On le sait depuis plusieurs décennies, toutes les occasions sont bonnes à saisir pour la propagande anti-nucléaire. Et au fil du temps, certains écologistes se sont souvent vantés d’avoir trompé sciemment l’opinion et les décideurs politiques. Comme cette désinformation, il n’y a pas d’autre mot, est complaisamment relayée par des médias censés être de référence, elle aurait tort de se priver. On a ainsi eu droit tout au long de l’été et à chaque épisode de canicule à des articles et des reportages alarmants sur les difficultés du parc nucléaire français à faire face à la sécheresse et à la montée de température des cours d’eau pour refroidir ses réacteurs. On a aussi appris incidemment que le solaire a sauvé le système électrique… Il faut oser.
C’est de la désinformation pure et simple. Si certains réacteurs nucléaires ont dû être mis à l’arrêt, non pas en raison d’un manque d’eau mais parce que la réglementation les contraint à cesser de l’utiliser quand elle atteint 28 degrés Celsius dans certains cours d’eau et aussi du fait de la surproduction solaire en milieu de journée qui a priorité sur les réseaux comme tous les renouvelables intermittents. On peut y ajouter l’invasion de méduses qui a créé quelques complications pour le refroidissement de centrales de bord de mer.
Une propagande facile à débusquer, à condition de le vouloir
Mais tout cela est anecdotique et n’a eu en fait aucun impact sur le système électrique français. Pour la bonne et simple raison que la France produit en surabondance une électricité nucléaire qui est la plus décarbonée qui soit. A tel point que la France a continué à exporter de l’électricité à des niveaux records dans toute l’Europe, et notamment en Allemagne, notamment quand la nuit tombe et que le solaire disparait totalement de la circulation. Il sauve le système mais seulement le jour…
On mesure mieux encore le fait qu’il s’agit de propagande anti-nucléaire, que le moindre journaliste consciencieux pourrait débusquer en 5 minutes, quand on regarde la part des différentes sources de production dans le mix électrique de la France cet été. Entre le 1 juin et le 28 août (l’été météorologique s’étend du 1er juin au 31 août), selon les données d’ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity), le réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité, le nucléaire a assuré 69,4% de la production française (81.401 GWh), le solaire 11,3% (13.294 GWh), l’hydraulique 7,5% (8.786 GWh), l’éolien terrestre 5,3% (7.398 GWh), le gaz naturel 3,1% (3.631 GWh) et l’éolien marin 1,0% (1.152 GWh).
La puissance installée ne veut rien dire, ce qui compte, c’est le facteur de charge
Pour les défenseurs dogmatiques des renouvelables intermittents, le solaire et l’éolien ont assuré 18,6% de la production électrique du pays, soit 21.844 GWh. Cela représente 3,7 fois moins que le nucléaire qui a été confronté soi-disant à des difficultés… considérables et inquiétantes tandis que le solaire bénéficiait de la météorologie la plus favorable qui soit.
La comparaison est encore plus pertinente si on la mesure à partir des puissances installées, à savoir 63 GW pour le nucléaire, 32,4 GW pour le solaire et 26,1 GW pour l’éolien. Les renouvelables intermittents sont presque au niveau du nucléaire avec 58,5 GW et compte tenu de la politique énergétique absurde menée par le gouvernement Lecornu vont bientôt le dépasser. Ce qui ne sert à peu près à rien si ce n’est à augmenter la dépense publique (les subventions) et la facture des consommateurs.
Ce qui est pertinent est de comparer les facteurs de charge, pas le chiffre des capacités installées. Car le nucléaire, soi-disant confronté à tant de difficultés, a produit 69,4% de l’électricité du pays cet été et les renouvelables intermittents 18,6%. Et vous pouvez installer en dilapidant l’argent des Français des centaines de parcs éoliens et solaires supplémentaires, quand il n’y a pas de vent (notamment pendant les périodes de canicule) et pas de soleil (à la tombée de la nuit par exemple), ils ne produisent rien…
Une désinformation efficace
Pour conclure, on peut déjà remarquer que l’officine Quota Climat n’a pas eu la moindre réaction face à la désinformation sur le nucléaire. Financée généreusement notamment avec de l’argent public, elle s’est donnée pour mission de dénoncer la désinformation climatique en la confondant d’ailleurs allègrement avec le débat nécessaire et légitime sur la politique énergétique…
On peut ajouter que désinformation en matière d’énergie nucléaire est une arme efficace utilisée depuis des décennies. Cela a laissé des traces profondes dans l’opinion. Dans tous les sondages réalisés en France sur le nucléaire, s’il bénéficie aujourd’hui d’un soutien majoritaire, il reste victime de préjugés tenaces. On le mesure encore dans le dernier baromètre Orano sur les « Français et le nucléaire » publié en mars dernier. Une majorité des personnes interrogées « pensent toujours que le nucléaire émet du CO2 et contribue au dérèglement climatique » à 52%, et surtout à 69% chez les jeunes de 18 à 24 ans et à 65% chez les femmes. Les cibles manifestes de la propagande écologiste anti-nucléaire. Rappelons que le nucléaire est la source d’énergie permettant de produire l’électricité la plus décarbonée qui soit. Cela explique pourquoi la production d’électricité en France est l’une des plus décarbonée au monde, à plus de 95% l’an dernier. Une performance tellement passée sous silence par les politiques et les médias que la majorité des Français l’ignore…













