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Les ménages auraient dépensé en moyenne 1.684 euros pour se chauffer en 2020.

Chauffage électrique DOMOTELEC

Le chauffage représenterait en moyenne pour les ménages français une charge annuelle supérieure à un SMIC. Au mètre carré, le chauffage électrique serait même plus coûteux aujourd’hui que le fioul.

Selon le spécialiste de la rénovation énergétique Effy, la facture annuelle moyenne de chauffage des ménages a atteint l’an dernier 1.684 euros.  Ce chiffre correspond à plus d’un mois de salaire brut pour une personne payée au SMIC (1.554 euros par mois), mais il convient de le considérer avec une certaine prudence. Il a été construit à partir des données communiquées par 10.824 personnes ayant réalisé des simulations et des diagnostics énergétiques sur les plateformes du groupe (QuelleEnergie.fr, Calculeo.fr…). Ces ménages ne sont donc pas forcément représentatifs de l’ensemble de la population française et cherchaient à faire des économies d’énergie. Peut-être, car ils consommaient davantage que la moyenne…

Des réalités très différentes

On peut tout de même tirer un certain nombre d’enseignements de cette statistique. Ainsi, la somme moyenne dépensée pour se chauffer par les ménages, calculée par Effy, a légèrement baissée en 2020 par rapport à 2019  (1.696 euros selon une étude similaire). Ensuite, l’augmentation continue des prix de l’électricité, plus forte que l’inflation depuis une décennie, pèse de plus en plus lourd sur les budgets de chauffage…

Mais la somme moyenne de 1.684 euros dépensés pour se chauffer l’an dernier couvre des réalités très différentes en fonction du type de logement, de sa taille et des sources d’énergie utilisées. Les familles qui se chauffent au fioul, plus souvent dans des maisons individuelles dans les petites villes et en zones rurales, sont plus particulièrement défavorisées. Cela représente 3,5 millions de foyers, et ils auraient dépensé, selon les statistiques Effy, 2.108 euros en moyenne pour se chauffer en 2020. Cela représente 331 euros de plus que les ménages qui se chauffent à l’électricité (1.777 euros en moyenne) et 739 euros de plus que ceux qui se chauffent au gaz (1.369 euros en moyenne). Ceux qui dépensent le moins possèdent une installation au bois qui leur a coûté en moyenne 1.147 euros pour se chauffer sur la période.

L’électricité devenue plus chère au mètre carré que le fioul…

Mais en fait, le fioul n’est pas la source d’énergie la plus chère au mètre carré. Les habitations équipées au fioul sont généralement plus grandes (142 mètres carrés en moyenne selon Effy) que celles dotées d’installations électriques (112 mètres carrés en moyenne). A surface égale, l’électricité est l’énergie de chauffage la plus chère, à 16 euros par mètre carré devant le fioul (15 euros par mètre carré) et le gaz (11 euros par mètre carré).

Pour réduire la facture, la solution passe par la rénovation énergétique des bâtiments tant il est difficile d’imaginer une baisse des prix de l’énergie dans les années qui viennent. La rénovation des bâtiments est ainsi présentée comme un axe important de la politique de transition énergétique du gouvernement. Une nouvelle formule d’aide baptisée MaPrimRénov’ est entrée en vigueur au début de l’année. Le  plan de relance de l’économie annoncé en septembre dernier a changé profondément la logique de MaPrimRénov’ qui était construite à l’origine, il faut le dire, pour réduire les engagements budgétaires de l’Etat. Seuls les propriétaires modestes et aux revenus intermédiaires étaient éligibles.

Rénovation, une priorité mais une usine à gaz

Depuis le 1er janvier, la rénovation énergétique des bâtiments étant devenu une priorité, les ménages aisés y ont désormais droit tout comme les bailleurs et les copropriétés dont l’accès est «simplifié». Seuls les propriétaires de résidences secondaires demeurent exclus du dispositif.

Mais la formule concoctée par l’administration française est sans surprise un modèle de complexité… Le montant de la nouvelle prime à laquelle auront droit ceux qui entreprennent des rénovations énergétiques de leur logement dépend ainsi des revenus de leur foyer fiscal et du type de travaux réalisés. Isolation, installation de chaudière, ventilation… A chaque rénovation correspond une prime forfaitaire qui varie selon les niveaux de revenus avec un barème différent pour l’Ile-de-France. Il faudra y ajouter, parfois, le dispositif des Certificats d’économie d’énergie et différentes possibilités de bonifications… Pas étonnant si en France depuis des années, la rénovation énergétique des bâtiments n’atteint jamais ses objectifs et est souvent économiquement inefficace.

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