<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Les « Big Tech » financent le solaire spatial et la fusion nucléaire… et fonctionnent au gaz

6 mai 2026

Temps de lecture : 3 minutes
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Les « Big Tech » financent le solaire spatial et la fusion nucléaire… et fonctionnent au gaz

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A en croire le message véhiculé par la plupart des médias, très influencés par la communication des groupes de technologie, l’Intelligence artificielle (IA) va permettre d’accélérer considérablement la transition énergétique. Elle va optimiser les réseaux électriques et accélérer le développement de nouvelles technologies. Un jour viendra. En attendant, les grands groupes technologiques, qui investissent des milliards dans leurs centres de données, ont des besoins considérables en électricité que les renouvelables intermittents (éolien et solaire) et le nucléaire sont aujourd’hui incapables de satisfaire. Les Big Tech ont beau parier, en le faisant beaucoup savoir, sur des technologies utopiques comme le solaire spatial ou la fusion nucléaire, la seule solution réaliste et immédiate pour eux aujourd’hui, ce sont les centrales à gaz.

L’essor spectaculaire de l’Intelligence artificielle (IA) a accouché d’un « monstre énergétique » sans équivalent dans l’histoire dont on commence seulement à comprendre la nature. Dans les faits, personne ne sait exactement aujourd’hui de combien d’énergie le secteur de l’IA aura besoin dans les années à venir pour poursuivre sa conquête de pans entiers de l’activité économique. D’autant plus, que les grands modèles linguistiques continuent de progresser et de se développer à grande vitesse.

Le plus effrayant est que nous ne savons même pas vraiment combien d’énergie ce secteur consomme actuellement. La seule chose sur laquelle les experts s’accordent, c’est pour estimer que nous pouvons nous attendre à une augmentation forte et continue de la demande d’électricité dans les années à venir pour alimenter des centres de données toujours plus nombreux et plus puissants. Cela semble imparable au fur et à mesure que l’économie mondiale va intégrer de plus en plus l’IA dans pratiquement tous les secteurs d’activité.

« Un monstre énergétique »

Comme le résumait parfaitement le Washington Post il y a quelques mois. « L’intégration de l’IA dans presque tous les domaines, des appels au service client aux patrons algorithmiques en passant par la guerre, alimente une demande énorme… En dépit de gains d’efficacité spectaculaires, réinvestir ces gains dans des modèles plus grands et plus gourmands alimentés par des combustibles fossiles crée un monstre énergétique… ».

Et, jusqu’à présent, ce sont, notamment aux Etats-Unis, les consommateurs qui supportent le poids de ce « monstre énergétique ». Tandis que les centres de données exercent une pression sans précédent sur les réseaux électriques locaux, les consommateurs voient leur facture d’électricité s’envoler. Face au mécontentement grandissant, encore plus quand les prix des carburants s’envolent aussi, les grandes entreprises technologiques ont signé un engagement en mars dernier visant soit à acheter au prix fort des capacités de production dédiées, soit à produire eux-mêmes leur propre électricité pour alimenter leurs centres de données.

Le gaz naturel, la solution immédiate

Sauf que cela n’est pas aussi simple que cela. Quelles sources d’énergies vont être utilisées pour alimenter les nouvelles capacités de production d’électricité ? Si les « Big Tech » accaparent une partie de la production de gaz, le consommateur particulier n’échappera pas à l’augmentation des tarifs. D’autant plus, que le marché mondial du gaz, celui du GNL (gaz naturel liquéfié), devrait être perturbé pendant des années par les conséquences de la guerre contre la République islamique d’Iran. Il y a les discours sur les nouvelles technologies capables un jour de transformer le monde de l’énergie et la réalité actuelle.

Les géants de la tech s’appuient avant tout sur le gaz naturel pour construire leurs capacités de production d’électricité. À lui seul, Meta finance la construction de 10 nouvelles centrales au gaz pour son nouveau campus dédié à l’IA en Louisiane.  De son côté, Google développe une immense installation au gaz naturel rattachée à un campus regroupant plusieurs centres de données dans le nord du Texas. En 2024, Google avait admis que les émissions de carbone de l’entreprise avaient augmenté de 48% en cinq ans en raison de l’essor de l’intelligence artificielle. Google s’était pourtant engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. Les dirigeants du groupe ont fini par reconnaître que « à mesure que nous intégrons davantage l’IA dans nos produits, la réduction des émissions pourrait s’avérer difficile ».

Solaire spatial, fusion nucléaire, géothermie de grande profondeur

Cela n’empêche pas les mêmes entreprises d’investir dans des sources d’énergies utopiques qui pourraient peut-être un jour totalement changer la donne afin de trouver le moyen de répondre à leurs besoins énergétiques exponentiels sans pour autant renoncer à leurs engagements en faveur du climat. Meta (Facebook) vient ainsi juste d’annoncer un accord avec Overview Energy pour développer la technologie de production d’électricité solaire dans l’espace. Overview Energy doit développer des satellites solaires en orbite autour de la Terre où ils pourront capter l’énergie du soleil à toute heure du jour et de la nuit. La première étape ambitieuse est de créer des installations capables de produire jusqu’à 1 gigawatt d’électricité, l’équivalent d’un réacteur nucléaire. Maintenant, ce n’est pas une technologie qui va voir le jour, si cela arrive, avant de nombreuses années… Overview Energy doit mettre un premier satellite pilote en orbite d’ici 2028…

La Silicon Valley s’est aussi prise de passion pour la fusion nucléaire, considérée comme la solution miracle pour répondre un jour à tous les besoins du monstre énergétique de l’IA et même de l’humanité. « Il n’y a aucun moyen d’y parvenir sans une percée technologique », avait déjà déclaré il y a deux ans Sam Altman, cofondateur et Pdg d’OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT. « Cela nous motive à investir davantage dans la fusion », avait-il ajouté.

Les géants de la tech, notamment Meta et Google, investissent aussi de plus en plus dans la recherche sur l’énergie géothermique de nouvelle génération, de profondeur et de grande profondeur, qui utilise des méthodes de forage améliorées empruntées au secteur pétrolier et gazier. C’est sans doute la technologie la plus mature et qui pourrait-elle déboucher réellement dans quelques années sur une production d’électricité.

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