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«L’acceptabilité des éoliennes par les populations est très bonne»

Un entretien avec Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables 
et ancien directeur de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Article paru dans le numéro 9 du magazine Transitions & energies.

Jean-Louis Bal
Jean-Louis Bal

T&E: Les éoliennes sont-elles à même de fournir au pays une électricité fiable, abondante et bon marché?

Jean-Louis Bal: Notre stratégie est 
plus élaborée. Nous réfléchissons énergies 
renouvelables dans leur ensemble. Que ce
 soit l’éolien terrestre et maritime, le solaire 
et l’hydraulique qui reste la base de la production d’électricité renouvelable avec 
cette vertu de pouvoir gérer les intermit
tences. Donc, la réponse à votre question à partir d’un mix d’énergies renouvelables est oui. Il peut fournir une électricité fiable, abondante et bon marché qui réponde aux besoins du pays.

Le potentiel éolien et solaire permet largement de faire face à la demande d’électricité même avec les augmentations attendues au cours des prochaines années pour électrifier les transports, le bâtiment, l’industrie et permettre la production d’hydrogène vert. Pour ce qui est du coût, ce qui ressort aujourd’hui des différents appels d’offres est un prix de l’ordre de 60 euros le MWh pour l’éolien terrestre comme le maritime. C’est notamment le cas du dernier appel d’offres maritime à Dunkerque. Cela correspond au prix actuel du marché de gros de l’électricité en Europe. Les énergies renouvelables sont aujourd’hui compétitives et les mécanismes de garantie de prix par l’état constituent plus des assurances que des subventions.

Ce sont des promesses ou des réalités?

Il s’agit de contrats bien réels. Dans le coût du développement des renouvelables pour la collectivité, le poids du passé est indéniable. Mais les progrès sont constants. Pour l’éolien terrestre, on est ainsi passé d’un coût de revient de 80 euros du MWh à 60 euros du MWh. Sur l’éo- lien maritime, les progrès technologiques ont été spectaculaires. Le fait de passer d’éoliennes qui faisaient 5 à 10 MW de puissance unitaire à des éoliennes qui vont faire 15 MW réduit considérablement les coûts de production, de raccor- dement, d’implantation et explique la diminution de moitié des coûts.

La France bénéficie déjà d’une électricité très fortement décarbonée avec le nucléaire et l’hydraulique, pourquoi investir des dizaines de milliards d’euros pour décarboner une électricité qui l’est déjà?

Si on veut décarboner l’industrie, les transports, les bâtiments, il faut électrifier les usages. Cela implique une aug- mentation de la consommation et donc de la production d’électricité. Nous avons une électricité décarbonée et qui doit le rester grâce aux renouvelables. Il faut rappeler que le parc de production actuel, principalement nucléaire, est en train d’arriver en fin de vie.

Les éoliennes sont devenues une question très politique. Est-ce que cela compromet leur développement?

Le retour que nous avons de toutes les enquêtes d’opinion menées par nous-mêmes et par l’Ademe est que l’acceptabilité des éoliennes par les populations est très bonne. Elle est autour de 70 à 80% dans les territoires. Les parcs éoliens sont bien acceptés y compris par la plupart des riverains. Ce qui est nouveau, c’est le manque d’acceptabilité par un certain nombre d’élus très attachés à l’énergie nucléaire.

Propos recueillis par E. L.

La rédaction

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