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Barils de pétrole wikimedia commons

Les prix du pétrole ne sont pas prêts de baisser durablement


La banque américaine Goldman Sachs ne voit pas pourquoi, même avec un ralentissement sensible de la croissance mondiale, les prix du pétrole brut et des produits raffinés, notamment gazole et essence, pourraient baisser durablement. Pour elle, le problème est structurel. Le manque d’investissements depuis des années.

Pour la banque américaine Goldman Sachs, et même si les cours du baril sont redescendus depuis quelques jours autour de 110 dollars, il y a toutes les raisons de croire à une poursuite de la hausse des prix du pétrole brut et des produits raffinés. C’est en tout cas ce qu’a déclaré au début de la semaine Jeffrey Currie, responsable mondial de la recherche sur les matières premières de Goldman Sachs, sur la chaîne de télévision CNBC.

«La seule façon de résoudre le problème est d’augmenter les investissements»

Il ne semble pas non plus considérer, comme l’Agence internationale de l’énergie, que la perspective d’un ralentissement sensible de l’économie mondiale et d’une récession aux Etats-Unis et en Europe puisse peser suffisamment sur la demande de pétrole pour faire baisser les cours. Pour lui, la principale raison de la hausse des prix des hydrocarbures est une raison de fond, structurelle, à savoir le sous-investissement chronique dans ce secteur depuis plusieurs années. Il conduit à l’incapacité de l’offre de pétrole brut comme de produits raffinés, gazole ou essence, de faire face à l’augmentation de la demande. Et Jeffrey Currie ajoute que cette situation ne changera pas rapidement car les investisseurs continuent, notamment sous la pression politique et celle de l’opinion, de quitter ou délaisser le secteur sans mesurer les conséquences que cela a sur l’ensemble des économies.

«En fin de compte, rappelez-vous, la seule façon de résoudre ces problèmes est d’augmenter les investissements. Donc nous nous en tenons à nos prévisions d’une augmentation des prix du pétrole jusqu’à 140 dollars le baril» a déclaré Jeffrey Currie. Un autre facteur joue en faveur de l’augmentation des cours du baril, le fait que le pétrole pourrait être un des substituts au gaz naturel en Europe (avec le charbon), qui se débat avec un approvisionnement russe considérablement réduit par les sanctions prises contre Moscou et les mesures de rétorsion.

Le G7 vit dans un monde de fantaisies

Et pendant ce temps-là… les gouvernements des pays du G7 vivent dans un monde de fantaisies. Réunis en Allemagne il y a quelques jours, ils ont évoqué un possible plafonnement du prix du pétrole qui serait exercé, selon la version américaine de cette proposition, par les pays acheteurs. Ils refuseraient d’acheter au-delà d’un certain prix… Difficile à imaginer quand le marché est aussi tendu.

Et la France a encore trouvé mieux! «Ce qui serait pour nous beaucoup plus puissant, c’est qu’on mette un prix maximum au pétrole qui vienne de tous les pays producteurs», a annoncé l’Élysée. Donc il faudrait se mettre d’accord avec les pays de l’Opep+ sur un plafonnement des cours! L’objectif indirect serait ainsi d’encourager une augmentation de la production du pétrole par ces pays pour augmenter leurs revenus et compenser le plafonnement des prix. Comme s’ils allaient accepter une telle situation et comme si la France allait imposer un plafonnement du prix du pétrole aux pays de l’Opep+…  Il faut parfois être sérieux.

La rédaction

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