<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Les vagues de chaleur deviennent un vrai problème économique pour l’Europe et plus particulièrement pour la France

27 juillet 2026

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Photo : Incendie 2026 forêt Fontainebleau Wikimedia Commons
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Les vagues de chaleur deviennent un vrai problème économique pour l’Europe et plus particulièrement pour la France

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La Commission européenne estime que les Etats membre de l’Union Européenne (UE) devront dépenser 70 milliards d’euros par an pour faire face aux conséquences économiques des chaleurs extrêmes qui vont se multiplier. Et ce n’est rien par rapport aux calculs réalisés par Allianz, le premier assureur européen, dans une étude très récente sur « Les coûts économiques de la chaleur extrême ». Il en ressort que la France est le pays de l’UE le plus affecté par les vagues de chaleur avec des pertes évaluées à 240 milliards de dollars d’ici 2030 nettement supérieures aux 131 milliards de l’Allemagne et même à celles de pays du sud de l’Europe, plus exposés en théorie à la chaleur, comme l’Italie (147 milliards de dollars) ou l’Espagne (120 milliards de dollars). Allianz estime que la France sera aussi le pays européen le plus affecté sur le plan budgétaire avec un impact sur son déficit déjà considérable « de 2,2 % supplémentaires du PIB sur la période 2025-2030 ». Pour Allianz le problème principal de l’Europe est que : « la politique d'adaptation à la chaleur est principalement conçue pour compenser les pertes plutôt que pour les prévenir ».

L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde et cela pèse de plus en plus lourdement sur ses perspectives économiques. Il est plus que temps d’en prendre conscience. En Europe, les températures augmentent à un rythme environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale et il n’est plus possible de se permettre d’ignorer les répercussions économiques de l’accélération du réchauffement climatique. Les gouvernements devront investir des milliards d’euros dans les années à venir pour protéger les citoyens contre des vagues de chaleur de plus en plus dangereuses, qui réduisent déjà la productivité, nuisent à l’industrie et évidemment causent un nombre important de décès.

La Commission européenne a estimé cette année que les États membres de l’Union Européenne (UE) devront consacrer près de 70 milliards d’euros par an, jusqu’en 2050, pour s’adapter aux conséquences de la hausse des températures dont « environ 30 milliards d’euros sont nécessaires pour les infrastructures, 21 milliards pour les écosystèmes et 12 milliards pour la sécurité alimentaire ». Mais ce n’est rien à côté de l’importante étude publiée il y a deux mois par Allianz, le plus grand assureur d’Europe. Elle est intitulée : « Too hot to grow, The economic costs of extreme heat » (Trop chaud pour croître, Les coûts économiques de la chaleur extrême).

L’étude d’Allianz peut se résumer en cinq points

«-La chaleur extrême s’impose comme un risque économique structurel, auquel l’Europe est fortement exposée.

-La transmission économique du stress thermique est non linéaire, avec un seuil critique autour de 30°C au-delà de laquelle les pertes de productivité s’intensifient fortement.

-Les conséquences budgétaires pèsent le plus lourdement sur les économies les moins à même de les absorber.

-Les pertes assurées ne représentent qu’une faible fraction des dommages totaux, reflétant un décalage structurel entre ce que la chaleur détruit et ce que l’assurance traditionnelle a été conçue pour couvrir.

-En Europe, la politique d’adaptation à la chaleur est principalement conçue pour compenser les pertes plutôt que pour les prévenir

La méthode suivie par Allianz est la suivante : « pour évaluer les enjeux macroéconomiques, nous élaborons un scénario de stress dans lequel les cinq années les plus chaudes observées dans chaque pays entre 2014 et 2024 se reproduisent par ordre croissant sur la période 2026-2030 : la cinquième année la plus chaude en 2026, la quatrième en 2027, et ainsi de suite, pour aboutir en 2030 à l’année la plus chaude jamais enregistrée dans le pays ».

La France, de loin l’économie la plus exposée de l’UE

Il en ressort que l’Allemagne, première économie de l’UE, s’expose à des pertes économiques d’environ 131 milliards de dollars d’ici à 2030. Mais pour la France, l’économie la plus exposée de l’UE, ce montant s’élève à 240 milliards de dollars ! Il est sensiblement supérieur à des pays du sud de l’Europe, plus exposés en théorie à la chaleur, comme l’Italie (147 milliards de dollars) ou l’Espagne (120 milliards de dollars).

Allianz considère que sur le plan budgétaire, la France sera aussi le pays le plus affecté de l’Union Européenne et de la zone euro. « La France est le cas le plus exposé. Le stress thermique pourrait aggraver le déficit budgétaire prévu — déjà élevé, à -4,9 % (moyenne 2025-2030) — de 2,2 % supplémentaires du PIB. »

Les chiffres d’Allianz, qui reposent sur des extrapolations du coût estimé des vagues de chaleur entre 2014 et 2024, ont même surpris les économistes chargés de l’analyse, explique Hazem Krichene, économiste principal spécialiste du climat chez Allianz, dans un entretien accordé à l’agence Bloomberg. Ils s’attendaient à un impact économique, mais M. Krichene précise que son équipe et lui « ne s’attendaient pas à ce qu’il soit aussi considérable ».

Baisse de la capacité de production

Ils expliquent cela notamment par le fait qu’en Europe, les logements et les infrastructures sont principalement conçus pour protéger du froid. Et pour qu’il soient désormais capables, quelques mois par an, de résister également à des chaleurs extrêmes, cela demande des investissements considérables et même de repenser en partie l’organisation des grandes agglomérations et du travail. « En deux ou trois décennies, on assiste à ce changement très rapide » des températures, explique Hazem Krichene. « Et l’on se retrouve avec des infrastructures urbaines qui ne sont pas très bien adaptées à la chaleur. »

Selon l’étude d’Allianz, la chaleur engendre une boucle de rétroaction dans laquelle les rendements attendus du capital diminuent, les investissements chutent et la capacité de production se réduit. Cette situation débouche sur un environnement de stagflation, susceptible de devenir rapidement un cauchemar pour les décideurs politiques qui s’efforcent de préserver la stabilité des économies européennes.

Les pays du nord épargnés

Une partie du défi en Europe réside dans le fait que les pays du nord, au climat plus froid, connaîtront des trajectoires économiques plus favorables à mesure que les températures augmenteront, tandis que les plus grandes économies de la région — l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne — risquent de subir des revers économiques significatifs. Au sein de la zone euro, qui s’étend de la Finlande à la Grèce, cette situation pose un dilemme « aigu » pour la Banque centrale européenne (BCE), indique l’étude.

La BCE a de son côté déjà publié des estimations indiquant que les vagues de chaleur et la sécheresse pourraient faire grimper l’inflation alimentaire de quelque 0,4 à 0,9 point de pourcentage, un effet susceptible de doubler au cours des trente prochaines années. Par ailleurs, une analyse portant sur l’été 2025, co-rédigée par la BCE, révèle que l’économie européenne a perdu 0,3% de sa production, un chiffre qui pourrait atteindre un total cumulé de 0,8% d’ici à 2029.

Le coût de l’inaction ne se limite évidemment pas seulement à l’aspect économique. Depuis le début de l’été 2026, les vagues de chaleur successives auraient déjà fait plus de 13.000 morts en Europe, selon différentes estimations publiées par les autorités nationales.

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