Transitions & Energies

Nucléaire et CO2, le vrai du faux

Article paru dans le N°3 du magazine Transitions & Energies.

La France dans le top 10 de la transition… grâce au nucléaire

La France obtient un score flatteur et une huitième place mondiale dans l'indice de transition énergétique du World Economic Forum. Elle le doit notamment à une production d'électricité abondante, fiable et très peu émettrice de CO2 grâce au...

Le nucléaire et ses déchets, une machine à fantasmes

La solution de l’enfouissement dans une couche géologique protectrice n’était pas indispensable. La recherche de solutions pérennes doit être privilégiée. C’était le sens des travaux entrepris avec Phénix et Superphénix. S’il est une peur savamment...

Les articles de la catégorie Nucléaire

EDF et Veolia mettront des décennies à démanteler les six plus vieux réacteurs nucléaires français

EDF et Veolia, le numéro un mondial du nucléaire et le premier groupe de services à l’environnement, ont annoncé il y a quelques jours la création d’une coentreprise baptisée Graphitech. Elle aura pour objet unique de démanteler les plus vieux réacteurs nucléaires français dits au graphite. Ils ont été lancés entre 1956 et 1972 et ne sont plus en activité après avoir été arrêtés entre 1973 et 1994. Mais ils n’ont jamais été complètement démantelés. Il existe dans le monde une soixantaine de réacteurs nucléaires fonctionnant avec cette technologie. «La déconstruction des réacteurs graphite est complexe en raison de leur conception (empilement de couches de graphite à l’intérieur du réacteur) et du volume de matériaux à évacuer», expliquent EDF et Veolia. Ils ajoutent que Graphitech «aura en charge des développements technologiques et des études d’ingénierie, nécessaires à la préparation du démantèlement». Les travaux de démantèlement dans lesquels se lance Graphitech pourraient s’étaler jusqu’à la fin du siècle. La nouvelle société commencera par travailler sur la centrale de Chinon (Indre-et-Loire). Les trois réacteurs de Chinon faisaient partie, avec les deux tranches de Saint-Laurent-des-Eaux...

Les deux EPR de Taishan Chine

Nucléaire: les Chinois, eux, savent construire les EPR

La construction à Flamanville du réacteur nucléaire EPR de nouvelle génération a tourné au cauchemar. Au point de mettre aujourd’hui en péril toute la filière nucléaire française qui était pourtant considérée comme la meilleure au monde. Les travaux de l’EPR de Flamanville, lancés en 2007, devaient se terminer en 2012 pour un coût initial estimé à 3,3 milliards d’euros. La facture devrait dépasser 13 milliards et le démarrage du réacteur n’interviendra pas avant le début de l’année 2023! Mais si les erreurs et les malfaçons se sont multipliées à Flamanville, les EPR chinois ont été construits plus rapidement, à moindre coût, et apparemment bien mieux. Ce n’est donc pas une question de conception des EPR, mais de savoir-faire industriel, de soutien politique à la filière et d’une attitude dans les entreprises et les autorités qui ne consiste pas à chercher avant tout à se mettre à l’abri des critiques et des responsabilités. A Taishan, à 120 kilomètres au sud-ouest de Hong Kong, le premier EPR (Taishan1) a été mis en service en décembre 2018 et le deuxième, Taishan2, en septembre 2019. Ils ont été construits (voir la photographie ci-dessus) par le géant China General...

Flamanville Chantier EDF

Le plan d’EDF pour sauver l’industrie nucléaire

EDF a présenté la semaine dernière son plan pour permettre à la filière nucléaire française de retrouver une crédibilité industrielle et se remettre du désastre du chantier de l’EPR de Flamanville. Au même moment ou presque une bonne nouvelle pour le nucléaire est venue de Bruxelles. L’Union européenne a fini par reconnaître que cette source d’énergie contribue aux objectifs de neutralité carbone. Il faut dire que l’électricité nucléaire émet aussi peu de CO2 que les éoliennes et même bien moins que le solaire. Le plan d’EDF baptisé «excell,  pour excellence, a été rendu public seulement un peu plus d’un mois après la publication du rapport de Jean-Martin Folz soulignant la perte de savoir-faire de l’industrie nucléaire française et sa difficulté à construire de nouveaux réacteurs. Les travaux de l’EPR de nouvelle génération de Flamanville (voir la photo ci-dessus), lancés en 2007, devaient se terminer en 2012 pour un coût initial estimé à 3,3 milliards d’euros. La facture devrait dépasser 13 milliards et le démarrage du réacteur n’interviendra pas avant le début de l’année 2023 à la suite d’une incroyable série de malfaçons, de contrôles bâclés et même...

