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Turbine Arabelle Belfort

EDF doit annoncer le rachat des turbines pour réacteurs nucléaires de General Electric ex-Alstom


Emmanuel Macron devrait parvenir à effacer, avant son entrée officielle en campagne, la tache de la vente désastreuse en 2014, menée alors qu’il était ministre de l’Economie, des activités nucléaires d’Alstom à l’américain General Electric. EDF devrait débourser plusieurs centaines de millions d’euros pour récupérer la fabrication des turbines à vapeur Arabelle d’Alstom, les plus puissantes au monde. Coïncidence, dans l’agenda du Président de la République une visite est prévue le 10 février à Belfort sur le principal site de GE Steam Power…

EDF est devenu la variable d’ajustement de la politique énergétique du gouvernement et de la campagne électorale d’Emmanuel Macron. Après avoir encaissé une charge supplémentaire de 8 milliards d’euros cette année pour limiter la hausse des prix de l’électricité pour les particuliers et permettre au gouvernement de tenir sa promesse, l’électricien récupère maintenant les turbines nucléaires de General Electric (GE). Elles sont cédées pour une somme supérieure à un milliard d’euros dont EDF ne prendra directement à sa charge qu’une partie. Le reste provient d’avances sur contrat réglées par des clients que General Electric conservera. Un conseil d’administration d’EDF doit valider lundi 7 février l’opération.

Les turbines à vapeur Arabelle, les plus puissantes au monde

Cela fait des mois que des tractations ont été engagées sous la pression du gouvernement. Et il fallait que l’accord soit officiel avant la visite prévue le 10 février d’Emmanuel Macron à Belfort sur le principal site de GE Steam Power se trouve à Belfort. C’est là que sont fabriquées les célèbres turbines à vapeur Arabelle qui équipent notamment les centrales nucléaires françaises.

Elles sont les plus puissantes au monde. Elles produiront l’électricité des nouvelles centrales construites par EDF, comme les deux EPR d’Hinkley point au Royaume-Uni, mais aussi des projets menés par le russe Rosatom en Turquie, en Hongrie, en Bulgarie et en Egypte.

Sept ans après le rachat de la branche énergie d’Alstom par GE, orchestré par Emmanuel Macron en tant que Secrétaire général adjoint de l’Elysée (2012-2014) puis ministre de l’Economie (2014-2016), les activités nucléaires du groupe américain vont donc redevenir française. La reprise de GE Steam Power permettra ainsi d’effacer, au moins en partie, une opération qui a tourné au fiasco. GE n’a jamais tenu ses engagements en matière de technologie comme d’emplois. Au lieu de développer la société, il n’a cessé de tailler dans ses effectifs. En sept ans, le conglomérat américain a supprimé 5.000 postes en France dont 1.200 à Belfort.

La conversion soudaine et récente d’Emmanuel Macron au nucléaire

En se rendant à Belfort dans une usine redevenue française pour célébrer la reconquête industrielle, Emmanuel Macron aura surtout corrigé son erreur. Il pourra aussi réaffirmer sa très récente conversion à l’énergie nucléaire. Car depuis sept ans, outre la vente des activités nucléaires d’Alstom, il aura fermé en tant que Président de la République les deux réacteurs de Fessenheim en parfait état de marche et mis fin en catimini aux recherches avancées sur les réacteurs à neutrons rapides dits de quatrième génération. Il aura fallu la crise de l’énergie avec l’envolée des prix de l’électricité et la campagne électorale pour qu’il se découvre soudain une volonté de relancer la filière nucléaire française.

GE Steam Power compte aujourd’hui 9.000 salariés dans le monde dont environ 2.700 en France. L’Agence des participations de l’Etat (APE) a conservé un contrôle sur le destin de cette activité car elle possède une Golden Share (action préférentielle) dans la structure Geast, qui au sein de GE fabrique les turbines pour les centrales nucléaires. GE était d’autant plus ouvert à une négociation avec EDF que les activités nucléaires ne génèrent pas une rentabilité jugée suffisante, contrairement par exemple aux éoliennes. Il est vrai que la durée de vie des installations nucléaires et éoliennes, leur puissance et les investissements nécessaires n’ont rien de comparables.

La rédaction

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