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Tesla n’est plus le numéro un mondial de la voiture électrique

Tesla n’est plus le numéro un mondial de la voiture électrique


Le constructeur américain a révolutionné le marché mondial de la voiture électrique qu’il domine en terme de ventes depuis de longs mois. Mais il est confronté aujourd’hui à des problèmes récurrents de production, aux Etats-Unis, en Europe et en Chine, faute de composants, et à une concurrence chinoise de plus en plus forte. Au cours des six premiers mois de l’année, le numéro un mondial de la voiture électrique a été le constructeur chinois BYD.

Après y avoir échappé pendant longtemps, Tesla est désormais pris dans la crise des composants qui frappe l’ensemble de l’industrie automobile. Cela tombe mal. La demande est là, mais les Gigafactories du constructeur n’arrivent pas à suivre et plus grave encore, son usine de Shanghai a été fermée pendant deux mois pour cause de confinement. Résultat, au cours des six premiers mois de l’année, Tesla a vendu un peu moins de 564.000 véhicules et le constructeur chinois de voitures électriques BYD, 641.000. BYD, qui compte parmi ses actionnaires Berkshire Hathaway, le fonds de Warren Buffett, a vu ses ventes augmenter de 300% en un an.

Un recul de près de 50% à Wall Street depuis le début de l’année

Et en plus, Tesla perd beaucoup d’argent au point que cela inquiète même son patron Elon Musk qui a annoncé un plan de réduction de 10% du personnel. C’est une entreprise qui fait peu de cas de ses salariés et cela pourrait finir par lui coûter cher. Wall Street aussi manifeste des craintes. L’action Tesla, l’une des plus spéculatives depuis de nombreuses années, a perdu pas moins de 46% de sa valeur au cours des six premiers mois de l’année.

Tesla n’est évidemment pas au bord de la faillite, loin de là. Mais les problèmes d’approvisionnement sont tels que les Gigafactories ont toutes les difficultés à produire. Et quand elles y parviennent, elles ont des problèmes de qualité à l’image des Model 3 et Y vendus et fabriqués en Allemagne depuis le début de l’année qui vont vraisemblablement faire l’objet d’un rappel, en raison de la découverte d’un bug informatique au sein de la fonction d’urgence qui permet d’appeler automatiquement les secours après un accident. Selon l’agence Kraftfahrt-Bundesamt, le gendarme allemand de la sécurité routière, le problème affecterait 59.129 véhicules, tous sortis de la Gigafactory de Berlin.

Des problèmes récurrents de qualité

Tesla a un problème récurrent avec la qualité de ses véhicules. Selon la dernière étude du cabinet spécialisé JD Power, le constructeur américain est l’un des plus mauvais dans une comparaison portant sur 33 constructeurs différents et 189 modèles. D’après les données de JD Power, Tesla a enregistré en moyenne 226 problèmes sur 100 véhicules vendus selon une étude portant sur 84.165 conducteurs vérifiés qui ont immatriculé leurs véhicules entre novembre 2021 et février 2022.

Pour autant, la demande de Tesla ne faiblit pas dans le monde. Mais le groupe ne peut pas la satisfaire. Les livraisons du constructeur américain ont reculé au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent pour la première fois en plus de deux ans, freinées par la fermeture de son usine chinoise. Le groupe d’Elon Musk a livré au total 254.695 véhicules entre avril et juin. C’est 27% de plus que sur la même période en 2021, mais 18% de moins qu’au premier trimestre.

Le constructeur américain a allongé les délais de livraison (une commande passée aujourd’hui peut demander un an de délai avant d’être livrée) et augmenté ses tarifs à plusieurs reprises. Le nœud du problème, c’est la production. Elon Musk ne s’en cache pas, cela représente énormément d’argent perdu.

Le manque d’outils qui sont bloqués en Chine…

La Gigafactory basée à Austin, au Texas, «perd un argent fou en ce moment», révèle-t-il dans une interview avec le club des propriétaires de Tesla de la Silicon Valley. «Nous devrions produire beaucoup plus de voitures» qu’actuellement.

Parmi les écueils qui compliquent la vie de Tesla, il y a le manque d’outils nécessaires à la fabrication des cellules de batterie. Ils sont bloqués en Chine… ce qui créé un goulot d’étranglement pour l’ensemble de la production. La Gigafactory de Berlin, inaugurée il y a peu de temps, souffre moins de cet accroc mais rencontre tout de même des difficultés d’approvisionnements. «Les usines de Berlin et d’Austin sont de gigantesques puits sans fond (…) Elles perdent des milliards de dollars en ce moment, car il y a une tonne de dépenses et pratiquement rien qui rentre», explique Elon Musk.

Les objectifs ne seront pas atteints cette année

En avril, Elon Musk estimait que Tesla allait augmenter la cadence au fur et à mesure de l’année et pourrait produire plus de 1,5 million de véhicules, 60% de plus qu’en 2021. Le groupe en a fabriqué 563.987 au premier semestre. Les analystes anticipent plutôt maintenant la production au mieux de 1,4 million de véhicules pour l’année.

Tous les constructeurs de voitures électriques, non chinois, sont affectés par les mêmes problèmes d’approvisionnement au moment où les ventes de voitures électriques augmentent partout dans le monde. La Chine, dont l’appareil industriel tourne au ralenti, produit trois quarts des cellules de batteries lithium-ion et contrôle plus de la moitié des capacités de transformation et de raffinage du lithium, du cobalt et du graphite, matériaux indispensables à la fabrication de ses cellules.

 

La rédaction

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