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Véhicules électriques, EDF supprime 90% des bornes de recharge du réseau autoroutier Corri-Door

Tesla superchargeur

Les longs trajets en voitures électriques étaient déjà une forme d’aventure. Cela ne va pas s’arranger. Après Ionity, qui a soudainement décidé le 31 janvier d’augmenter très fortement les prix des recharges à ses bornes, voilà que pour des questions de sécurité, Izivia, filiale d’EDF, a décidé de fermer définitivement 189 des 217 bornes de recharge de son réseau sur les autoroutes.

Voilà encore une nouvelle dont les constructeurs automobile se seraient bien passés. Ils sont touchés de plein fouet par les conséquences économiques de l’épidémie de Coronavirus et ont l’obligation, sous peine de très fortes amendes européennes, de réussir à vendre des véhicules électriques à des consommateurs réticents afin faire baisser leurs émissions moyennes de CO2. Après Ionity, qui soudainement a décidé le 31 janvier d’augmenter très fortement les prix des recharges à ses bornes, voilà que pour des questions de sécurité, Izivia, filiale à 100% d’EDF, a décidé de fermer définitivement 189 des 217 bornes de recharge rapide de son réseau autoroutier. Et elle n’en remplacera qu’une petite partie. Problème, le manque d’autonomie et la faiblesse des infrastructures de recharge sont les principaux handicaps, avec le prix élevé, des véhicules électriques…

«Nous avons constaté des incidents techniques sur deux bornes, d’un même fournisseur», a expliqué aux Echos Christelle Vives, directrice générale d’Izivia. «Par précaution, nous avons décidé le 7 février d’interrompre leur exploitation, le temps de faire des analyses. Or celles-ci ont confirmé des problèmes de sécurité pour les personnes. Nous avons donc décidé de ne plus utiliser ces matériels.» Il s’agit des bornes fournies par EVTronic, une start-up bordelaise rachetée en juillet 2018 par EVBox, une filiale d’Engie. Elles ont présenté récemment des marques noires inquiétantes liées à des surtensions. Il semble qu’il y ait un défaut de conception de ces bornes puissantes délivrant 50kW.

Sans infrastructures, pas de voitures électriques

Sur le réseau baptisé Corri-Door, il ne reste donc plus que 28 bornes opérationnelles fournies par un autre sous-traitant. Izivia compte remplacer un certain nombre des stations défectueuses, mais pas toutes. Seul un quart du réseau sera renouvelé, soit 40 à 50 bornes. Ce sont les seules bornes aujourd’hui capables sur les autoroutes de recharger les voitures de marques japonaises dotées de la norme CHAdeMO…

Cet épisode montre une fois de plus que l’adoption rapide et massive des véhicules électriques est aujourd’hui impossible. Il faut d’abord régler les problèmes des infrastructures de recharge, de leur nombre très insuffisants, de leurs capacités, de leur fiabilité et de leurs performances dans le temps. Le discours des pouvoirs publics et les pressions fiscales sur les automobilistes et sur les constructeurs pour passer à la voiture électrique ne sont pas suivis d’investissements suffisants pour rendre relativement aisée l’utilisation de ces véhicules. On peut parler d’incohérence et même d’inconséquence. Après tout EDF est une entreprise publique. En Allemagne, le gouvernement s’est engagé à doter le pays d’un million de bornes d’ici 2030!

En France, les possesseurs de voitures électriques sont régulièrement confrontés à des pannes et à l’hétérogénéité des abonnements sur le réseau public. Si les véhicules ne sont pas rechargés au domicile ou sur le lieu de travail, cela devient rapidement un cauchemar. Et l’autonomie sur les longs trajets devient impossible à gérer sans capacités de recharges rapides sur les grands axes autoroutiers.

Vive l’Allemand Ionity et l’Américain Tesla!

Manque de chance, Corri-Door était le principal réseau existant sur les autoroutes françaises. Alors bien sûr, la loi prévoit l’obligation de bornes de recharge lors du renouvellement des concessions autoroutières, mais cela va prendre beaucoup de temps, des années. Il y a bien également le réseau européen Ionity de recharge rapide, lancé par les constructeurs allemands. Il est en croissance et a installé environ 200 stations dont 44 opérationnelles en France. Mais il s’est mis à dos les consommateurs avec une hausse inattendue et brutale de ses tarifs. Le kilowattheure délivré est maintenant facturé 79 centimes d’euros, plus cher pour une autonomie identique qu’un plein de carburant…  En outre, il n’est pas compatible avec tous les standards, à commencer par la norme CHAdeMO. Il y a bien les 77 superchargeurs de Tesla installées en France. Mais ils sont réservés exclusivement aux véhicules de cette marque dont le prix d’achat commence à 50.000 euros.

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