Transitions & Energies

Nucléaire, un autre sujet de discorde entre la France et l’Allemagne

Le modèle allemand de transition énergétique, l’Energiewende, qui a consisté depuis deux décennies à investir massivement dans les renouvelables (éolien et solaire) et à renoncer au nucléaire, n’est pas franchement une réussite. Les...

Le mythe de la croissance verte

Dans un article provocateur publié par le Financial Times, le chroniqueur Simon Kuper s’attaque au scénario idéal de la transition énergétique. Il met le doigt sur une contradiction selon lui insurmontable. L’illusion dans laquelle nous...

Le pétrolier ExxonMobil a-t-il mené des campagnes de désinformation sur le climat?

Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment pour ExxonMobil et ce n’est  certainement pas une coïncidence. Lundi 21 octobre, à la veille du procès de la multinationale devant un tribunal de l’Etat de New York pour diffusion de fausses...

Les articles de la catégorie Finance

Après les obligations vertes, les «obligations du paradis»

A priori, l’idée peut sembler farfelue. Mais elle pourrait être efficace et orienter une partie de l’épargne et des investissements vers des projets qui ne dégradent pas la nature et réduisent les émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit d’un nouveau type d’obligations d’Etat dont la création est proposée par le World Economic Forum sous le nom de Eden Bonds, littéralement «obligations du paradis». Le World Economic Forum explique que les dirigeants politiques ont aujourd’hui «une opportunité historique pour initier un changement massif dans l’utilisation des terres». Les circonstances sont favorables avec à la fois une conscience environnementale de plus en plus grande dans les opinions publiques, des avancées technologiques rapides et des taux obligataires particulièrement bas, voire même négatifs. «Cela permet de diriger la finance vers des projets qui protègent la nature». Racheter les terres à des prix élevés et les «rendre» à la nature Jusqu’à aujourd’hui, souligne le World Economic Forum, les structures économiques ont encouragé la conversion du capital naturel en capital financier. La conséquence est qu’une grande...

Les banques commencent à mesurer le risque carbone dans leurs comptes

Discrètement, une petite équipe d’employés consacre tout son temps à mesurer et calculer ce qui pourrait devenir une des données les plus importantes qu’une institution financière doit connaître et rendre publique. Quelle est la part de ces investissements et de ces engagements qui contribue aux émissions de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique et est soumise à un risque de perte de valeur. Bloomberg explique, dans un article publié très récemment, que ces calculs sont menés aujourd’hui dans la plupart des grandes banques et des grandes compagnies d’assurance dans le monde. Pour les banques, le danger est que si la transition vers une économie décarbonée se fait brutalement, les sociétés dont les activités émettent beaucoup de gaz à effet de serre risquent de voir soudain leur valeur et leur rentabilité s’effondrer. Pour les contraindre à mesurer l’ampleur potentielle des risques se trouvant dans leurs bilans, Mark Carner, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, a été jusqu’à mettre en garde les groupes financiers contre un «Minsky moment climatique» tant qu’ils ne dévoilaient pas leurs «engagements» carbone. Il faisait référence à...

Les aides à l’isolation des logements devraient fortement baisser

Après la prime à la conversion, les aides à l’isolation des logements. Le ministère de la Transition écologique a confirmé la révision à venir des aides à la rénovation énergétique pour les ménages. Cette refonte intervient quelques jours seulement après l’entrée en vigueur de la nouvelle prime à la conversion automobile. Dans un cas comme dans l’autre, la réforme est destinée officiellement à rendre les aides «plus justes». De fait, il s’agit surtout de les rendre moins onéreuses pour les finances publiques… Le CITE (Crédit d’Impôt à la Transition Energétique) sera remplacé par une prime versée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Outre qu’elle sera versée au moment de la réalisation des travaux, ce qui évitera aux ménages de devoir faire l’avance des frais comme c’est le cas pour le CITE, son montant ne sera plus calculé sur la base des travaux, mais de leur efficacité énergétique. Des montants forfaitaires de 200 à 11.000 euros seront définis par type de travaux. Autre nouveauté de taille: la prime sera versée sous condition de ressources et devient elle aussi, comme la prime à la conversion automobile, un élément de la redistribution et...

Nouvelle prime à la conversion, le gouvernement réduit la dépense pas les émissions

Ne croyez surtout pas que derrière la nouvelle prime à la conversion, le gouvernement est motivé par la baisse des émissions de CO2 et de particules fines. Il entend surtout contrôler et réduire les dépenses.  Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si elle entre en vigueur le 1er août, le moment le plus propice pour qu’il y ait peu de réactions. Il faut dire que les fonctionnaires de Bercy se sont lourdement trompés dans leurs prévisions. Ils avaient établi un budget de 596 millions d’euros en 2019 pour couvrir les dépenses liées à cette aide dont la vocation est de permettre aux ménages relativement modestes de changer de véhicule pour un moins polluant. Patatras… Cela a trop bien fonctionné. Le coût total pour l’État de cette prime atteignait 900 millions d’euros… au mois de juin. Plus de 220.000 dossiers d’aides avaient été déposés sur les six premiers mois de l’année. Donc oubliée la priorité de la réduction des émissions des véhicules, la «nouvelle» nouvelle prime à la conversion (dont l’ancêtre est la prime à la casse) sera bien moins généreuse et s’apparente, administration oblige, à une superbe usine à gaz… «Le but visé par le...

