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Quand la technologie nucléaire française mérite d’être saluée

Quand la technologie nucléaire française mérite d’être saluée


Même si les pertes de compétences et de savoir-faire de la filière nucléaire française sont indéniables et illustrées par les errements du chantier de l’EPR de Flamanville, elle a encore de beaux restes. Pour preuve, Orano vient de terminer en moins de quatre ans le démantèlement de la cuve du réacteur à eau bouillante de la centrale de Vermont Yankee aux Etats-Unis. Une prouesse technique à saluer pour terminer l’année 2022 sur une bonne note.

Il est souvent de bon ton de se lamenter sur la perte de savoir-faire français industriel. Cela concerne de nombreux domaines, mais, et surtout dans la période actuelle, plus particulièrement le nucléaire. Ainsi, que n’a-t-on pas entendu certains politiques expliquer que «nous avions perdu notre indépendance» en la matière, ou encore que «les compétences s’étaient perdues». Ce discours pas totalement dénué de fondement. Le manque d’ambition de la politique énergétique française a abouti depuis plusieurs années à une perte de certaines compétences, faute de renouvellement des équipes, faute d’investissements, faute de vision à long terme. Mais il convient tout de même de relativiser ces affirmations, plusieurs exemples peuvent nous inciter à un peu plus d’optimisme.

Les Etats-Unis confient à la France le démantèlement de leurs réacteurs à l’arrêt

Ainsi, Orano a achevé à la veille de Noël le démantèlement de la cuve du réacteur à eau bouillante (REB) de la centrale de Vermont Yankee aux Etats-Unis (voir la photographie ci-dessus). Cette nouvelle, peu reprise dans les médias grand public, bat en brèche un certain nombre de préjugés tenaces. Notre filière nucléaire française ne sait plus rien faire, mais les Etats-Unis lui confient le démantèlement de leurs réacteurs à l’arrêt. C’est aussi un argument qui revient souvent dans la bouche des anti-nucléaire : «on ne sait pas démanteler une centrale».

Les équipes d’Orano auront apporté un démenti cinglant en la matière. Après avoir été mandaté pour cette mission en 2017, et après deux ans d’études préalables, ils ont ainsi pu mener à bien ce chantier dans un temps record. Il y aura fallu moins de 4 années afin de finaliser la découpe de chacun des composants du cœur du réacteur, puis la découpe de la cuve elle-même (qui fait tout de même 20 mètresde hauteur), le conditionnement de l’ensemble des déchets irradiés et leur transfert vers le site de stockage dévolu. Cette prouesse industrielle et technologique permet de replacer Orano comme étant le leader mondial de ces activités, une filière d’excellence française employant plus de 2.000 personnes sur le territoire.

Recyclage des batteries lithium-ion, haute école de soudure

Mais 2022 aura été marquée par d’autres avancées dans le domaine de l’énergie prouvant que la France méritait toujours son leadership.

Nous pourrions citer, entre autres, l’arrivée de la première promotion d’étudiants à l’HEFAIS, la haute école de soudure, créée par EDF, Orano et Naval Group pour former sur le territoire français (à Cherbourg pour être précis) des soudeurs de très haut niveau pour les projets de constructions navale et nucléaires qui s’accumulent.

Mais aussi le développement du projet Batraw dans le domaine connexe du recyclage des batteries lithium-ionutilisées par la plupart des véhicules électriques. Celui-ci, porté par le même Orano, a pour but d’implanter au cœur du Limousin des capacités de recyclage de ces batteries. Ainsi, le pays réduit sa dépendance aux importations des métaux critiques (lithium, cobalt,…), tout en assurant l’excellence environnementale du transport électrique.

Si l’état industriel du pays reste un sujet de préoccupation légitime, en cette fin d’année, n’oublions pas que tout n’est pas motif à broyer du noir. Une bonne occasion de vous souhaiter une bonne année avec le cœur un peu plus léger je l’espère!

Philippe Thomazo

La rédaction

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