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La France a évité un black out le 7 octobre dernier

Blackout en Amérique du nord en 2003

En dépit des incantations réclamant toujours plus d’énergie solaire et éolienne, les limites physiques de la production d’électricité par les renouvelables posent de sérieux problèmes. L’Allemagne en fait l’expérience depuis des années qui après avoir massivement investi dans les renouvelables et tourné le dos au nucléaire ne peut se passer de son parc de centrales au charbon et au lignite et ne parvient pas à faire baisser ses émissions de gaz à effet de serre. La France, dans une situation bien plus favorable avec près des trois quart de son électricité d’origine nucléaire et donc sans CO2, se trouve aujourd’hui face à des choix cruciaux. Remplacer le nucléaire par les renouvelables ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre, au contraire même compte tenu du coût environnemental de la fabrication des panneaux solaires et des turbines d’éoliennes, et crée d’autres inconvénients en fragilisant le réseau.

Ainsi, RTE a été contraint en urgence lundi 7 octobre, autour de 21 heures, de débrancher de son réseau 22 sites industriels grands consommateurs. C’est la deuxième fois que le gestionnaire du réseau de transport d’électricité se retrouve obligé d’activer ce dispositif d’urgence. Ce mécanisme n’avait été actionné qu’une seule fois auparavant, le 10 janvier, à la suite d’un incident sur les lignes haute tension entre l’Allemagne et l’Autriche qui mettait en danger les interconnexions à l’échelle européenne. Le dispositif a été créé en 2006 après le grand black out européen et après celui de 2003 en Amérique du nord (voir photo ci-dessus).

L’origine du problème, le 7 octobre, se trouve du côté d’un réacteur de la centrale nucléaire de Gravelines produisant 1400 MW. Il a été rendu indisponible à la suite de la déconnexion d’une turbine, en zone non nucléaire, qui a dû être réparée et a pu être relancée mardi 8 octobre à 7 heures.

La sécurité des approvisionnements se dégrade

«L’indisponibilité de Gravelines lundi soir a fait chuter la fréquence sur le réseau français à un moment critique car en fin de journée, on observe traditionnellement une baisse de la consommation» indique RTE dans un communiqué. RTE, par ailleurs, minimise l’incident et affirme que le réseau n’a pas été menacé par une coupure massive. Alors pourquoi a-t-il fallu en urgence stopper l’alimentation de 22 sites industriels?

Cet incident illustre en tout cas la faible marge de manoeuvre existante sur le réseau pour mobiliser rapidement, en cas de besoin, des sources de production. La sécurité des approvisionnements en électricité se dégrade en France. De nombreux experts sont ainsi convaincus que des incidents comme celui du 7 octobre vont se multiplier. «Avec la montée en puissance des interconnexions électriques en Europe et des énergies renouvelables intermittentes comme les éoliennes, ce genre d’évènement risque de se produire plus fréquemment», explique aux Echos Nicolas Warren le Président de l’Uniden, l’association qui regroupe les groupes industriels électro-intensifs.

RTE est par ailleurs contraint d’investir massivement dans les prochaines années pour renforcer son réseau, notamment pour connecter les sources de production renouvelables et les rendre utilisables plus efficacement. Les besoins sont considérables. Ils ont été évalués à 33 milliards d’euros d’ici 2035.

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