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Le nombre de voitures électriques et hybrides vendues neuves l’an dernier a doublé

Les modeles Tesla

Le marché automobile français a connu une année 2020 très particulière. Un effondrement de 25,5% des ventes de véhicules particuliers neufs lié à la pandémie et un doublement, dans le même temps, du nombre de voitures électriques et hybrides commercialisées neuves. On peut parler à la fois de l’électrification en marche du véhicule individuel, nettement corrélée aux aides et subventions à l’achat, et en même temps d’une grande prudence des Français. Car le marché de l’occasion n’a quasiment pas baissé en volume l’an dernier.

La part des voitures hybrides et électriques neuves vendues en France en 2020 a quasiment triplé l’année dernière par rapport à 2019. Elle a atteint pas moins de 21,5% des immatriculations totales, selon des chiffres officiels publiés le 1er janvier. Les «pures» électriques ont représenté 6,7% des immatriculations de voitures particulières neuves, contre 1,9% un an plus tôt. Les hybrides ont pris 14,8% du marché contre 5,7% en 2019, un peu moins d’un tiers d’entre-elles étant rechargeables.

Les marchés du neuf et de l’occasion n’ont rien à voir

Mais il faut faire attention aux pourcentages dans un marché automobile français du neuf qui a fortement baissé l’an dernier du fait notamment de la crise sanitaire (-25,5%). Il ne s’est vendu en tout l’an dernier en France que 1.650.082 véhicules particuliers, un niveau comparable à celui de 1975… Sachant en plus que sur ce total, il y a eu seulement 55% d’acheteurs particuliers en direct. Le reste provenant des flottes d’entreprises et de collectivités et des loueurs. Ce n’est pas du tout le cas pour le marché de l’occasion qui a bien mieux résisté avec 5.570.297 immatriculations, soit une baisse insignifiante par rapport à 2019 (5.575.994 immatriculations). Et illustration d’une France de l’automobile très divisée socialement, les immatriculations de véhicules de 5 ans et plus ont représenté 63,4%.

En tout cas pour le neuf, les chiffres de l’électrification restent bons mais moins spectaculaires en valeur absolue. Les immatriculations d’hybrides ont atteint 243.666 unités, un peu moins du double des 125.436 de 2019. Et pour les 100% électriques, la barre des 100.000 unités annuelles a été franchie, avec près de 110.913 nouvelles voitures contre près de 42.764 en 2019. On arrive à un total de 354.579 contre 168.200 en 2019. On peut en tout cas parler d’une révolution presque sans précédent pour l’automobile, notamment parce qu’elle se produit rapidement et plus encore parce qu’elle n’est pas dictée par les consommateurs ni les constructeurs, mais les gouvernements.

L’engouement pour les modèles électrifiés s’est effectué notamment aux dépens des motorisations essence, et c’est une surprise. Ces dernières qui représentaient 57,9% des immatriculations en 2019 sont revenues à 46,9% en 2020, restant néanmoins la catégorie privilégiée des nouveaux acheteurs.

Le rôle majeur des aides gouvernementales et du plan de soutien à la filière

Parallèlement, et cette fois-ci sans surprise compte des interdictions de circulation annoncées dans plusieurs métropoles dans les prochaines années, les ventes de voitures particulières diesel ont continué de baisser, à 30,6% des mises en circulation contre 34,1% en 2019. C’est même leur résistance qui peut être un sujet d’étonnement. Depuis 2015 et le scandale du «dieselgate», cette motorisation favorisée fiscalement par les pouvoirs publics pendant des décennies et plébiscitée par les automobilistes français ne cesse de perdre du terrain.

En revanche, les motorisations hybrides et plus encore électriques ont bénéficié d’importantes aides gouvernementales à l’achat mises en place en juin par un plan de soutien à la filière automobile. C’est une loi universelle, les voitures électriques ne prennent dans le monde des parts de marché importantes que dans les pays où les subventions et les aides à l’achat sont massives. C’est le cas aussi bien en Chine qu’en Norvège, en Allemagne et en France. Et quand les aides sont supprimées, comme au Danemark et à Hongkong, les ventes s’effondrent… Autre illustration, l’Europe de la voiture électrique est aujourd’hui à deux vitesses. Celle des pays où les subventions à l’achat sont fortes, notamment au nord et à l’ouest, et les ventes augmentent rapidement et celle où les subventions sont faibles, à l’est et au sud, et les parts de marché tout aussi faibles.

Il faut ajouter également que la pression des constructeurs en faveur de l’électrique a été commercialement très forte l’an dernier. Il faut qu’ils sont eux-mêmes incités par la Commission européenne à vendre des véhicules les moins émetteurs de CO2 afin de respecter les normes et de ne pas à avoir à payer de lourdes amendes. Conséquence logique, les émissions de CO2 des voitures neuves vendues ont légèrement baissé en 2020, de 93 à 91 grammes/km.

Les prévisions de vente d’automobiles pour cette année existent, mais n’ont pas une grande signification tant elles dépendent de l’évolution sanitaire et de la capacité de l’économie à rebondir. Deux données qui restent en partie inconnues. Lors du premier confinement, les constructeurs imaginaient un effondrement de 30 à 40% du marché. Certains cabinets spécialisés prévoient aujourd’hui une reprise des ventes neuves de 10 à 15% cette année…

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