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Sondage nucléaire: les Français très mal informés

Sondage nucléaire: les Français très mal informés

Mercredi 26 juin, en pleine canicule, BVA présentait un sondage édifiant sur les Français, l’énergie nucléaire et les émissions de CO2. Il a été réalisé pour la société Orano (ex-Areva) du 4 au 27 avril auprès d’un échantillon représentatif de 3008 personnes. Il en ressort que la population française est très mal informée de l’impact des différentes sources d’énergie sur les émissions de gaz à effet de serre.

Ainsi, dans l’esprit de la grande majorité des Français (69%), les centrales nucléaires contribuent au réchauffement de la planète. Ce qui est faux. Les émissions de gaz à effet de serre des centrales nucléaires, qui posent d’autres problèmes, sont minimes. Elles correspondent à 12 grammes par kWh produit, l’équivalent de ce que rejettent dans l’atmosphère les éoliennes (11 grammes)! Et compte tenu du mode de fabrication des panneaux photovoltaïques très coûteux en énergie, le solaire en produit quatre fois plus par kWh (45 grammes). Plus préoccupant, les moins bien informés sont les plus jeunes. Toujours selon le sondage BVA, 86% des 18-34 ans interrogés jugent le nucléaire néfaste pour le climat.

Encore plus surprenant, pour 10% des personnes interrogées, le pétrole et le gaz contribuent moins que le nucléaire à l’effet de serre, et pour 11% d’entre elles le charbon est plus propre que l’atome…

La crainte du nucléaire s’appuie également sur des considérations plus solides comme la question des déchets, argument jugé le plus convaincant contre cette énergie (56%) juste devant celui du risque d’accident (52%).

Le sondage BVA montre clairement qu’il existe une grande confusion dans les esprits entre les émissions de CO2, la pollution et les craintes plus ou moins rationnelles que suscite le nucléaire associées notamment à la bombe et aux catastrophes et accidents de Tchernobyl et Fukushima.

Cette confusion a été créée par les tenants de longue date du combat politique écologiste qui ont commencé par s’opposer à l’énergie nucléaire dans les années 1970 avant de faire des émissions de CO2 et des énergies fossiles leur principal adversaire depuis les années 2000.

Pour les partisans du nucléaire en France, il y a tout de même une lueur d’espoir même si les déboires répétés du chantier du nouveau réacteur EPR à Flamanvilleminent leur crédibilité: la question de l’indépendance énergétique. Selon le sondage BVA, 47% des Français reconnaissent que le nucléaire est un élément important de cette indépendance contre 34%. Et ils sont aussi 54% à considérer qu’on s’oriente vers un mix «nucléaires et énergies renouvelables» contre 26% qui voient plutôt l’avenir en «tout renouvelable».

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