Transitions & Energies

Tesla vaut aujourd’hui plus de 100 milliards de dollars

Le pionnier américain des véhicules électriques de haut de gamme, Tesla, a dépassé 100 milliards de dollars de capitalisation boursière. Les doutes sur la stratégie et l'avenir du groupe fondé par Elon Musk semblent avoir disparu

Recharger sa voiture électrique sur une borne Ionity coûtera plus cher qu’un plein d’essence

L'un des avantages du véhicule électrique à batteries est, normalement, le coût peu élevé de la recharge. A condition de ne pas faire de long trajets sur autoroute. Ionity entend à partir du 31 janvier faire payer chaque kilowattheure délivré. Il...

Comment arrêter l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre avec 300 milliards de dollars

Trois cent milliards de dollars. C’est à la fois beaucoup d’argent et très peu à l’échelle de la transition énergétique et de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le monde. C’est le Produit...

Les articles de la catégorie Finance

Réduire le gaspillage d’énergie, le moyen le plus efficace pour faire baisser rapidement les émissions de CO2

Combien d’entre vous ont trop chaud en hiver, à cause du chauffage excessif, et trop froid en été, à cause de la climatisation trop puissante? Combien d’entre vous laissent leur ordinateur sous tension la nuit et n’éteignent pas l’éclairage quand ils quittent une pièce au travail comme chez eux? Tout le monde ou presque se comporte comme cela. Selon une étude réalisée au Royaume-Uni par Schneider Electric et citée par le magazine Forbes, au moins 117 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre provenaient l’an dernier d’énergie perdue ou gâchée. Pour donner un ordre d’idée, cela représente un quart des émissions de gaz à effet de serre du Royaume-Uni. Et pour les pays en Europe qui dépendent autant ou plus des énergies fossiles pour fabriquer de l’électricité, comme la Pologne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne… les conséquences de ce gaspillage sont identiques ou pires. L’énergie est tout simplement à l’origine en Europe de 80% des émissions de gaz à effet de serre. La première façon efficace de réduire ses émissions consiste à s’attaquer sérieusement au gaspillage… Mais il est plus facile de...

La capitalisation boursière d’Aramco a atteint 2.000 milliards de dollars

Les énergies fossiles sont condamnées à décliner. La consommation de pétrole va baisser. Mais entre les discours volontaristes sur la transition énergétique et la réalité, il existe un gouffre. L’an dernier, les énergies fossiles représentaient plus de 80% de la consommation énergétique mondiale. Et l’entrée en Bourse il y a quelques jours de la plus grande compagnie pétrolière mondiale, Saudi Aramco, s’est faite en fanfare… En forte hausse dans les jours suivant son introduction, Aramco est devenue la première société cotée au monde dont la valeur a atteint et même dépassé 2.000 milliards de dollars. En mettant sur le marché 1,5% de son capital et en levant ainsi 25,6 milliards de dollars, Aramco avait déjà réalisé la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire. Lors de sa première séance de cotation, la semaine dernière, le 11 décembre, l’action Aramco a grimpé de 10%, le maximum autorisé en une journée à la Bourse de Ryad. Son cours est passé de 32 riyals (7,66 euros) à 35,2 riyals (8,43 euros) portant la valorisation de l’entreprise à 1.880 milliards de dollars. Le lendemain, le 12 décembre, le prix de l’action d’Aramco a encore augmenté de plus de...

À ce rythme, le plan de rénovation énergétique de la France n’atteindra pas ses objectifs

Le bâtiment représente 39,5% de la consommation finale d’énergie et 27% des émissions de CO2. Il est donc la cible idéale des politiques publiques énergétique et climatique. La France s’est fixé de réduire de 28 % la consommation d’énergie finale dans ce secteur en 2030, et prévoit la décarbonations quasi-complète du bâtiment d’ici 2050 – c’est-à-dire le niveau basse consommation dit «BBC». Les statistiques officielles les plus récentes indiquaient que 0,3 % des logements en France étaient BBC en 2012. L’enjeu est donc de taille! En 2018, le gouvernement s’est fixé plusieurs objectifs en la matière dans le cadre du Plan rénovation énergétique des bâtiments. D’une part, la rénovation thermique de 500.000 logements par an (sans spécifier la durée), dont la moitié sont occupés par des ménages aux revenus modestes. Sur ces 500.000, l’État prévoit d’avoir rénové d’ici à 2025 (objectif révisé depuis à 2028) les 7 à 8 millions de passoires thermiques (étiquettes F et G du Diagnostic de performance énergétique– DPE) habitées par des foyers propriétaires à faible revenu. Ce plan annonce parallèlement que 100.000 logements sociaux devront être rénovés chaque année, permettant d’atteindre 250 000...