Parc éolien

Il faudra 3.000 éoliennes pour remplacer Fessenheim

La plus vieille centrale nucléaire française, Fessenheim, entrée en service en 1977, cessera de fonctionner en 2020. Ce qui ne sera pas sans poser quelques problèmes de capacités au réseau électrique. Fessenheim a produit 11,9 TWh en 2018. Comme le nouveau réacteur nucléaire EPR de Flamanville n’entrera pas en service avant 2023, pour remplacer Fessenheim il faudra d’abord compter sur les énergies renouvelables. Etant au contraire du nucléaire, des énergies peu intensives, il faudra installer beaucoup d »équipements, occuper beaucoup de terrains et utiliser beaucoup de turbines, d’acier et de béton. On peut se faire une idée de ce qu’il faudra comme éolienne à la place de Fessenheim avec le calcul suivant. Tout d’abord, les éoliennes comme toutes les énergies renouvelables sont intermittentes. Elles ne produisent pas tout le temps, il faut qu’il y ait du vent. L’an dernier, 27.800 gigawattheures (GWh) d’électricité ont été produits par les éoliennes en France. Le parc éolien français à une capacité de 15 GW. Le rapprochement de ces chiffres (la puissance théorique et la production) permet de voir que les éoliennes, évidemment, ne fonctionnent pas en...

Blackout en Amérique du nord en 2003

Le réseau électrique français sera fragilisé dans les années 2022 et 2023

Il ne faudrait pas que les hivers 2022 et 2023 soient très rigoureux en Europe et que par manque d’eau les barrages soient peu remplis, il pourrait y avoir alors des pénuries d’électricité. Le risque n’est pas considérable, mais il existe. Du fait du basculement de l’Allemagne vers les renouvelables (éolien et solaire), par définition intermittents, et d’une baisse des capacités de production en France. L’arrêt des centrales à charbon, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et les retards de l’EPR de Flamanville réduiront la capacité de production d’électricité en 2022 et 2023, a d’ores et déjà indiqué le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE). Celle-ci suffira normalement tout juste à couvrir la demande hivernale. RTE prévient que la sécurité de l’approvisionnement électrique de la France doit faire l’objet d’une «vigilance» en 2022-2023. Dans l’immédiat, pour l’hiver 2019-2020, l’approvisionnement en électricité «devrait être assuré». La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit cesser définitivement de fonctionner en 2020 et dans le même temps le gouvernement a...

Centrale nucléaire

Nucléaire, un autre sujet de discorde entre la France et l’Allemagne

Le modèle allemand de transition énergétique, l’Energiewende, qui a consisté depuis deux décennies à investir massivement dans les renouvelables (éolien et solaire) et à renoncer au nucléaire, n’est pas franchement une réussite. Les coûts de l’électricité se sont envolés et depuis dix ans l’Allemagne a toutes les peines du monde à réduire ses émissions de CO2, ce qui est normalement l’objectif principal de la transition. Tout simplement parce que quand il n’y a pas de vent ou de soleil, il faut bien de l’électricité et elle provient des centrales à charbon et au lignite qui émettent énormément de gaz à effet de serre. L’Allemagne qui émet du coup 22% du CO2 de l’Union Européenne, contre 9,3% à la France, s’est engagée à fermer ses centrales au charbon… en 2038 et à les remplacer par encore plus de renouvelables, ce qui n’est pas vraiment du goût des populations. Le modèle français, construit sur une part massive de la production d’électricité provenant du nucléaire (72% l’an dernier), est nettement plus performant en matière de CO2, mais s’attire les foudres allemandes et celles des écologistes. Classement...

