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Le réseau électrique français sera fragilisé dans les années 2022 et 2023

Blackout en Amérique du nord en 2003

Il ne faudrait pas que les hivers 2022 et 2023 soient très rigoureux en Europe et que par manque d’eau les barrages soient peu remplis, il pourrait y avoir alors des pénuries d’électricité. Le risque n’est pas considérable, mais il existe. Du fait du basculement de l’Allemagne vers les renouvelables (éolien et solaire), par définition intermittents, et d’une baisse des capacités de production en France.

L’arrêt des centrales à charbon, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et les retards de l’EPR de Flamanville réduiront la capacité de production d’électricité en 2022 et 2023, a d’ores et déjà indiqué le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE). Celle-ci suffira normalement tout juste à couvrir la demande hivernale.

RTE prévient que la sécurité de l’approvisionnement électrique de la France doit faire l’objet d’une «vigilance» en 2022-2023. Dans l’immédiat, pour l’hiver 2019-2020, l’approvisionnement en électricité «devrait être assuré».

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit cesser définitivement de fonctionner en 2020 et dans le même temps le gouvernement a annoncé la fermeture des quatre dernières centrales à charbon du pays qui sont celles, quand elles fonctionnent, qui émettent de loin le plus de CO2. Ces centrales avaient avant tout pour mérite de pouvoir entrer en service très rapidement pour combler, lors des pics de consommation, les besoins d’électricité. La situation sera d’autant plus tendue, que le réacteur nucléaire numéro 3 de Flamanville, le nouvel EPR, n’entrera finalement en service, si tout se passe bien, qu’au début de l’année 2023. Il devait démarrer à la fin de cette année…

Autre problème, le parc nucléaire devrait également être moins disponible pendant cette période en raison de nombreuses opérations de maintenance et de sûreté. Il se produira ainsi plusieurs visites décennales qui ont pour objet de déterminer si la vie des centrales nucléaires peut être prolongée au-delà des quarante ans prévus lors de leur construction. Ces visites décennales nécessitent l’arrêt des réacteurs sur une période de plusieurs mois.

Certaines régions sont plus menacées que d’autres. «Il existe un risque spécifique pour l’Ouest de la France et notamment la Bretagne si la fermeture de la centrale à charbon de Cordemais [située entre Nantes et Saint-Nazaire] n’est pas compensée par une entrée en service de l’EPR de Flamanville», souligne RTE, qui s’inquiète de possibles chutes de tension sur le réseau. Pour pallier ce problème, RTE envisage «le maintien en disponibilité ou la conversion à la biomasse d’un ou deux groupes » de cette centrale. EDF doit transmettre au ministère de la transition écologique un dossier portant sur l’utilisation de biomasse dans cette centrale.

Réduire la consommation

RTE insiste aussi sur la «maîtrise de la consommation, notamment lors des périodes de pointes». Pour réduire la demande, le gestionnaire du réseau évoque notamment la «rénovation du bâti», dont les effets se feront sentir à long terme, et des «gestes citoyens» permettant d’économiser quelques centaines de mégawatt seulement, mais à des heures cruciales. Le pilotage de la demande, grâce à des appareils dits intelligents, peut aussi permettre de décaler la consommation à des heures plus favorables.

Après 2023, la sécurité d’approvisionnement devrait s’améliorer, selon RTE. Elle sera assurée par l’EPR de Flamanville et le développement des énergies renouvelables, notamment l’entrée en service de parcs éoliens en mer plus puissants que les parcs terrestres.

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