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L’électricité nucléaire est la plus décarbonée qui soit


Selon une étude récente, le nucléaire français a un bilan carbone tout au long de son cycle de vie encore bien inférieur à ce qui lui était attribué jusque-là à 3,7 g/KWh. Dont seulement 0,3 g pour la simple exploitation, l’essentiel étant lié à la construction des centrales et leur démantèlement et à l’extraction du minerai. Cela en fait de loin l’électricité la plus décarbonée devant l’éolien (14 g/KWh) et le solaire (55 g/KWh).

On savait que le parc nucléaire français était à l’origine de l’exceptionnelle performance de notre pays en termes de réduction de gaz à effet de serre à partir du début des années 1970 et le déploiement massif de l’atome. Mais nous avons encore tendance à sous-estimer combien nous sommes vertueux.

Ainsi, pendant des années les émissions de CO2 liées à la production électronucléaire française étaient calculées à partir de la norme IPCC faisant référence pour le Groupe d’experts intergouvernemental pour l’évolution du climat (GIEC), soit 12 g/KWh. Cependant ce chiffre représentait une médiane des émissions estimées des centrales nucléaires dans le monde tout au long de leur cycle de vie. Or EDF a publié le 16 juin dernier sa propre analyse du cycle de ses centrales.

Voilà pourquoi la France est un pays qui émet peu de CO2 par rapport à ses voisins

Cette étude est le fruit d’un travail scientifique important, répondant à toutes les normes requises. Ainsi, une Analyse de cycle de vie (ACV) doit répondre à une certaine méthodologie afin de voir ses résultats considérés comme fiables. Cette méthodologie est rassemblée dans la norme ISO 14040-44. Et le respect de cette norme est renforcé par la revue critique d’un comité d’experts (principe du Peer-Review).

Loin d’être une simple estimation, un travail solide en somme. Et le résultat est éloquent.
Ainsi, le nucléaire français a un bilan carbone bien inférieur à ce qui lui était attribué jusque-là, à 3,7 g/KWh. Dont seulement 0,3 g pour la simple exploitation, l’essentiel étant lié à la construction des centrales et à l’extraction du minerai.

Cette information a son importance, dans notre pays dépendant massivement de ses 56 réacteurs pour la production de son électricité. Ainsi, même si ce n’est qu’un jeu comptable, le bilan carbone de l’ensemble de notre production énergétique s’en voit mécaniquement amélioré.

Mais c’est surtout un atout important à faire valoir pour l’exploitant et constructeur nucléaire. En effet, si le nucléaire semble à nouveau faire vibrer les foules, il reste mal connu.

Le Collège de France avait ainsi voulu en novembre 2021 avoir un aperçu du ressenti des Français vis-à-vis de la filière atomique, à travers un sondage IPSOS. Et les résultats sont éloquents. 55% des 18-35 ans considèrent en effet il y a un an que le nucléaire émettait autant de CO2 que le charbon.

La publication de cette étude doit donc permettre de communiquer efficacement sur les vertus de la filière nucléaire. A l’aube du lancement du programme de construction de nouveaux réacteurs, ça n’est pas le moindre des arguments opposables aux associations se prétendant écologistes pour lutter contre.

Philippe Thomazo

La rédaction

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