<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Souveraineté énergétique: une urgence pour la renaissance de la France !

18 septembre 2026

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Souveraineté énergétique: une urgence pour la renaissance de la France !

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Un pays qui importe massivement son énergie est un pays qui exporte sa richesse et sacrifie son indépendance. Par Fabien Bouglé. Article paru dans le N°29 du magazine Transitions & Energies.

La guerre en Iran, précédée de celle en Ukraine, a révélé à quel point nous sommes entrés de plain-pied dans une guerre mondiale de l’énergie. Ces conflits ne sont pas uniquement militaires : ils sont profondément économiques et géostratégiques. Ils montrent avec une clarté brutale pourquoi la France doit renouer de toute urgence avec une politique énergétique dont l’axe prioritaire est le contrôle de sa souveraineté dans ce domaine.

La maîtrise de ses ressources et de sa production énergétique n’est pas un enjeu technique parmi d’autres pour un grand pays comme le nôtre. Elle constitue une priorité vitale, une question de survie nationale qui doit occuper le cœur de toute action gouvernementale digne de ce nom. L’énergie, c’est le sang du pays. Sans énergie abondante, fiable et à bas coût, il n’y a plus de vie économique réelle, plus d’industrie puissante, plus de souveraineté effective, plus de France tout simplement.

Le plan Messmer, l’exemple à suivre

C’est pourquoi les gouvernements français les plus lucides, nourris par les soubresauts de notre histoire, avaient fait de la souveraineté énergétique un pilier central de leur politique. En 1973, les pays de l’OPEP réduisent drastiquement leur production de pétrole et font exploser les prix en riposte à la guerre du Kippour. En quelques mois, le prix du baril est multiplié par quatre, plongeant le monde entier dans une crise économique majeure. Pour la première fois dans l’histoire moderne, l’énergie devenait une arme de guerre économique face à la supériorité militaire. Israël avait terrassé l’Égypte et la Syrie sur le champ de bataille ; mais les pays du Moyen-Orient répondaient avec l’arme qu’ils contrôlaient : l’or noir.

En France, le choc fut violent. Une grande partie de notre électricité était alors produite par des centrales thermiques au fioul. L’explosion des prix entraîna une facture énergétique insoutenable, des pénuries et un choc inflationniste dévastateur. Face à cette vulnérabilité mortelle, le Premier ministre Pierre Messmer lança en mars 1974 un programme nucléaire ambitieux qui aboutit à la construction de 58 réacteurs en quinze ans. Ce choix stratégique permit à la France de s’émanciper totalement des importations de pétrole pour sa production électrique.

Ennemis de l’intérieur

En quelques décennies, notre pays est devenu l’un des leaders mondiaux du nucléaire civil, produisant une électricité parmi les moins chères et les moins carbonées d’Europe, tout en bâtissant une filière industrielle d’excellence. Aujourd’hui, ce patrimoine de souveraineté est gravement menacé. Des gouvernements successifs ont cédé aux idéologies vertes et aux injonctions bruxelloises. Ils ont ralenti le nucléaire, fermé des réacteurs comme ceux de Fessenheim, multiplié les énergies intermittentes et accepté une dépendance aux importations d’éoliennes allemandes ou de panneaux solaires chinois.

Résultat : une facture énergétique alourdie, un réseau fragilisé, des industries qui délocalisent et une vulnérabilité renouvelée face aux chocs géopolitiques. Et surtout des Français qui paient une facture énergétique toujours plus élevée, conséquence terrible de la politique énergétique désastreuse menée depuis plus de trente ans par des ennemis de l’intérieur qui agissent encore. Ils ne sont pas pour rien dans la promulgation d’une PPE3 portant clairement atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

Un enjeu économique, industriel et social

Les guerres en Ukraine et en Iran n’ont fait que mettre en lumière cette faille béante. Sans maîtrise de son énergie, la France est otage des crises internationales. Pour un pays comme la France, la souveraineté énergétique est bien plus qu’une option politique : elle est une condition première d’existence en tant que nation indépendante. D’abord sur le plan économique. Une énergie abondante et à bas coût est le socle de toute industrie compétitive. Elle permet de produire, de transformer, d’innover sans être étranglé par des prix imposés de l’extérieur. Elle conditionne notre capacité à maintenir des emplois industriels sur le territoire, à attirer des investissements et à éviter la désindustrialisation qui nous affaiblit depuis trente ans. Elle contribue à notre prospérité.

Un pays qui importe massivement son énergie est un pays qui exporte sa richesse et sa souveraineté. Sur le plan social, l’enjeu est tout aussi décisif. L’énergie chère pénalise d’abord les plus modestes : chauffage, transport, alimentation, tout augmente. La souveraineté énergétique protège le pouvoir d’achat des Français et garantit une forme de justice sociale réelle. Elle évite que les familles et les entreprises ne soient rançonnées à chaque crise internationale.

Sur le plan géopolitique, elle est vitale. Dans un monde multipolaire où l’énergie est devenue une arme, un pays qui ne contrôle pas son approvisionnement devient un pion sur l’échiquier mondial. La France, puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité, doit pouvoir peser dans les grandes crises sans être dépendante de décisions prises à Washington, Moscou, Bruxelles, Pékin ou Téhéran. La souveraineté énergétique renforce notre diplomatie, notre défense et notre capacité à défendre nos intérêts.

La décroissance, la recette du désastre

Sur le plan environnemental, enfin, il faut stopper de toute urgence cette politique décroissante qui favorise les énergies intermittentes au détriment du nucléaire soumis à des modulations qui contribuent à son vieillissement prématuré. Le nucléaire français, qui a déjà évité des centaines de millions de tonnes de CO₂, nous offre une énergie pilotable, dense et bas-carbone, qui reste le meilleur outil pour concilier souveraineté énergétique, préservation du climat, croissance économique et indépendance nationale. Aussi devons-nous définitivement mettre un terme à cette politique décroissante qui appauvrit les Français et contribue à notre affaiblissement sur la scène internationale en plaçant notre pays en situation de tiers-mondisation.

Pour la France, héritière d’une grande histoire industrielle et technologique, renoncer à la souveraineté énergétique reviendrait à accepter un déclin programmé. C’est renoncer à être une grande puissance capable de décider de son destin. C’est se condamner à subir les crises plutôt que de les anticiper. C’est transformer notre nation en simple marché consommateur au service d’autres puissances.

Accepter le déclin ou se ressaisir

Les Français doivent comprendre que l’énergie n’est pas une marchandise ordinaire. C’est le fondement de notre civilisation moderne, de notre enrichissement collectif, de notre indépendance et de notre puissance. Les crises récentes nous ont rappelé cette vérité première : un pays qui ne contrôle pas son énergie ne contrôle pas son destin. La nouvelle donne énergétique de la France doit donc être celle de la reconquête pleine et entière de sa souveraineté.

Il est temps de choisir. Soit nous acceptons la dépendance, la précarité et le déclin progressif ferment de la décroissance et de la pauvreté. Soit nous renouons avec l’esprit des bâtisseurs qui, en 1974, ont eu le courage de penser l’intérêt supérieur de la nation sur le long terme. Il est urgent pour la France de choisir la seconde voie : celle d’une France forte, indépendante et maîtresse de son avenir énergétique. La souveraineté énergétique n’est pas un luxe ou une option : c’est une nécessité. Il est temps de la replacer au centre de notre projet national, avec lucidité, détermination et sans concession.

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