La Banque Européenne d’Investissement ne financera plus les énergies fossiles

Après des mois de difficiles négociations, le conseil d’administration de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), l’Institution de financement de l’Union Européenne, a décidé de ne plus financer à partir de 2022 les énergies fossiles. La BEI devient la première institution multilatérale de financement du développement a se revendiquer comme une «banque du climat». Elle avait déjà cessé depuis 2013 de financer les activités liées au charbon. C’est maintenant au tour du pétrole et du gaz. La BEI permet ainsi de remplir la promesse faite lors de son élection par la nouvelle Présidente de la Commission Européenne, Ursula Der Leven, de créer une banque du climat. Car en parallèle à son retrait des énergies fossiles, la BEI entend «mobiliser 1.000 milliards d’euros d’investissements pour l’action en faveur du climat et de la durabilité environnementale au cours de la décennie 2021-2030». Selon Andrew McDowell, le vice-président de la BEI, un euro sur deux investi par la banque d’ici 2025 sera dédié à des projets environnementaux. Mais pour parvenir à cette annonce, la bataille a été rude au sein du Conseil d’administration de la banque où...

Nucléaire, un autre sujet de discorde entre la France et l’Allemagne

Le modèle allemand de transition énergétique, l’Energiewende, qui a consisté depuis deux décennies à investir massivement dans les renouvelables (éolien et solaire) et à renoncer au nucléaire, n’est pas franchement une réussite. Les coûts de l’électricité se sont envolés et depuis dix ans l’Allemagne a toutes les peines du monde à réduire ses émissions de CO2, ce qui est normalement l’objectif principal de la transition. Tout simplement parce que quand il n’y a pas de vent ou de soleil, il faut bien de l’électricité et elle provient des centrales à charbon et au lignite qui émettent énormément de gaz à effet de serre. L’Allemagne qui émet du coup 22% du CO2 de l’Union Européenne, contre 9,3% à la France, s’est engagée à fermer ses centrales au charbon… en 2038 et à les remplacer par encore plus de renouvelables, ce qui n’est pas vraiment du goût des populations. Le modèle français, construit sur une part massive de la production d’électricité provenant du nucléaire (72% l’an dernier), est nettement plus performant en matière de CO2, mais s’attire les foudres allemandes et celles des écologistes. Classement...

Le mythe de la croissance verte

Dans un article provocateur publié par le Financial Times, le chroniqueur Simon Kuper s’attaque au scénario idéal de la transition énergétique. Il met le doigt sur une contradiction selon lui insurmontable. L’illusion dans laquelle nous vivons que nous allons pouvoir à la fois changer radicalement de sources et de mode d’utilisation de l’énergie et continuer, comme si de rien n’était, à bénéficier d’une croissance économique. Tout cela grâce à la fameuse croissance verte à laquelle Simon Kuper ne croit pas une seconde. Car si l’énergie coûte plus cher et est moins abondante, la croissance économique, étroitement corrélée jusqu’à aujourd’hui avec la consommation d’énergie, s’arrêtera. Et l’écrasante majorité des populations ne veut pas d’un tel scénario. Pour casser le lien quasi-mécanique entre croissance, énergie et carbone, il faudra du temps. Beaucoup de temps. Mais nous n’en avons pas. «Voilà l’histoire sur le climat que nous les gens de gauche nous racontons à nous mêmes, écrit Simon Kuper. «Une fois que nous serons débarrassés des politiciens dinosaures comme Trump, nous nous attaquerons au lobby des...

Le pétrolier ExxonMobil a-t-il mené des campagnes de désinformation sur le climat?

Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment pour ExxonMobil et ce n’est  certainement pas une coïncidence. Lundi 21 octobre, à la veille du procès de la multinationale devant un tribunal de l’Etat de New York pour diffusion de fausses informations financières sur les risques liés au changement climatique, des universitaires du Center for Climate Change Communication de la George Mason University rendent public un rapport sur les campagnes mensongères menées pendant des années par la compagnie pétrolière. Ainsi, les dirigeants d’ExxonMobil, comme l’ex-Pdg Rex Tillerson, qui a quitté la société le 1er janvier 2017 pour devenir jusqu’en mars 2018 le Secrétaire d’Etat de l’administration Trump, «entendaient une chose des scientifiques qu’ils employaient, disaient au public une autre chose, aux investisseurs encore autre chose et à eux-mêmes une quatrième chose…». Le rapport souligne également les contradictions des campagnes de désinformation. «Le déni climatique manque de cohérence car il ne s’agit de preuves scientifiques, il s’agissait de continuer les affaires comme d’habitude face au dérèglement climatique». Toujours selon le...

Après les obligations vertes, les «obligations du paradis»

A priori, l’idée peut sembler farfelue. Mais elle pourrait être efficace et orienter une partie de l’épargne et des investissements vers des projets qui ne dégradent pas la nature et réduisent les émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit d’un nouveau type d’obligations d’Etat dont la création est proposée par le World Economic Forum sous le nom de Eden Bonds, littéralement «obligations du paradis». Le World Economic Forum explique que les dirigeants politiques ont aujourd’hui «une opportunité historique pour initier un changement massif dans l’utilisation des terres». Les circonstances sont favorables avec à la fois une conscience environnementale de plus en plus grande dans les opinions publiques, des avancées technologiques rapides et des taux obligataires particulièrement bas, voire même négatifs. «Cela permet de diriger la finance vers des projets qui protègent la nature». Racheter les terres à des prix élevés et les «rendre» à la nature Jusqu’à aujourd’hui, souligne le World Economic Forum, les structures économiques ont encouragé la conversion du capital naturel en capital financier. La conséquence est qu’une grande...

