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VW ID.3

Le futur Pdg de Volkswagen n’est pas un ayatollah du véhicule électrique


En se jetant à corps perdu, sous la pression des gouvernements et des institutions européennes, dans la fabrication de gammes de véhicules électriques à batteries, au mépris des considérations économiques et de marchés, les constructeurs automobiles européens se sont-ils fourvoyés ? Le changement annoncé de Pdg à la tête du groupe Volkswagen semble le montrer. Le nouveau patron, Olivier Blume, qui dirige Porsche, ne sera pas comme son prédécesseur, Herbert Diess, obnubilé par une seule technologie. Volkswagen devrait aussi s’ouvrir à l’hydrogène, aux carburants synthétiques…

Au début du mois de septembre, le Pdg du groupe Volkswagen, Herbert Diess, quittera son poste qu’il occupe depuis quatre ans et laissera sa place au Pdg actuel de Porsche, Olivier Blume. Ce dernier pourrait même rester à la tête des deux entités. Il n’a pas encore décidé de quitter Porsche pour se consacrer à la maison mère. Olivier Blume a une mission précise, modifier la stratégie de Volkswagen qui sous l’impulsion de Herbert Diess a pris un virage résolu et exclusif vers les véhicules électriques.

Une nouvelle stratégie pas centrée uniquement sur les véhicules électriques à batteries

Il s’agit clairement pour Herbert Diess d’un désaveu même s’il a permis au constructeur allemand, un temps numéro un mondial, de sortir enfin du marasme dans lequel l’a plongé le Dieselgate. Volkswagen avait placé sur 11 millions de ces véhicules un logiciel qui permettait de fausser les émissions de gaz polluant des moteurs diesels lors des tests. Après la découverte de cette arnaque généralisée, sa stratégie a consisté à donner des gages aux défenseurs de l’environnement et à être plus vert que vert. Il a lancé, en recourant à un endettement colossal un plan d’investissement massif de plus de 30 milliards d’euros, pour créer une nouvelle gamme 100% électrique déjà constituée de trois modèles (et bientôt un quatrième avec l’ID Buzz) avec l’ambition affichée de devenir le numéro un mondial de cette technologie. Il a annoncé porter à 70% d’ici 2030 la part des voitures électriques à batteries dans ses ventes en Europe, et à 50% en Chine et aux Etats-Unis.

Ce qui ne va pas sans difficultés. Des lancements retardés et délicats (ID3) et des rapports compliqués à la fois avec les syndicats et les actionnaires. Selon un classement des entreprises les plus endettées au monde publié par le groupe financier Janus Henderson il y a deux ans. Il ressortait que la société la plus endettée au monde à la fin de l’année 2019 avec 192 milliards de dollars était Volkswagen…

Olivier Blume ne va évidemment pas modifier totalement la stratégie électrique. Mais il devrait la rendre moins rigide. Herbert Diess était un ayatollah du véhicule électrique à batteries et ne voulait pas entendre parler des hybrides, de l’hydrogène et encore moins des carburants synthétiques pour moteur thermique. Herbert Diess voulait faire de Wolkswagen un Tesla fabriquant dix fois plus de véhicules que le constructeur américain.

S’inspirer du modèle Toyota

Olivier Blume n’est pas un idéologue. Il a développé chez Porsche, à une échelle il est vrai limitée et pour une clientèle très aisée, des carburants synthétiques décarbonés (à base d’hydrogène et de dioxyde de carbone) pour continuer à faire rouler à l’avenir les bolides du constructeur de Stuttgart. Il compte, avec ses partenaires Siemens Energy et Exxon Mobil, augmenter rapidement la production jusqu’à atteindre une pleine cadence en 2026. Un test grandeur nature sera réalisé l’an prochain lors des 24 heures du Mans avec un véhicule utilisant ce carburant. Et cela donnera surtout l’occasion de faire une grande campagne de promotion des carburants synthétiques.

Porsche est aussi évidemment engagé dans l’électrique et vient de lancer avec succès la Taycan, une berline 100% électrique aux ventes supérieures à la mythique 911. À l’avenir, les Cayenne et Macan suivront. Pour lever des capitaux, Porsche se prépare aussi à rentrer en Bourse indépendamment. Tout cela montre que la stratégie du groupe Volkswagen pourrait devenir moins idéologique à l’image de celle de Toyota, engagé dans l’électrique à batteries, dans l’hydrogène, pionnier et leader de l’hybride et également intéressé par les motorisations thermiques à hydrogène.

 

La rédaction

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