Transitions & Energies

La Chine et l’arme des terres rares

La Chine et l’arme des terres rares

Dans la bataille commerciale contre les Etats-Unis, la Chine menace aujourd’hui d’utiliser son quasi monopole sur les terres rares. Elle est le premier producteur mondial de ces minerais très utilisés dans les technologies de pointe et dans l’énergie, notamment la fabrication de moteurs et de batteries de véhicules électriques, de cellules photovoltaïques, d’éoliennes et dans l’exploitation pétrolière…  Sur les 170.000 tonnes de terres rares produites l’an dernier dans le monde, 71% (120.000 tonnes) l’ont été par la Chine. Et elle entend riposter à la guerre commerciale lancée par Donald Trump.

Plusieurs grands journaux chinois, dont l’organe du parti communiste, le Quotidien du peuple, ont agité mercredi 29 mai, la menace d’un embargo sur une partie des exportations de terres rares vers les Etats-Unis. Le langage employé est très significatif notamment la phrase d’un éditorial du Quotidien du peuple, «Ne dites pas que vous n’avez pas été mis en garde», exactement les termes utilisés par le Quotidien du peuple en 1962 quand la Chine est entrée en guerre contre l’Inde. Les États-Unis qui étaient autrefois l’un des plus gros producteurs de terres rares de la planète dépendent aujourd’hui à près de 80% des importations chinoises selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis.

Après avoir augmenté les taxes sur 200 milliards de dollars de biens chinois importés et menacé de faire de même sur l’intégralité des produits «made in china», l’administration Trump a interdit aux réseaux de télécommunications américains de se fournir en équipements auprès de sociétés étrangères jugées à risque. Une mesure qui cible directement Huawei. La Chine n’a plus beaucoup de marges de manœuvre pour répliquer car elle surtaxe déjà la quasi-totalité des produits américains qu’elle importe. Il lui reste toutefois… les terres rares.

Ce terme désigne un ensemble de 17 métaux (le scandium, l’yttrium, le cerium, le promethium…). Ils ont des propriétés électroniques, catalytiques, magnétiques et optiques. Ils sont présents dans une très grande quantité de produits industriels et technologiques comme les aimants, les batteries des voitures électriques, les éoliennes, les pots catalytiques, les panneaux photovoltaïques, les écrans plats, les smartphones, les radars…

En guise d’avertissement, il y a quelques jours le président Xi Jinping a visité le site de JL Mag Rare-Earth, un producteur de terres rares de premier plan dans la province centrale du Jiangx. Le message était clair: rappeler que la Chine contrôle ces métaux stratégiques.

Mais en rationnant les États-Unis en terres rares, la Chine prendrait tout de même un risque. D’abord celui de voir les Etats-Unis chercher à s’approvisionner ailleurs. Ils pourraient également relancer cette industrie sur leur sol. Car les terres rares, contrairement à ce que leur nom indique, ne le sont pas. Leur exploitation en revanche est extrêmement nuisible à l’environnement. En tout cas, la production va déjà recommencer aux Etats-Unis. Le groupe américain Blue Line Corporation et le minier australien Lynas viennent d’annoncer la construction d’une usine de raffinerie de terres rares à Hondo, au Texas.

En kiosque actuellement


Inscrivez-vous à la newsletter de Transitions&Énergies




Agenda

La Chine et l’arme des terres rares
Qui fait quoi dans le monde de l’énergie