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De l’hydrogène pour fabriquer de l’acier

sidérurgie wikimedia commons

Développer des technologies permettant de produire de l’acier sans énergies fossiles est essentiel à la transition. Le groupe sidérurgique suédois Ovako vient de faire la démonstration qu’il peut produire commercialement de l’acier en remplaçant du gaz naturel par de l’hydrogène.

Un des plus grands défis de la transition énergétique concerne l’industrie lourde et plus particulièrement la sidérurgie. Le monde ne peut pas se passer d’acier et en produit 1,6 milliard de tonnes par an. Cela représente, selon la World Steel Association (WSA), pas moins de 9% des émissions de gaz à effet de serre provenant des énergies fossiles. En comparaison, celles de l’aviation commerciale, tant décriée, sont de l’ordre de 3%.

Développer des technologies permettant de produire de l’acier sans charbon ou sans gaz est donc d’une importance capitale. La concentration de l’énergie solaire est expérimentée, mais l’hydrogène semble la solution la plus prometteuse, même si elle en est à ses balbutiements.

En tout cas, le groupe sidérurgique suédois Ovako vient de faire la démonstration qu’il peut produire commercialement de l’acier en remplaçant du gaz naturel par de l’hydrogène dans son processus de laminage. L’expérimentation de l’utilisation de l’hydrogène dans un haut fourneau a été faite en Allemagne l’an dernier par Thyssenkrupp. Cette fois, l’hydrogène a été utilisé par Ovako dans la production même des tôles d’acier. Le groupe suédois utilise un haut fourneau à arc électrique, produit par des énergies renouvelables, pour faire fondre de l’acier de récupération. Ensuite, il utilisait du gaz naturel pour  pouvoir chauffer l’acier produit et le transformer en rouleaux et en plaques à travers des laminoirs. Le gaz naturel a été remplacé par de l’hydrogène avec des résultats identiques.

Produire une tonne d’acier nécessite 780 kilos de charbon

Selon la World Steel Association, l’efficacité énergétique de la sidérurgie a augmenté de 60% depuis les années 1960. «Des systèmes de gestion sophistiqués des processus industriels assurent l’efficacité de l’utilisation et de la récupération de l’énergie, utilisée ensuite au sein des productions métallurgiques ou exportée.» Mais l’énergie représente encore près de 40% des coûts de fabrication de l’acier et l’écrasante majorité des hauts fourneaux dans le monde utilisent du charbon (du coke) pour fonctionner. La technologie au gaz naturel liquéfiée, utilisée par le groupe suédois Ovako qui vient de passer à l’hydrogène, est déjà considérée comme un progrès important.

Pour donner un ordre d’idée, fabriquer une tonne d’acier nécessité 780 kilos de charbon. Chaque année, la sidérurgie consomme dans le monde un milliard de tonnes de charbon. L’expérience réussie par Ovako n’est qu’une petite étape dans la transformation de cette industrie essentielle, mais elle est importante. «Grace à cette essai, nous savons maintenant que l’hydrogène peut être utilisé facilement et de façon flexible, sans impact sur la qualité de l’acier, ce qui permet une réduction importante de l’empreinte carbone», a déclaré Göran Nyström, vice-président d’Ovako.

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