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Le rejet du diesel, une mauvaise nouvelle pour la planète

Le rejet du diesel, une mauvaise nouvelle pour la planète

Il existe une contradiction difficile à surmonter entre la nécessité de réduire la pollution et celle de faire baisser les émissions de CO2 qui ont un impact sur le climat. La production et le recyclage des batteries de véhicules électriques, des panneaux photovoltaïques et des turbines des éoliennes polluent mais contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le cas du diesel est encore plus extrême.

On peut même parler dans ce cas de conséquences non intentionnelles. «La campagne anti-diésel qui a suivi en 2016 la découverte que Volkswagen trichait en utilisant un logiciel qui permettait de réduire artificiellement les émissions d’oxyde d’azote (NOx) de ses voitures a conduit à une augmentation des émissions de CO2 qui a eu un plus grand impact sur le climat. En 2017, les émissions de CO2 issues des voitures neuves ont été plus importantes que celles de l’année précédente pour la première fois depuis 2010» écrit l’Agence Européenne de l’Environnement (EEA).

L’explication est simple. En 2017 et plus encore en 2018 et au début de l’année 2019, les consommateurs ont cessé en partie d’acheter des voitures diesel. Ils ont suivi les groupes écologiques qui ont dénoncé ce carburant et les villes qui ont commencé à annoncer qu’elles allaient bannir les véhicules diesel dans les prochaines années. Dans certains pays comme la France, les avantages fiscaux du carburant diesel ont été réduits et doivent l’être encore plus dans l’avenir. Résultat, les consommateurs européens ont acheté en bien plus grand nombre des véhicules fonctionnant à l’essence qui émettent de 10% à 40% de plus de CO2 que leurs équivalents diesel.

Les émissions des véhicules diesel posent un problème immédiat de qualité de l’air et de santé publique et celles des voitures à essence contribuent plus fortement au réchauffement climatique. Un dilemme qui résume la difficulté des choix technologiques des gouvernements et des consommateurs.

En réponse à l’étude de l’Agence Européenne de l’Environnement, l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) a demandé aux gouvernements d’investir massivement dans les infrastructures de rechargement pour véhicules électriques à batteries. Elle estime que le réseau de bornes de recharge doit être multiplié par 20 dans les douze prochaines années pour permettre la bascule des véhicules vers le tout électrique. Sans cela les consommateurs ne suivront pas, même si les gouvernements ont fixé des objectifs ambitieux de ventes de véhicules électriques.

Selon un rapport récent de Transport & Environment, une ONG, la France, l’Allemagne et l’Autriche ne devraient pas atteindre 50% de leurs objectifs de vente de véhicules électriques en 2020 à cause des déficiences de leurs infrastructures de rechargement.

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