Réaliser la transition énergétique d’ici 2050: «un exercice de pensée magique»

L’expert en énergie du Manhattan Institute, Mark P. Mills, vient de publier une étude qui affirme tout simplement qu’il sera impossible de se passer des énergies fossiles d’ici 2050, un horizon pourtant fixé par des décisions politiques. Son étude s’intitule: «The New Energy Economy: An Exercise in Magical Thinking» (La nouvelle économie de l’énergie: un exercice de pensée magique). Mark Mills explique, chiffres à l’appui, pourquoi il est économiquement, financièrement et technologiquement impossible, selon lui, de se passer des énergies fossiles dans le monde avant la fin du siècle en l’état actuel de nos moyens et de nos capacités techniques. Les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) représentent aujourd’hui plus de 80% de l’énergie consommée dans le monde. Les énergies renouvelables «récentes», éolien et solaire, représentent environ 2% de l’énergie utilisée dans le monde. Pour Mark Mills, il a fallu investir 2000 milliards de dollars depuis deux décennies pour passer de presque rien à 2%. La somme nécessaire pour remplacer les 80% restant par des renouvelables n’est même pas calculable et imaginable, d’autant que la...

Cent vingt milliards de dollars d’obligations sur le Luxembourg green exchange

Luxembourg For Finance a organisé la 2ème édition du Forum de la Finance Durable le mercredi 26 juin. A cette occasion, la Banque Mondiale a annoncé avoir choisi le LGX (Luxembourg Green Exchange) comme plate-forme de référence pour ses obligations durables. En tout 174 lignes distinctes émanant de la Banque Mondiale seront échangées au Luxembourg. Ce n’est pas un hasard. La Bourse de Luxembourg est devenue la numéro un incontestée des obligations vertes en Europe et dans le monde. Environ la moitié des titres de ce type sont côtés sur cette place. Fin 2018, on en dénombrait déjà 248. Un succès lié à la prise de conscience des moyens financiers à mobiliser pour lutter contre le réchauffement climatique et à la création en 2016 par la Bourse luxembourgeoise d’un outil spécifique à la cotation de titres verts, le LGX. Il offre aux investisseurs la garantie que les obligations qui y sont cotées sont bien orientées vers des projets environnementaux.Et avec un total de 121,2 milliards de dollars (107,5 milliards d’euros) émis sur le LGX fin 2018, Luxembourg est 2,5 fois plus important que Paris et près de cinq fois plus que Londres et Francfort. La Banque mondiale est pour sa part un pionnier des...

Transitions & Energies, partenaire des Rencontres du Financement de la Transition Energétique (ISEFI) du 2 juillet

Le 7ème symposium ISEFI intitulé «Les Rencontres du financement de la transition énergétique» se tiendra à Paris le 2 juillet 2019 à la salle beffroi de Montrouge. Transitions & Energies est partenaire de cette manifestation. Organisée par l’Ipag Business School, elle a pour vocation de réunir et de faire dialoguer les chercheurs, les entreprises, les start up, les institutions financières publiques et privées, les collectivités impliqués dans la transition énergétique autour de la problématique du financement de l’innovation et des investissements. Seront présents, les acteurs institutionnels et financiers accompagnant la Transition énergétique (Fonds ONU, Bpifrance, Commission de Régulation de l’Energie …), les banques proposant des financements des projets énergétiques et environnementaux, les énergéticiens, français et internationaux, les entreprises, les élus des territoires et leurs responsables des services concernés par la mise en oeuvre de la transition énergétique, les acteurs des énergies renouvelables et centres de recherche, les chercheurs et experts scientifiques et économiques et les fédérations professionnelles. L’inscription au symposium est gratuite...

Plus de 9 mille milliards de dollars d’investissements dans l’éolien et le solaire d’ici 2050

L’éolien et le solaire représentent maintenant l’option la plus économique pour produire de l’électricité dans environ les deux tiers des pays du monde. Ces sources d’énergie produiront près de la moitié de l’électricité de la planète d’ici 2050 et attireront 9,5 mille milliards de dollars d’investissements. Telles sont les principales conclusions du dernier rapport New Energy Outlook (NEO 2019) (Prévision sur la nouvelle énergie 2019) réalisé par l’Agence Bloomberg et rendu public le 19 juin. «La bonne nouvelle pour la transition énergétique est que la destination devient plus claire. Dans les deux tiers du monde, le solaire et l’éolien sont les énergies les moins chères sans exception», a déclaré Jon Moore, le directeur de BNEF (Bloomberg New Energy Future), lors de la présentation de l’étude à Londres. Selon BNEF, avec une demande d’électricité qui va augmenter de 62%, les capacités de production vont au moins tripler d’ici 2050. Cela attirera 13,3 mille milliards de dollars de nouveaux investissements dont l’éolien prendra 5,3 mille milliards et le solaire 4,2 mille milliards. Et en plus des investissements dans la...

