<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Voitures électriques: la dégringolade continue

29 juillet 2025

Temps de lecture : 3 minutes
Photo : Robots automobiles Wikimedia Commons
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Voitures électriques: la dégringolade continue

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On ne peut plus vraiment parler de mauvaise surprise et encore moins d’une conjoncture difficile à traverser. Il s’agit d’une très préoccupante évolution structurelle. Le marché automobile européen continue inexorablement à rétrécir. Les ventes de voitures neuves ont reculé de 7,3% en juin, comparé au même mois l’an dernier. Et depuis le début de l’année, la baisse atteint encore 1,9% sur un an. Le passage contraint et forcé à la motorisation électrique sans réelle anticipation des conséquences économiques et sociales a mis à mal le marché tout comme les groupes industriels. Les consommateurs et les constructeurs sont perdus. Les premiers rechignent toujours et très majoritairement à passer à l'électrique et les seconds ont investi massivement dans une technologie qui les fragilise et tarde à s'imposer. Les politiques, les technocrates, les militants et même bon nombre de dirigeants de groupes automobiles ont oublié une chose essentielle : le consommateur final a toujours raison…

Refuser de voir la réalité en face, la politique de l’autruche, non seulement ne règle pas les problèmes, mais en général les accentue. La France et l’Europe ont fini par s’en rendre compte, mais le réveil est douloureux. Il l’est dans de multiples domaines et notamment dans ceux de l’énergie et de l’automobile. L’Union Européenne (UE), en imposant à marches forcées le passage à la motorisation électrique, n’avait pas manifestement mesuré les conséquences économiques et sociales d’une décision avant tout idéologique dont l’efficacité en termes de baisse des émissions de gaz à effet de serre est réelle mais assez limitée. Voilà pourquoi d’ailleurs, elle tente sans se renier et admettre s’être fourvoyée trouver le moyen d’éviter une débâcle industrielle. Le problème est qu’il est presque déjà trop tard.

La Commission européenne, le Parlement européen et les gouvernements des 27 pays de l’Union auront ainsi réussi le tour de force de démolir ce qui restait l’une des rares industries mondiales dans laquelle les grands groupes européens possédaient encore un avantage technologique et restaient compétitifs. Une situation qui maintenant appartient au passé avec l’obligation de cesser toute vente de véhicule neuf à motorisation thermique d’ici 10 ans. « Ce que nous avions craint, à savoir que les constructeurs fassent les transformations, investissent et que nous ayons des voitures mais pas de clients, s’est réalisé… », résumait brutalement il y a quelques semaines Luc Chatel, le président de la Plateforme automobile. Un cri d’alarme qui est plutôt ignoré en France pour une bonne et simple raison. La production automobile s’est déjà effondrée sur notre territoire depuis deux décennies. Elle a chuté de 59% depuis 2004

Le marché automobile européen n’en finit pas de rétrécir

Mais aujourd’hui c’est dans toute l’Europe que l’industrie automobile fait face à une avalanche de fermetures d’usines et de licenciements. Il y a à cela trois raisons que les politiques ont négligé ou mal comprises : la réticence persistante d’une grande partie des consommateurs à l’électrique, une concurrence chinoise irrésistible dans les véhicules mais surtout les batteries et les minéraux stratégiques et les erreurs à répétition des dirigeants des groupes automobiles. Rappelons que l’automobile représente 13,8 millions d’emplois et 7% du PIB de l’Union Européenne… En fait, politiques, technocrates, militants et même bon nombre de dirigeants des grands constructeurs ont oublié une chose essentielle : le consommateur final a toujours raison…

Illustration, le marché automobile européen n’en finit pas de rétrécir. Selon les derniers chiffres de l’Association des constructeurs automobiles européens publiés, les ventes de voitures neuves ont reculé de 7,3% dans l’UE en juin comparé au même mois de l’an dernier. Depuis le début de l’année, la baisse atteint 1,9 % sur un an. Et les « bons « chiffres de vente de l’électrique, qui progresse dans le même temps de 22% sur le Vieux Continent par rapport à la même période en 2024, sont en trompe-l’œil. Ils tiennent en grande partie au redressement du marché allemand qui s’était littéralement effondré en 2024 (-27,4%). Et si l’augmentation des ventes de véhicules électriques est spectaculaire outre-Rhin (248.726 unités, + 35,1% sur un an). Elle l’est beaucoup moins en France avec une baisse de 6,4% depuis le début de l’année (148.332 voitures). Rappelons que l’an dernier, les ventes de véhicules électriques avaient baissé de 2,6% en France et de 5,9% en Europe.

Le véhicule électrique reste impopulaire

Le problème de fond est que le véhicule électrique reste assez largement impopulaire. Deux sondages publiés en France au début de l’année, le montrent de façon éclatante.

Un de l’IFOP et un autre du CSA illustrent le fait que les Français dans une écrasante majorité (78% et 73%) ne veulent toujours pas passer à la voiture électrique. Et ils sont même de plus en plus nombreux à être réticents voire même hostiles… Ils la considère comme trop coûteuse, réservée à une clientèle aisée, et offrant des prestations d’usage toujours très inférieures à celles d’un véhicule thermique.

2,8% du parc en France

On peut se faire une idée de ce que réprésente aujourd’hui les véhicules électriques en France avec les chiffres de 2024 rendus publics par l’Union française de l’électricité (UFE) et l’UFIP Énergies & mobilités. Ils ont eu tendance à mélanger les choux et les carottes, les véhicules 100% électriques et les hybrides, mais leur vocation est de promouvoir l’électrique… Ainsi, en 2024, 404.508 voitures électriques neuves (100% ou hybrides) ont été vendues en France, soit 6% de moins qu’en 2023 (430.780 ventes).

La part des véhicules légers 100% électriques dans les nouvelles immatriculations s’est élevée à 17% en 2024 et leur part dans le parc en circulation est de 2,8%. Près de 295.000 véhicules électriques d’occasion, en incluant voitures particulières mais aussi les utilitaires et les motos, ont été vendus en France en 2024.

Enfin, à la fin de l’année dernière, la France comptait 154.694 points de recharge électrique accessibles au public et plus de 2,3 millions de points privés et publics. Les infrastructures accessibles au public représentaient « 6,6% du parc de points de recharge », contre 55,3% installés chez des particuliers et 38,1% au sein d’entreprises et de collectivités.

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