrent leurs attaques sur les compagnies pétrolières multinationales et sur les centrales...

Carbone: l’hypocrisie des donneurs de leçons

Greta Thunberg, la passionaria suédoise de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, n’a pas pris l’avion pour se rendre aux Etats-Unis et participer le 23 septembre au sommet mondial sur le climat organisé par le Secrétaire général de l’ONU. Pour aller à New York, elle voyage à bord d’un voilier de course ultra sophistiqué, le Malizia II, skippé par Pierre Casiraghi, le fils cadet de la princesse Caroline de Monaco. Une opération de communication visant à dénoncer les gaz à effet de serre émis par le transport aérien, qui tourne depuis quelques jours au fiasco… Cinq membres d’équipage se rendront en avion à New York pour ramener le bateau, écrit le journal allemand Die Tageszeitung. Le skipper rentrera lui aussi en Europe… en avion. Si Greta Thunberg et son père s’étaient rendus à New York en avion, deux billets auraient suffi. Greta Thunberg et la famille princière monégasque ne sont pas des cas isolés de moralisateurs pris soudain en flagrant délit d’hypocrisie. Dans la famille royale britannique, le Prince Harry et la Princesse Meghan Markle ont provoqué le même type de controverse en donnant des leçons publiques sur le changement climatique tout en...

Produire de l’hydrogène propre à partir de vieux puits de pétrole

La révolution de l’hydrogène est peut-être encore plus proche qu’on peut l’imaginer. Et cela grâce à une découverte qui pourrait permettre de produire ce carburant en masse et à des coûts faibles. Deux scientifiques canadiens de l’Université de Calgary travaillant pour la société Proton Technologies, Ian Gates et Jacky Wang, viennent de mettre au point une technologie permettant d’extraire de l’hydrogène (H2) des puits de pétrole et des sables bitumineux. Et tout cela sans émettre de gaz à effet de serre et notamment de CO2. Une découverte rendue publique lors de la conférence Goldschmidt sur la géochimie qui réunit du 19 au 23 août 4.000 scientifiques à Barcelone. Une première présentation de cette technologie a été publiée par la revue Phys.org. «Les champs pétroliers, même ceux n’étant plus exploités, contiennent toujours des quantités significatives de pétrole», explique Grant Strem, Pdg de Proton Technologies. «Les chercheurs ont trouvé qu’injecter de l’oxygène dans ces champs augmente la température et libère l’hydrogène, qui peut être séparé d’autres gaz à travers des filtres spécifiques qui notamment ne laissent pas passer le...

Les particules fines voyagent sur des milliers de kilomètres

Contrairement aux idées reçues, la pollution atmosphérique, notamment par les particules fines et l’ozone, n’est pas seulement un problème local… loin de là. Les masses d’air polluées voyagent sur des centaines et parfois des milliers de kilomètres. Ainsi, par exemple, les concentrations de particules fines en région parisienne ne sont pas seulement liées à la circulation automobile, aux émissions industrielles proches, à l’agriculture et aux systèmes de chauffage, mais à des masses d’air provenant de l’est et du nord de l’Europe. A savoir notamment de l’Allemagne et de la Pologne et de leurs centrales électriques fonctionnant au charbon et au lignite. Une recherche sur une année entière (de septembre 2009 à septembre 2010) menée par Airparif avait conclu que, dans les zones qui ne sont pas directement au contact de la circulation routière, 68% des particules proviennent d’émissions en-dehors de l’Ile-de-France! Cela explique, par exemple, que les mesures de circulation alternée prises lors des épisodes de pics de pollution n’ont quasiment aucun impact sur la pollution de l’air. En 2011, Airparif semblait même gêné par ces...