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Olkiluoto EPR

Le réacteur nucléaire EPR finlandais, le prototype de la série, va enfin produire de l’électricité


Le premier réacteur nucléaire de troisième génération et de conception française dit EPR dont la fabrication a été lancée – c’était alors en 2005 – va enfin commencer à produire de l’électricité. L’opérateur du réacteur EPR de la centrale finlandaise d’Olkiluoto vient de demander à l’autorité de sûreté nucléaire du pays l’autorisation de faire diverger le réacteur.

Enfin, une bonne nouvelle pour un EPR, ce réacteur nucléaire dit de troisième génération de conception française. Celui d’Olkiluoto en Finlande, le véritable prototype dont la construction a été lancée… en 2005, va commencer enfin à produire de l’électricité.

Il y a en tout six EPR dans le monde, un en Finlande donc, un à Flamanville en France, deux au Royaume-Uni à Hinkley Point dont la construction a commencé il y a quelques années et deux en Chine à Taishan. Seuls les réacteurs chinois Taishan 1 et Taishan 2 sont aujourd’hui entrés en service respectivement en décembre 2018 et décembre 2019 dans une centrale qui se situe à 120 kilomètres au sud-ouest de Hong Kong. Leurs constructions ont été lancées en 2009 et 2010 après la Finlande et Flamanville (2007). Aujourd’hui, seulement l’un des deux réacteurs de Taishan est en activité. Taishan 1 a été arrêté au mois d’août dernier par son opérateur chinois CGN pour «une opération de maintenance» à la suite de dysfonctionnements. Il connait un problème d’étanchéité de quelques barres contenant le combustible et d’une accumulation de gaz rares radioactifs dans le circuit primaire (étanche).

Un chantier lancé… il y a 16 ans

Quant au réacteur d’Olkiluoto dont la construction menée par le consortium Areva-Siemens a été lancée il y a 16 ans, l’électricien finlandais TVO a annoncé le 8 décembre avoir demandé à l’autorité finlandaise de sûreté l’autorisation de lancer la réaction en chaîne…

TVO «a établi que le projet EPR OL3 a progressé plus rapidement que ce qui avait été communiqué précédemment», a indiqué le Finlandais dans un communiqué. Sur cette base, le groupe a expliqué avoir déposé une demande d’autorisation auprès de l’autorité finlandaise de sûreté nucléaire (STUK) afin de procéder à la divergence et effectuer des tests à faible puissance. «Une fois que STUK aura accordé l’autorisation (…) TVO communiquera ses effets potentiels sur le calendrier de démarrage de la production d’électricité», a également indiqué le groupe.

Une décennie de retards, de malfaçons et de surcoûts

Selon le dernier plan de marche annoncé en août par TVO, le démarrage du réacteur était attendu en janvier 2022, suivi par une première production d’électricité en février et une production régulière en juin. Avec une puissance de 1.650 mégawatts, l’EPR d’Olkiluoto doit fournir près de 15% de l’électricité finlandaise.

Dans le calendrier initial, l’EPR finlandais devait être mis en service en 2009 et se joindre alors aux deux réacteurs classiques existants à Olkiluoto. Mais le chantier a connu comme celui de Flamanville une multitude de retards, de malfaçons et de surcoûts qui s’est étendue sur plus d’une décennie et une modification, comme en France, du cahier des charges après l’accident de la centrale japonaise de Fukushima en 2011. Ces difficultés ont créé de fortes tensions entre l’opérateur finlandais TVO et Areva et n’ont pas été pour rien dans le démantèlement du groupe français partagé entre EDF et une nouvelle entité baptisée Orano. Areva n’a plus aujourd’hui qu’une seule activité, terminer le chantier d’Olkiluoto…

En théorie, les réacteurs les plus sûrs au monde

C’est EDF qui a repris le flambeau de l’EPR et n’a pas été plus performant, loin de là, sur le chantier de Flamanville qu’il mène depuis 2007. Cela n’a pas empêché Emmanuel Macron d’annoncer le mois dernier que la France allait lancer un nouveau programme de construction de centrales nucléaires pour remplacer une partie de son parc de réacteurs vieillissants et qu’il s’agirait d’une deuxième version de l’EPR baptisée… EPR2.

Les EPR sont en théorie les réacteurs les plus sûrs au monde. Fruit d’une collaboration franco-allemande qui remonte aux années 1990 après la catastrophe de Tchernobyl, ils ont été conçus pour offrir la plus grande sûreté possible. Ainsi, les principaux systèmes de sûreté ainsi que leurs systèmes support (alimentation électrique, circuit de refroidissement, contrôle-commande) comportent quatre voies indépendantes et géographiquement séparées. Des vannes de dépressurisation ultime du circuit primaire équipent le pressuriseur afin d’«éliminer pratiquement» le risque d’une fusion du cœur. Il existe même un récupérateur de corium qui permet de refroidir le cœur fondu en cas d’accident grave. Situé au fond du bâtiment du réacteur, il permet de recueillir et de refroidir le corium (mélange résultant de la fusion du combustible et des structures internes de la cuve).

La rédaction

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