<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Les problèmes financiers de la Russie mettent Rosatom en difficulté

5 août 2026

Temps de lecture : 2 minutes
Photo : Siège Rosatom Moscou Wikimedia Commons
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Les problèmes financiers de la Russie mettent Rosatom en difficulté

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Le géant russe du nucléaire civil, victime des sanctions qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, n’arrive plus à financer la construction de réacteurs nucléaires prévus en Asie centrale au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Rosatom, qui est de loin le premier exportateur mondial de centrales nucléaires, pourrait se faire damer le pion par ses concurrents chinois et américains.

Les difficultés économiques et financières grandissantes de la Russie ont et auront des conséquences sur la construction par Rosatom de centrales nucléaires à l’étranger. Le premier exportateur mondial de réacteur nucléaires est de loin Rosatom. Le géant russe du nucléaire civil regroupe plus de 300 entreprises et organisations et emploie 250.000 personnes. Il détient 67% du marché de la construction des installations nucléaires dans le monde avec un portefeuille de commandes qui dépasse 133 milliards de dollars. Il construit en ce moment six réacteurs en Russie et sept à l’étranger (Biélorussie, Inde, Bangladesh et Turquie). Mais le groupe traverse d’importantes difficultés financières et ne parvient plus à financer ses projets.

Alexeï Likhachev, le patron de Rosatom, a annoncé que l’entreprise réduisait son programme d’investissement de près de 50% cette année en raison de « conditions économiques défavorables ». Alexei Likhachev a ajouté que Rosatom s’efforcerait de réduire ses coûts d’exploitation de 10% au cours des 18 prochains mois. « Nous avons immédiatement abandonné un certain nombre de projets ou reporté leur mise en œuvre à une date ultérieure, en nous fondant sur plusieurs critères, dont le principal est l’efficacité à l’horizon 2030, c’est-à-dire davantage de bénéfices et de revenus par rouble investi ».

Les investissements programmés au Kazakhstan et en Ouzbékistan sont en panne

Du coup, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan pourraient bientôt devoir revoir leurs projets de développement nucléaire. C’est Rosatom qui doit construire de nouvelles centrales nucléaires dans ses deux pays d’Asie centrale. Le Kazakhstan a attribué à Rosatom la construction de la première centrale nucléaire du pays sur les rives du lac Balkhach. Mais le projet est marqué par des retards et des différends, que de nombreux observateurs attribuent aux difficultés de Rosatom à obtenir des financements.

Rosatom a également signé un accord préliminaire avec l’Ouzbékistan pour la construction de petits réacteurs nucléaires modulables (SMR). Rosatom maîtrise la technologie de ses petits réacteurs et gère d’ailleurs une flotte de brise-glaces qui en sont équipés. Au début de l’année 2026, pour apaiser les inquiétudes ouzbèkes sur le financement des investissements, Rosatom a même proposé d’élargir l’accord et de créer un pôle nucléaire bien plus important en Ouzbékistan. Ce qui n’a pas vraiment permis d’effacer les doutes grandissants à Tachkent.

Les concurrents Chinois et Américains sont déjà dans la place

La menace aujourd’hui pour Rosatom est que le Kazakhstan et l’Ouzbékistan aillent chercher d’autres fournisseurs. Astana a déjà conclu un accord avec une entreprise chinoise pour la construction de deux centrales nucléaires dans le pays. Et les deux pays ont manifesté leur intérêt pour une collaboration avec les États-Unis en vue de construire des SMR.

Les problèmes de Rosatom sont évidemment la conséquence de la guerre menée depuis février 2022 par la Russie en Ukraine. Les sanctions internationales européennes et américaines pèsent particulièrement sur les activités de Rosatom. Le géant russe du nucléaire civil, qui a longtemps constitué une véritable « vache à lait » pour Moscou, parvient difficilement à se financer à l’étranger. Il n’est pas la seule grande entité énergétique russe à connaître de sérieux déboires. Le cours de l’action du géant du gaz Gazprom s’est effondré au cours des trois derniers mois, et la capitalisation boursière de l’entreprise ne s’élève plus qu’à 25 milliards de dollars.

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