Le FMI prône une taxe carbone de 75 dollars la tonne

C’est au tour maintenant du Fonds Monétaire International (FMI) à inciter les Etats à accélérer la transition énergétique. «Le réchauffement climatique est devenu une menace évidente et immédiate», écrivent les économistes du FMI, Vitor Gaspar, Paolo Mauro, Ian Parry et Catherine Pattillo dans un rapport publié jeudi 10 octobre pour préparer la «réunion d’automne» des acteurs mondiaux de la finance. Ils considèrent qu’une action politique et surtout fiscale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est une «urgence». Selon leurs calculs, une taxe de 75 dollars (68 euros) par tonne de carbone émise dans l’atmosphère, imposée dans tous les pays du G20 d’ici 2030, permettrait de réduire suffisamment les émissions pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C d’ici 2100, la limite supérieure fixée par l’accord de Paris de 2015. En taxant lourdement les sources d’énergies les plus carbonées, les Etats accéléreraient les changements de comportements des producteurs et des consommateurs. Les uns et les autres seraient incités à consommer moins d’énergie et à fabriquer, à utiliser et à acheter des véhicules électriques, des systèmes de...

Les banques commencent à mesurer le risque carbone dans leurs comptes

Discrètement, une petite équipe d’employés consacre tout son temps à mesurer et calculer ce qui pourrait devenir une des données les plus importantes qu’une institution financière doit connaître et rendre publique. Quelle est la part de ces investissements et de ces engagements qui contribue aux émissions de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique et est soumise à un risque de perte de valeur. Bloomberg explique, dans un article publié très récemment, que ces calculs sont menés aujourd’hui dans la plupart des grandes banques et des grandes compagnies d’assurance dans le monde. Pour les banques, le danger est que si la transition vers une économie décarbonée se fait brutalement, les sociétés dont les activités émettent beaucoup de gaz à effet de serre risquent de voir soudain leur valeur et leur rentabilité s’effondrer. Pour les contraindre à mesurer l’ampleur potentielle des risques se trouvant dans leurs bilans, Mark Carner, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, a été jusqu’à mettre en garde les groupes financiers contre un «Minsky moment climatique» tant qu’ils ne dévoilaient pas leurs «engagements» carbone. Il faisait référence à...

L’investissement durable doit devenir autre chose qu’une mode

Cela fait de nombreuses années que le terme d’investissement durable et responsable sature les campagnes de communication des établissements financiers et les articles de la presse financière. Les fonds d’investissement, offrant la possibilité aux investisseurs et aux épargnants de sélectionner des entreprises «vertes» et «vertueuses», se sont multipliés. L’investissement durable et/ou responsable s’est ainsi imposé dans le débat public et les médias au même titre que la responsabilité environnementale et sociale des entreprises. Pour autant, derrière les slogans la réalité est moins reluisante comme le montre un article récent du magazine Forbes et plusieurs études. Celle réalisée par le gestionnaire de fortune britannique Canaccord Genuity Wealth Management montre que si 76% des personnes disposant d’une fortune supérieure à 1 million de livres (1,1 million d’euros) croient au développement durable, elles sont seulement 12% à investir dans des sociétés ou des fonds qui ont une réputation «respectable» en matière environnementale et sociale… Une autre étude réalisée par OppenheimerFunds permet d’ajouter que ce n’est pas une question de génération...

Pour l’Institut Montaigne, la rénovation énergétique des bâtiments est indispensable

Le projet de loi Energie et Climat, voté le 25 juillet en commission mixte paritaire au Sénat, fixe l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Il doit être définitivement adopté en septembre. Si l’ambition affichée doit être prise au sérieux, elle ne peut être atteinte que par deux méthodes combinées: réduire les émissions à effet de serre et optimiser la consommation d’énergie. Et dans le domaine de la réduction de la consommation, «le secteur du bâtiment occupe une place essentielle», écrit l’Institut Montaigne dans un rapport publié quelques jours après le vote du Sénat et intitulé «Rénovation énergétique: chantier accessible à tous». Passoires thermiques «Les chiffres sont connus: le bâtiment représente 43% de la consommation d’énergie finale en France. Il compte pour près du quart des émissions de GES [gaz à effet de serre], derrière les transports mais devant l’agriculture, l’industrie et la production d’électricité. Autrement dit, une politique durable ambitieuse ne peut pas se passer d’un effort substantiel sur le secteur du bâtiment», écrit l’Institut Montaigne. La France compte 7,4 millions de logements considérés comme des «passoires thermiques»...