<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Les émissions liées à la climatisation pourraient tripler dans le monde d’ici 2050

12 août 2026

Temps de lecture : 3 minutes
Photo : Air conditioners in Nis Wikimedia Commons
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Les émissions liées à la climatisation pourraient tripler dans le monde d’ici 2050

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De tous les phénomènes météorologiques extrêmes, les températures élevées sont les plus meurtrières. Généraliser la climatisation permettrait théoriquement d'éviter dans le monde environ 190.000 décès liés à la chaleur chaque année. Mais la réfrigération et les systèmes de refroidissement représentent 7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, une part qui pourrait doubler d’ici 2030 et tripler d'ici à 2050. Seules 40% des personnes dans le monde ayant besoin d’équipements de refroidissement pour faire face aux vagues de chaleur y ont accès. Il faudra donc à la fois continuer à développer la climatisation, il serait criminel de ne pas le faire, mais également les technologies dites de rafraichissement passifs pour tenter de limiter l’impact des vagues de chaleur sur les populations et… les émissions.

La climatisation est devenue aujourd’hui un enjeu politique et même géopolitique tandis que la hausse des températures pèse de plus en plus sur la santé des populations. Les systèmes de climatisation sont de plus en plus considérés comme des « infrastructures essentielles » pour faire face aux vagues de chaleur estivales qui se traduisent mécaniquement par une augmentation de la mortalité. Mais si la climatisation sauve indéniablement des vies, elle contribue aussi au réchauffement climatique via ses émissions de gaz à effet de serre. La réfrigération et la climatisation sont responsables de 7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2030 et tripler d’ici 2050 selon l’Agence internationale de l’énergie. Il s’agit d’un véritable dilemme.

Car, « de tous les phénomènes météorologiques extrêmes, les températures élevées sont, et de loin, les plus meurtrières », soulignait récemment The Economist. Le magazine s’appuie notamment sur une étude publiée dans la revue médicale The Lancet. Elle a calculé selon un modèle théorique qu’entre 2000 et 2019, près d’un demi-million de personnes dans le monde sont décédées chaque année du fait de la chaleur. La plupart étaient des personnes âgées. Face à ce danger immédiat, la climatisation constitue la seule solution et permettrait théoriquement en la généralisant d’éviter environ 190.000 décès par an.

La climatisation sauve des vies, mais a des limites techniques et économiques

« Bien que plus de 80% de la population mondiale soit régulièrement exposée à des chaleurs nécessitant un refroidissement, seules 40% de ces personnes ont accès à la climatisation », écrit The Economist. « La climatisation sauve des vies et restera essentielle en période de chaleur extrême », explique Mat Santamouris, professeur d’architecture à l’UNSW Sydney. « Mais la climatisation ne saurait être la solution miracle face au changement climatique. Si chaque bâtiment dépend entièrement de systèmes de refroidissement mécaniques, nous exerçons une pression énorme sur les réseaux électriques tout en rejetant encore plus de chaleur dans nos villes », ajoute-t-il.

L’accès à la climatisation est aussi une source majeure d’inégalités. La plupart des pays pauvres se situent dans des régions au climat chaud et sont confrontés à des obstacles majeurs pour accéder à la climatisation. Ces pays manquent des capitaux nécessaires pour moderniser leurs réseaux électriques et accroître leurs capacités de production pour soutenir une généralisation de la climatisation. En outre, les populations n’ont souvent pas les moyens d’acheter des appareils.

Utiliser aussi les technologies de rafraichissement

Toujours selon The Economist, les ménages les plus pauvres consacrent jusqu’à 8% de leurs revenus au refroidissement, contre une moyenne mondiale comprise entre 0,2% et 2,5% pour les foyers plus aisés. « Les ménages pauvres subissent également une double peine en matière d’efficacité énergétique… Les appareils les moins chers sont les plus énergivores, et ils sont utilisés à plein régime dans des logements mal isolés et sujets aux déperditions thermiques. »

Il est criminel de renoncer à la climatisation devenue essentielle au bien-être humain. Mais il faut aussi impérativement utiliser d’autres technologies et moyens de rafraichissement. C’est ce que propose une étude publiée dans la revue scientifique Nature Reviews Clean Energy. Elle mérite qu’on s’y intéresse, même si ses conclusions sont à prendre avec beaucoup de précautions, les technologies de refroidissement passif pourraient réduire la demande en climatisation jusqu’à 80% et abaisser les températures ambiantes de plus de 4 °C, ses technologies méritent qu’on s’y intéresse. Il s’agit notamment du refroidissement par ventilation et de la maîtrise des apports solaires. Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de politiques favorisant le développement et le déploiement du refroidissement passif, afin de réduire la dépendance à la climatisation.

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La rédaction

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