<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Les importations européennes de GNL russe à des niveaux records

15 juillet 2026

Temps de lecture : 3 minutes
Photo : L'usine de liquefaction de gaz de Yanal D.R.
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Les importations européennes de GNL russe à des niveaux records

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Pour reconstituer des stocks de gaz très bas du fait d’une grande légèreté l’an dernier, l’Europe achète des niveaux records de GNL (Gaz naturel liquéfié) russe, à commencer par la France... Les pays de l’Union Européenne se sont engagés à cesser tout achat de GNL russe au 1er janvier 2027.

Il y a les engagements moraux. Il y a les proclamations martiales. Il y a l’invitation du Président ukrainien Volodymyr Zelensky au premier rang du défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées. Et il y a la réalité des besoins et des rapports de force énergétiques. Cela est vrai aussi bien dans le détroit d’Ormuz qu’avec le gaz russe. Ainsi, l’Union Européenne (UE) a pris la décision de cesser toute importation de gaz naturel liquéfié (GNL) russe à partir du 1er janvier 2027. Mais cela est plus facile à dire qu’à faire surtout quand 20% de l’offre mondiale de GNL a été bloquée depuis le 28 février et la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran.

La quasi-totalité de la production du Qatar, deuxième exportateur mondial de GNL, est restée bloquée depuis plus de quatre mois au fond du Golfe Persique et même un certain nombre de ses installations de liquéfaction ont été gravement endommagées par des attaques iraniennes. Du coup, l’UE, qui a fait preuve l’an dernier d’une coupable négligence en reconstituant très lentement ses stocks de gaz naturel, se trouve dans une situation difficile.

Les Européens ont absorbé 97% de la production de GNL du site sibérien Yamal

Que fait-elle ? Elle se précipite vers les cargaisons de GNL russe. L’Union européenne a ainsi importé un volume record de 9,97 millions de tonnes métriques de gaz naturel liquéfié pour une valeur de 5,96 milliards d’euros en provenance du site russe de Yamal  (voir la photographie ci-dessus) au cours du premier semestre 2026, soit une hausse de 18% par rapport à la même période de 2025. Et les principaux acheteurs européens du GNL provenant de Yamal sont… la France, la Belgique et l’Espagne avec respectivement 3,6, 2,9 et 2,7 millions de tonnes au cours du premier semestre 2026, rapporte le Financial Times.

Inauguré par Vladimir Poutine en 2017, Yamal est de loin le principal site de production de gaz liquéfié de Russie, avec une capacité nominale de 17,4 millions de tonnes par an. Mais la production réelle dépasse maintenant ce niveau. Selon les données du cabinet spécialisé Kpler, citées par l’agence Reuters, les acheteurs européens ont absorbé plus de 97% de la production totale de l’installation sibérienne au cours du premier semestre de 2026, malgré les efforts menés depuis février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie pour réduire leur dépendance au gaz russe.

« L’Europe n’est pas qu’un simple acheteur : elle demeure le pilier logistique du projet phare de GNL arctique de Poutine», dénonce l’ONG allemande Urgewald. « Au lieu de couper cette source de revenus et de créer d’énormes problèmes économiques et de réputation pour Poutine, l’UE importe des volumes records de GNL en provenance de Yamal », soulignait déjà l’ONG dans un rapport du mois de mai.

TotalEnergies détient 20% du capital de Yamal LNG

Les immenses réserves de gaz de Yamal ont été découvertes dans les années 1970, mais il a fallu plus de 40 ans pour commencer à les exploiter notamment en raison de conditions climatiques extrêmes. La péninsule qui s’étend sur un territoire plus grand que la France se trouve au nord-est des montagnes de l’Oural et à 2500 kilomètres de Moscou.

L’entreprise qui exploite le site, Yamal LNG, est majoritairement détenue par Novatek, premier actionnaire et deuxième producteur de gaz naturel en Russie. Yamal LNG a également des partenaires internationaux, dont TotalEnergies, qui détient 20% de son capital, et la China National Petroleum Corporation (CNPC), qui en possède également 20%.

Les trois principaux gazoducs Russie-Europe sont hors service

Une interdiction partielle par l’UE des importations de GNL russe est même entrée en vigueur le 25 avril 2026, en vertu du règlement dit « REPowerEU gas regulation». Cette réglementation interdit l’achat de GNL russe dans le cadre de contrats à court terme. En théorie, chaque cargaison en provenance de Yamal à destination de l’Europe doit donc faire l’objet d’une vérification de la part des autorités douanières du pays importateur que la vente a été effectuée dans le cadre d’un contrat à long terme… On peut raisonnablement s’interroger sur le respect de cette règle quand on voit que des acheteurs européens ont sensiblement augmenté au cours des derniers mois leurs importations de GNL russe. En vertu de contrats à long terme existants? En tout cas, les importations de GNL de Russie devraient normalement totalement cesser au 1er janvier 2027 avec l’entrée en vigueur d’une interdiction qui cette fois se veut totale.

Si le GNL fait l’objet de mesures strictes, les importations par gazoduc en provenance de Russie dans le cadre de contrats historiques ont été autorisées pour les pays dits enclavés. Mais il faut dire qu’elles sont limitées, puisque les trois principaux gazoducs reliant la Russie à l’Europe ne fonctionnent plus. Il s’agit des deux fameux Nord Stream 1 et Nord Stream 2 qui passaient sous la mer Baltique et ont été sabotés à la fin de l’année 2022 et de celui traversant l’Ukraine que le gouvernement ukrainien a fermé. La Hongrie est le principal acheteur de gaz russe par gazoduc acheminé par le gazoduc TurkStream sous la mer Noire, puis via son extension, le réseau Balkan Stream, qui traverse la Bulgarie et la Serbie.

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