Et si le bonus malus était indexé sur le poids des véhicules

France Stratégie, organisme d’études et de prospective dépendant du bureau du Premier ministre, a publié un rapport le 20  juin sur les moyens de faire baisser les émissions de CO2 des véhicules. La proposition la plus originale consisterait à mettre en place un bonus-malus indexé sur le poids des voitures. France Stratégie s’inspire d’une politique mise en place en Norvège, le pays où les voitures électriques à batteries représentaient l’an dernier plus de 49% des ventes de véhicules neufs. Les subventions massives y sont pour beaucoup, financées notamment par les exportations de gaz… En Norvège, les acheteurs d’une voiture électrique sont exemptés de TVA, de frais d’immatriculation, de vignette annuelle, de péages sur les autoroutes, empruntent gratuitement les ferrys et se garent sans frais dans les parkings municipaux. Ils peuvent même circuler sur les voies de bus… aujourd’hui embouteillées. Si la Norvège est un cas particulier, taxer les véhicules les plus lourds peut-être un bon moyen pour limiter la tendance des constructeurs à vendre des véhicules toujours plus grands et plus lourds et pour enrayer la mode contestable des SUV. En Norvège...

Record de financement de la transition énergétique par les grandes banques de développement

Les financements de projets liés au changement climatique par les grandes banques de développement ont atteint des niveaux record en 2018. Les fonds consacrés à ces projets ont augmenté de 60% depuis l’Accord de Paris de 2015 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre selon un rapport rendu public le 13 juin. Le rapport a été réalisé conjointement par la Banque Africaine de Développement, la Banque Asiatique de Développement, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, la Banque Européenne d’Investissement, la Banque Inter-Américaine de Développement et la Banque Mondiale. Les financements assurés par ces six banques multilatérales pour des projets relatifs à la lutte contre le réchauffement climatique ont atteint 43,1 milliards de dollars l’an dernier dans les pays émergents et en développement. Il s’agit d’une augmentation de 22% par rapport à 2017. Ces projets représentent près de 30% des opérations réalisées l’an dernier par ces six banques. Au total, leurs engagements dans des projets relatifs à la transition énergétique et au réchauffement climatique représentent près de 237 milliards de dollars depuis 2011. En 2018, la...

General Electric n’a rien compris à la révolution des renouvelables

General Electric (GE) a longtemps symbolisé la puissance de l’industrie américaine. Le conglomérat né en 1892 n’a cessé d’innover  dans l’énergie, l’aviation, le médical, le numérique, la finance… Ces réacteurs, ces turbines, ces scanners, ces appareils à IRM font toujours référence. General Electric a longtemps été capable d’avoir un flair inégalable pour l’innovation et de lui associer une gestion rigoureuse. Au point d’être considéré comme un modèle. Tout cela appartient au passé. Au fil du temps, le management industriel a été remplacé par les opérations financières. Jeffrey Immelt, Pdg de General Electric de 2001 à 2017, se vantait d’avoir acheté et vendu pour 100 milliards de dollars d’entreprises. Mais certaines transactions se sont avérées catastrophiques. Les crises économique et financières successives – 11 septembre 2001, subprimes en 2008, fluctuations du baril de pétrole – ont mis à mal les stratégies. Les investisseurs ont fini par prendre peur. La capitalisation boursière a fondu en un an de 120 milliards de dollars pour tomber à 87 milliards de dollars. En 2000, GE valait 600 milliards de dollars à Wall...

Avec la multiplication des voitures électriques, l’Etat devra taxer l’utilisation des routes

Si les automobilistes finissent par se convertir en grand nombre à la voiture électrique, les émissions de CO2 baisseront (même si la voiture ne représente en France que 20% des émissions totales)… et l’Etat perdra de nombreuses recettes fiscales. La TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques) est la quatrième source de rentrées fiscales en France à plus de 33 milliards d’euros en 2018. Dans un rapport intitulé «Taxer les véhicules, le carburant et l’utilisation des routes», l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) préconise une autre méthode de taxation de l’automobiliste. Fini les taxes sur les carburants, les recettes fiscales se feront sur l’utilisation des routes et via les péages urbains. L’OCDE demande ainsi aux Etats de «repenser leur politique fiscale sur le transport routier», de «s’éloigner de la taxation du carburant et d’adopter «une nouvelle conception des taxes de transport». Cette nouvelle conception revient à «mettre davantage l’accent sur la taxation de l’utilisation des routes, en particulier par le biais des redevances de distance et l’instauration de...