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Le lithium du sous-sol alsacien est exploitable

Le lithium du sous-sol alsacien est exploitable

Les pays occidentaux en général et la France en particulier ont renoncé, en tout cas en métropole, à l’exploitation minière. Trop dommageable pour l’environnement, trop polluante, trop dangereuse, pas assez rentable. La conséquence de tout cela est une dépendance devenue très dangereuse économiquement comme politiquement pour les métaux dits rares et stratégiques à l’image du lithium, indispensable aux batteries de nos équipements électroniques et des véhicules électriques.

On le sait depuis longtemps, le sous-sol alsacien renferme une assez grande quantité de lithium. Reste à savoir comment l’exploiter à des conditions qui soient économiquement compétitives et peu ou pas dommageables pour l’environnement. Les sociétés Électricité de Strasbourg (ES), filiale d’EDF, et Fonroche Géothermie apportent peut-être une solution.

D’abord, elles ont confirmé la présence de lithium en quantité «significatives» sur plusieurs sites en Alsace. Elles en explore le sous-sol à plusieurs milliers de mètres de profondeur afin d’y construire des centrales dites de géothermie profonde. Elles devraient alimenter en électricité plusieurs communes à partir de l’eau chaude récupérée. A Vendenheim (Bas-Rhin), «les analyses dans les eaux extraites des puits de forage confirment la présence de lithium en qualité et quantité très prometteuses permettant d’envisager la production annuelle de quelque 1.500 tonnes de lithium», indique Fonroche Géothermie. Ce volume représente environ 10% des besoins annuels d’approvisionnement estimés pour la France dans les prochaines années compte tenu du développement attendu des véhicules électriques à batteries. «Sur la base de trois centrales programmées en Alsace, Fonroche Géothermie pourrait donc fournir 30% à 40% de l’ensemble de la demande industrielle française en lithium à partir de 2023», ajoute la société.

«Faible impact environnemental»

La société ES a identifié de son côté un potentiel de 1.500 tonnes par an sur ses sites d’études de centrales géothermiques, a indiqué sa direction. L’énergéticien compte implanter en 2021 un «démonstrateur» sur l’un de ces sites, afin de confirmer en configuration réelle la «pertinence» du chlorure de lithium prélevé dans les eaux du sous-sol. Ces essais sont menés avec le groupe minier Eramet dans le cadre d’un consortium de recherche qui réunit entre autres ES, le chimiste BASF et le constructeur automobile PSA.

Selon ES et Fonroche, la technique d’extraction en Alsace à partir d’eau chaude puisée dans le sous-sol profond aurait un «très faible impact environnemental» et permettrait ainsi de produire du «lithium propre». La production à échelle «industrielle» pourrait ensuite être «espérée en 2025». Car ce n’est pas tout d’extraire du lithium du sous-sol, il faut encore que des usines de fabrication de composants de batteries, de cellules, existent en France ou même en Europe. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Tout est à faire dans cette filière. Il faut notamment, à partir de l’initiative franco-allemande de «l’Airbus des batteries», créer de toute pièce une industrie compétitive pour échapper à la dépendance asiatique et plus particulièrement chinoise.

Reste à savoir aussi s’il ne s’agit pas d’un combat d’arrière garde et si la technologie des batteries ne va pas beaucoup changer et progresser dans les prochaines années ou si le véhicule électrique à hydrogène ne va pas supplanter rapidement le véhicule électrique à batteries.

 

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