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Il y aura probablement encore des voitures thermiques sur les routes en 2100

Moteur V12 d'une Ferrari 250 Testa Rossa Wikimedia Commons

Dans les prochaines décennies, le véhicule électrique, à batteries et à hydrogène, deviendra progressivement majoritaire dans les ventes neuves. Mais il faut mesurer l’ampleur des transformations à venir, la quantité de véhicules en circulation dans le monde et le coût et le temps incompressible de mise en place des nouvelles infrastructures.

L’accélération de la commercialisation des véhicules électriques dans le monde est une réalité indéniable. Ce n’est sans doute que le début de l’ère de la voiture électrique. Et cela même si aujourd’hui pour convaincre les acheteurs, les subventions et les aides sont indispensables partout dans le monde.

Mesurer l’échelle des transformations à faire

L’utilisation d’un véhicule électrique à batteries présente toujours de sérieux inconvénients par rapport au véhicule thermique notamment des usages plus limités, la problématique de l’accès aux infrastructures de recharge et des coûts à l’achat plus élevés, même si l’écart se réduit. Les nier n’y change rien.

Conséquence, pour convaincre les acheteurs les Etats doivent mettre la main à la poche et cela partout dans le monde. Les ventes de voitures électriques n’ont décollé en France et en Allemagne qu’avec des subventions importantes et cela était le cas auparavant aussi bien en Chine qu’en Norvège.

A terme, les progrès des batteries en terme de rapidité de recharge et d’autonomie peuvent changer progressivement la donne. Et plus encore, le développement de véhicules électriques à hydrogène et à pile à combustible qui ne présentent plus les contraintes d’usage des véhicules à batteries. Mais la transition entre électrique et thermique ne se fera pas d’un claquement de doigts, ni même en quelques années. Une fois encore, comme dans toutes les questions de la transition, il faut prendre la mesure de l’échelle des transformations à mener à l’échelle planétaire. Cela signifie que les véhicules thermiques ne sont pas prêts de disparaître des routes en dépit des rêves et des incantations des adversaires historiques de l’automobile et du fait aussi de l’attachement des automobilistes à la liberté individuelle de déplacement qu’elle permet.

En 2030, encore 87% des voitures neuves commercialisées auront un moteur thermique

Une étude récente du cabinet américain d’études de marché IHS Markit estime que les voitures thermiques seront encore très significativement présentes sur les routes en 2050. Sur les 1,9 milliard de voitures en circulation à l’horizon 2050, elle prévoit que deux tiers d’entre elles seront encore des voitures thermiques. Deux tiers, soit environ 1,27 milliard de voitures à combustion dans 30 ans!

Selon IHS Markit, en 2030 pas moins de 87% des voitures neuves commercialisées posséderont encore d’une façon ou d’une autre un moteur à combustion interne. Les véhicules 100% électriques ne représenteront alors que 13% du marché. Stéphanie Brinley, analyste spécialiste de l’automobile de IHS Markit, explique que l’industrie automobile s’inscrit forcément dans le temps long. Produire des modèles compétitifs et avoir une stratégie cohérente est aussi important qu’avoir des ventes initiales importantes. «C’est un combat au début pour que les consommateurs pensent différemment au sujet des voitures. Il est moins important de vendre 100.000 véhicules électriques rapidement que de construire un vrai modèle économique», souligne-t-elle.

Même si les moteurs thermiques commencent à arriver au bout de leur optimisation et que ce sont les carburants qui devront évoluer, ces motorisations ont encore un avenir. Cela tient notamment à l’inertie du système de transport et aux questions de coûts et d’infrastructures.

Cela ne signifie pas que la part de marché des véhicules électriques ne va cesser de grandir. Toujours selon l’enquête d’IHS Markit, pas moins de 50% des voitures neuves vendues dans le monde en 2050 seront électriques. Cette proportion pourrait même monter à 80% en Europe.

Le marché africain connaîtra la plus forte croissance

Mais les marchés automobiles qui connaîtront le plus grand développement dans les prochaines décennies se trouvent avant tout sur le continent africain et dans une moindre mesure en Asie et en Amérique latine.

Il y a de très fortes chances qu’en 2050, le parc automobile africain soit constitué par une part écrasante d’anciennes voitures diesel provenant d’Europe. Et quand on mesure les difficultés existant aujourd’hui pour construire et alimenter des réseaux de bornes électriques puissantes dans le monde, il est presque certain que des voitures thermiques pures seront encore en usage jusqu’à la fin du siècle. Il s’agit, selon IHS Markit, du scénario le plus probable s’il n’y a pas de rupture technologique majeure dans le domaine de la voiture électrique dans les prochaines décennies.

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