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La canicule réduit les performances des renouvelables comme du nucléaire

La canicule réduit les performances des renouvelables comme du nucléaire

Les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, les barrages hydroélectriques et les centrales nucléaires n’apprécient pas vraiment la canicule. Si les pics de chaleur se multiplient dans l’année, cela pourrait finir par avoir un impact sur la capacité de production d’électricité en France. Même si la demande en été reste sensiblement inférieure à celle de l’hiver, la climatisation n’a pas l’impact du chauffage et la demande industrielle est plus faible.

Pour autant, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a annoncé que des pics de consommation estivale ont été atteints mercredi 24 et jeudi 25 juillet dans l’après-midi. Les climatiseurs et les ventilateurs ont tout de même eu un impact. Le pic s’est situé mercredi à 59.715 mégawatts heure et n’a pas été dépassé jeudi. La capacité de production était de toute façon largement suffisante, avec 68.000 MWh à disposition. Dans le détail, 38.000 MWh de nucléaire, 2.500 MWh d’éolien, 6.000 MWh de solaire, 11.000 MWh d’hydraulique, 6.000 MWh de gaz et 4.500 MWh d’autres sources de production thermique (charbon, fuel).

La baisse d’activité des centrales hydroélectriques dans les périodes de forte chaleur semble logique. Le débit des cours d’eau se réduit et le potentiel de production des turbines installées dans les barrages également. Cela est d’autant plus pénalisant que l’hydroélectrique représente en France la troisième source d’énergie électrique et de loin la première renouvelable.

Lors des pics de chaleur, il n’y a plus de vent

Les éoliennes ne sont pas non plus à la fête. Les fortes chaleurs s’accompagnent souvent d’une quasi-absence de vent. Résultat: les turbines sont à l’arrêt. Le 24 juillet dans l’après-midi l’éolien fournissait à peine 1% de la production électrique française soit 814 MWh avec une puissance installée théorique de 15.475 MWh. Il s’agit bien d’une énergie intermittente.

On pourrait penser que du côté des panneaux solaires, la production a été maximum. Pas du tout… Le rayonnement solaire fait fonctionner les panneaux, mais la chaleur détériore considérablement leurs performances et il est difficile de les refroidir. Un panneau photovoltaïque dont la température de surface dépasse 25 degrés perd un demi-pourcent de rendement par degré supplémentaire. Et les rendements des panneaux solaires atteignent déjà difficilement les 20%. Ainsi, lors du pic de consommation du 24 juillet, le parc solaire français, d’une puissance théorique maximale de 8.612 MWh n’a pu produire que 6.100 MWh.

Les installations nucléaires sont également affectées par la canicule. EDF a été contraint de mettre à l’arrêt les deux réacteurs de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) et d’autres ont dû réduire leur puissance (à Saint-Alban en Isère et au Bugey dans l’Ain). Les centrales qui utilisent l’eau des fleuves pour refroidir leurs systèmes ne peuvent la rejeter à une température trop importante. La réglementation est stricte pour éviter de bousculer l’équilibre de la flore et de la faune aquatique.

Conclusion: parvenir à stocker de l’électricité propre fabriquée lorsque les conditions sont favorables devient encore plus indispensable.

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