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L’Opep+ annonce une petite augmentation de sa production de pétrole


En apparence, les pays producteurs de pétrole réunis au sein du cartel Opep+ ont fini par céder aux pressions des pays importateurs et notamment des Etats-Unis et de l’Europe. Mais si une augmentation de production est bien annoncée, elle est avant tout symbolique et aura peu d’impact sur les cours. L’Arabie Saoudite a réussi le tour de force de satisfaire, un peu, Washington, sans mécontenter Moscou.

Les pressions exercées notamment par les Etats-Unis ont fini par avoir un impact. Le cartel des pays producteurs de pétrole Opep+ va augmenter sa production un peu plus vite que prévu pour compenser, en partie, le recul des exportations russes.  L’Opep+ a ainsi finalement accepté de faire ce qu’il se refuse depuis des mois, relâcher un peu de pression sur le marché pétrolier tandis que les cours du baril sont toujours à des niveaux très élevés et ont augmenté d’environ 50% depuis le début de l’année. Mais le geste annoncé d’augmentation de la production ne permettra sans doute pas de faire baisser les prix.

Un tour de force diplomatique

Le cartel de 13 pays exportateurs de brut mené par l’Arabie Saoudite, l’Opep, est allié depuis 2016 à dix autres Etats producteurs menés par la Russie, devenu depuis ainsi l’Opep+. Il va augmenter sa production de 648.000 barils par jour en juillet, et encore du même montant en août. C’est un peu plus que la hausse de 432.000 par mois prévue dans leur accord jusqu’à présent. Le surcroit de production proviendra de trois pays ayant encore des capacités inutilisées, à savoir l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Irak.

L’annonce est intervenue jeudi 2 juin à l’issue d’une courte réunion par visioconférence des 23 pays alliés, qui représentent ensemble un peu moins de la moitié de l’offre mondiale de pétrole. Le quota de production total de l’Opep+ est pour juillet de 43,206 millions de barils par jour dont 10,833 millions pour l’Arabie Saoudite et le même chiffre la Russie. La consommation mondiale devrait être de l’ordre de 99 millions de barils par jour en moyenne en 2022.

L’Arabie saoudite a ainsi réussi un tour de force diplomatique: contenter à la fois les Etats-Unis et la Russie. Comme le souligne le Wall Street Journal, le grand vainqueur de cet accord, ce ne sont pas les consommateurs de carburants, qui vont continuer à payer des prix très élevés à la pompe, mais l’Arabie Saoudite. Riyad montre clairement avoir repris le contrôle de l’Opep+ et va également au passage augmenter ses recettes au cours des prochains mois.

Une augmentation de production très limitée

Washington, le G7 et l’ensemble des grands pays consommateurs de brut appelaient l’Opep à ouvrir les vannes depuis plusieurs mois, afin de limiter la flambée des cours de l’or noir devenue une menace pour l’économie mondiale. La Maison-Blanche a ainsi immédiatement «salué» la décision insistant sur «le rôle de l’Arabie saoudite» pour l’obtenir. Le président américain Joe Biden doit effectuer une visite ce mois-ci à Ryad et dans le golfe persique.

En apparence, la décision est en revanche une mauvaise nouvelle pour Moscou contraint déjà depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février de réduire sa production et ses exportations. Faute d’acheteurs, la Russie produisait en avril 9,3 millions de barils par jour, plus d’un million de moins que ce qu’elle était autorisée à produire dans le cadre de son accord avec l’Opep+ (10,44 millions de barils par jour). Et cette situation ne peut que s’aggraver après la décision européenne de se passer de 90% du pétrole russe acheté d’ici le début de l’année prochaine.

Mais ce que la Russie perd en volume, elle peut espérer le récupérer en partie sur les prix car l’augmentation de production annoncée est des plus limitée. Les capacités de production inutilisées de l’alliance sont loin d’être toutes mobilisées car elles sont évaluées à quelque 3 millions de barils par jour.  Illustration, le baril de brent progressait de plus de 1% jeudi à près de 118 dollars après l’annonce du cartel.

La rédaction

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