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La Chine veut lancer une centrale solaire spatiale d’ici 2035

La Chine veut lancer une centrale solaire spatiale d’ici 2035

La Chine est un pays paradoxal. Il construit massivement des centrales à charbon, qui émettent énormément de CO2, et dans le même temps développe des technologies extrêmement ambitieuses pour capter l’énergie solaire dans l’espace. Après avoir annoncé travailler sur un projet de lune artificielle, qui réfléchirait les rayons du soleil, l’Académie chinoise de technologie spatiale a annoncé le 2 décembre vouloir construire d’ici 2035 une centrale solaire dans l’espace.

L’idée n’est pas vraiment nouvelle. On la trouvait déjà dans l’une des nouvelles de science-fiction, Reason (Raison), d’Isaac Asimov, publiée en avril 1941. Elle avait été reprise en 1968 par Peter Glaser, un ingénieur spatial américain, qui avait construit un projet mais n’avait pas convaincu. Le principe est relativement simple: installer des panneaux solaires gravitant à 36.000 kilomètres autour de la terre. La réalisation est autrement plus compliquée et… le potentiel considérable.

«C’est une source inépuisable d’énergie propre, fournissant de l’énergie fiable pendant 99% du temps avec une intensité six fois supérieure à celle des parcs solaires terrestres», affirment les scientifiques chinois. La Nasa avait travaillé sur un tel projet avant de l’abandonner dans les années 1990. Dans les années 2000, c’était au tour du Japon, de la Russie et de la Chine de l’étudier. Seule la Chine a persévéré et entend bien le mener à son terme.

Comment transmettre l’énergie au sol

La centrale devrait rester géostationnaire, c’est-à-dire pivoter autour de la Terre à la même vitesse que cette dernière. Sur la surface terrestre, des stations équipées d’antennes recevront l’énergie et la transformeront en électricité. Chaque centrale devrait être capable de générer 5 gigawatts. «De quoi alimenter une ville d’un million d’habitants», selon les ingénieurs chinois.

Mais les difficultés  techniques sont loin aujourd’hui d’être surmontées. Il y a d’abord, le poids du matériel à envoyer dans l’espace et à mettre sur orbite. Cela semble aujourd’hui presque infaisable. Le projet Chinois consiste à déployer entre 5 et 6 kilomètres carrés de panneaux photovoltaïques. Cela correspond environ à 10.000 tonnes. Pour donner un ordre de grandeur, la station spatiale internationale pèse 400 tonnes.

L’autre grand défi consiste à parvenir à transmettre l’énergie de l’espace vers la terre. L’énergie récupérée par les panneaux solaires serait convertie en micro-ondes ou en rayons lasers envoyés vers la surface de la terre. Des tests ont déjà commencé. La Chine a construit une base d’essai pour 28,4 millions de dollars à Bishan, dans la municipalité de Chongqing (sud-ouest) pour la recherche sur la transmission d’énergie sans fil de haute puissance et son impact sur l’environnement.

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