Transitions & Energies

Peut-on et surtout veut-on retrouver notre prospérité?

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Logement: le mode de calcul du DPE va encore être réformé

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des logements, l’Etat a instauré des contraintes réglementaires de plus en plus lourdes construites exclusivement à partir du diagnostic de performance énergétique (DPE)… qui est tout sauf fiable. Il donne non seulement des résultats aléatoires selon les professionnels mais en plus systématiquement faux ! Le modèle théorique utilisé ne correspond en rien à la réalité. Il va être donc à nouveau réformé dans les prochaines semaines, à la mi-février, après l’avoir déjà été en 2021. Il s’agit, enfin, de le « fiabiliser » selon Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique. Mais quelle sera alors la validité des diagnostics existants ? Le marché du logement risque de sombrer dans le chaos.

Méthanier Wikimedia Commons

Le moratoire américain sur les nouveaux terminaux de GNL pourrait mettre l’Europe en difficulté

Pour remplacer le gaz russe, l’Europe compte sur le GNL (Gaz naturel liquéfié), notamment américain. Peu importe qu’il provienne du gaz de schiste dont l’exploitation est interdite sur le sol européen… Cet appétit européen pour le gaz américain explique pourquoi les Etats-Unis sont devenus l’an dernier le premier exportateur mondial de GNL devant le Qatar. Mais l’administration américaine vient de décider d’un moratoire sur des projets de nouveaux terminaux de GNL. Cela pourrait avoir un impact sur l’approvisionnement de l’Europe en énergie dans quelques années.

Les neuf facteurs clés des marchés de l’énergie en 2024

Pour le cabinet d’analyses et de conseils Rystad Energy, l’année 2024 s’annonce à nouveau cruciale dans le monde de l’énergie. Il met en avant neuf tendances majeures :

-la géopolitique aura plus que jamais un impact majeur sur le prix du pétrole,

-le gaz naturel continuera à servir d’énergie fossile de transition,

-le mouvement de fusions, acquisitions et concentrations va continuer dans l’industrie pétrolière comme dans celle des renouvelables,

-les projets de développement à grande échelle de l’hydrogène vont décoller,

-la croissance ralentie du pétrole de schiste américain, une bonne nouvelle pour l’OPEP,

-le développement des renouvelables va continuer à battre des records,

-un cartel du type OPEP+ pourrait bien voir le jour dans le domaine des produits pétroliers raffinés,

-la crise de l’éolien marin n’est pas terminée mais les perspectives redeviennent favorables,

-la production d’électricité à partir du charbon pourrait commencer à décliner avec le ralentissement de la croissance économique en Asie.

Le Qatar, profiteur de guerre

Le pays qui profite le plus économiquement et diplomatiquement des guerres en Ukraine et à Gaza, ce n’est pas l’Iran, la Chine ou les Etats-Unis, mais le Qatar. A la suite notamment de la destruction des gazoducs russes NordStream 1 et 2, la petite péninsule désertique multiplie les investissements pour augmenter considérablement ses capacités d’exportations de GNL (Gaz naturel liquéfié) et signe des contrats d'approvisionnement de très long terme avec la France, l’Allemagne et la Chine. Etant devenu un intermédiaire obligé entre Israël et le Hamas, les messages troubles de sa chaîne de propagande islamiste Al Jazeera, son rôle de financier du Hamas et les réseaux de corruption mis en place au Parlement européen à Bruxelles et au sein du Sénat américain sont passés sous silence… Et l'agence de notation Moody's vient même de relever la note de crédit du Qatar à Aa2, le troisième niveau le plus élevé, l'équivalent de celles de de la France ou de la Corée du sud.

Centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly

L’électricité nucléaire française est-elle si compétitive que cela ?

Si le fait que l’électricité nucléaire est décarbonée, et même la plus décarbonée qui soit, ne soulève aucune contestation sérieuse, sa compétitivité en termes de coûts de production est une question plus épineuse. Le coût principal du nucléaire est celui de la construction des réacteurs, pas de leur exploitation. Il est donc essentiel pour rentabiliser l’investissement d’avoir la production la plus importante possible par réacteur en service. Le facteur de charge est une donnée essentielle. Problème, le parc français affiche des performances très médiocres avec un facteur de charge de l’ordre de 70% à comparer aux 90% dans de nombreux autres pays possédant des centrales nucléaires. Augmenter le facteur de charge permettrait non seulement de mieux rentabiliser les investissements mais aussi de faire baisser les prix de l’électricité…

Usine Production Biogaz Wremen Allemagne Wikimedia Commons

L’obligation de tri des biodéchets va-t-elle enfin faire décoller la méthanisation en France?

La méthanisation est un processus de conversion de la matière organique en biogaz, c’est-à-dire en méthane d’origine biologique. Elle est surtout pratiquée en France en milieu rural par des agriculteurs, non sans se heurter à des résistances. Elle va désormais se développer en milieu urbain, péri-urbain et industriel. Mais il faudra vaincre les oppositions locales.