Un brevet de la marine américaine sur un réacteur nucléaire à fusion

Le US Naval Air Warfare Center Aircraft Division (le Centre de la marine américaine sur la guerre aérienne) vient de déposer un brevet étonnant qui a des allures de science-fiction. Il s’agit d’une technologie qui permettrait, théoriquement, de fabriquer un réacteur nucléaire à fusion de petite taille. Il pourrait être installé dans des navires et leur fournir une énergie inépuisable. La fusion nucléaire est le graal des scientifiques et chercheurs. Il s’agit de la réaction atomique qui se produit au coeur des étoiles. En théorie, un réacteur à fusion serait capable de produire une énergie presque sans limite, propre et sans déchets. Toujours en théorie, deux grands réacteurs à fusion pourraient fournir en abondance toute l’énergie nécessaire à l’ensemble de la planète. Le principe de la fusion, comme son nom l’indique, consiste a fabriquer de l’énergie par la fusion de deux noyaux atomiques légers tandis que les réacteurs nucléaires actuels utilisent, eux, la fission, c’est-à-dire cassent un gros noyau atomique en plusieurs morceaux, ce qui génère également de l’énergie.
 Mais la fusion en produit beaucoup plus. Le problème, de taille, est qu’il est...

Flamanville Chantier EDF

Nucléaire: l’Etat demande à EDF de pouvoir construire six nouveaux EPR

Rien n’est définitif et encore moins officiel. Le gouvernement a tout de même adressé à EDF,  le 12 septembre, une lettre demandant d’évaluer l’état de la filière nucléaire et sa capacité à construire six nouveaux réacteurs EPR. Son contenu, rendu public par Le Monde, est minimisé. «Une hypothèse de travail» a immédiatement assuré le gouvernement… qui ne présage «en rien des décisions» à venir concernant le secteur. «Le gouvernement dément formellement la moindre décision en matière de construction de réacteurs nucléaires», affirme le ministère de la Transition écologique. En matière nucléaire, le gouvernement a peur de son ombre. Il a déjà décidé, en catimini, d’abandonner le projet de prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération dit à neutrons rapides baptisé Astrid (acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration). Cette prudence et cette difficulté à prendre des décisions et à communiquer s’expliquent notamment par la crainte qu’inspire l’énergie nucléaire dans l’opinion publique et par l’hostilité historique des écologistes à cette énergie, bien avant que se pose la question environnementale...

Centrale nucléaire

Des centrales nucléaires américaines vont produire de l’hydrogène sans carbone

Il s’agit du chainon manquant, à la fois pour l’électricité nucléaire et l’hydrogène. Comment utiliser de l’électricité décarbonée en surplus parce qu’il est difficile d’arrêter les centrales nucléaires et comment produire de grandes quantités d’hydrogène sans CO2 à des coûts pas trop élevés. Les Etats-Unis ont peut être trouvé la solution. Comme l’explique Energy Post, les centrales nucléaires sont aujourd’hui, aux Etats-Unis, sous la pression des renouvelables et du gaz naturel qui peuvent produire de l’électricité à moindre coût même si cela pose d’autres problèmes. Par exemple, l’intermittence des renouvelables et les gaz à effet de serre émis par les centrales au gaz. Mais comme il n’est pas question d’abandonner des dizaines d’années d’investissements et de renoncer à un savoir faire stratégique, le Département américain de l’énergie vient de lancer trois projets innovants pour améliorer à long terme la compétitivité des centrales nucléaires. Exactement la stratégie inverse du gouvernement français qui renonce à l’innovation comme le montre l’abandon du projet Astrid de réacteur de...

La France abandonne la quatrième génération de réacteurs nucléaires

L’avenir de l’énergie nucléaire vient encore de s’assombrir en France. Ce qui était il y a quelques années un des rares domaines industriels ou la technologie française était à la pointe s’enfonce dans les incertitudes et les renoncements. La faute au manque de courage des gouvernements successifs, incapables de décider d’une stratégie nucléaire de long terme, et des errements du chantier de l’EPR, réacteur de troisième génération, de Flamanville. Dernière très mauvaise nouvelle en date, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a décidé d’abandonner le projet de prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération dit à neutrons rapides baptisé Astrid (acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration). La France renonce ainsi de fait à être le numéro un mondial de la technologie nucléaire civile. En cause, selon Le Monde qui révèle cette décision, son coût trop élevé, de 5 à 10 milliards d’euros sur quelques décennies, et plus encore l’absence de soutien d’EDF et de volonté politique… Cette nouvelle génération de réacteurs refroidis au sodium devait utiliser pour fonctionner les...