Transitions & Energies

Pour se passer à la fois du charbon et du nucléaire, l’Allemagne mise sur le gaz naturel

La politique du tout renouvelable ayant des limites techniques infranchissables et l'Allemagne ayant décidé de se passer à la fois du nucléaire et de fermer ses centrales au charbon, Berlin est contraint de miser rapidement sur le gaz naturel pour...

La baisse spectaculaire de la consommation d’énergie à Paris

Avec à la fois les effets du confinement, du ralentissement de l'activité économique et l'exode d'une partie de sa population, la ville de Paris consomme beaucoup moins d'énergie, d' électricité et de gaz, moins d'eau et produit moins de déchets.

Le coronavirus met les réseaux électriques en danger

Les sociétés modernes, plus particulièrement encore dans des périodes comme celle de la pandémie, sont totalement dépendantes de l'électricité. Pourtant la sécurité des réseaux s'est dégradée avec la part croissante des renouvelables qui par...

Les articles de la catégorie Fossile

Pétrole, l’hypocrisie norvégienne

La Norvège se présente comme un exemple en matière de transition énergétique. C'est l'un des premiers pays à avoir ratifié la COP21. Il offre des subventions considérables aux acheteurs de véhicules électriques. Mais tout cela est notamment financé par le pétrole et le gaz extraits de la mer du nord et exportés massivement.

Le Luxembourg veut réduire le «tourisme à la pompe»

Il s’agit d’une véritable tradition. Les frontaliers, Français, Allemands et Belges, particuliers et entreprises, viennent faire le plein de leurs véhicules dans les stations-service du Luxembourg. Et on comprend bien pourquoi. Par rapport à la France, aujourd’hui et en moyenne, les prix à la pompe dans le Grand-Duché sont 37% plus avantageux pour l’essence et 42% pour le diesel. Cela explique pourquoi le Luxembourg avec ses 610.000 habitants compte pas moins de 234 stations-service dont plus de 60% sont installées à ses frontières. Il s’agit d’une manne financière pour le pays puisque le secteur pétrolier génère environ deux milliards d’euros de revenus fiscaux par an, soit 3% de son PIB, selon le Groupement Pétrolier Luxembourgeois. Le problème, c’est que le Grand-Duché se retrouve avec un bilan d’émissions de CO2 catastrophique. Il devrait rejeter 9,3 millions de tonnes de CO2 cette année alors qu’il est supposé atteindre 8,1 millions de tonnes dès l’an prochain. Le transport concentre «près des deux tiers des émissions de CO2 du pays», explique le ministre des finances Pierre Gramegna. La seule solution consiste à diminuer progressivement le fameux...

Aramco terminaux pétroliers

La capitalisation boursière d’Aramco a atteint 2.000 milliards de dollars

Les énergies fossiles sont condamnées à décliner. La consommation de pétrole va baisser. Mais entre les discours volontaristes sur la transition énergétique et la réalité, il existe un gouffre. L’an dernier, les énergies fossiles représentaient plus de 80% de la consommation énergétique mondiale. Et l’entrée en Bourse il y a quelques jours de la plus grande compagnie pétrolière mondiale, Saudi Aramco, s’est faite en fanfare… En forte hausse dans les jours suivant son introduction, Aramco est devenue la première société cotée au monde dont la valeur a atteint et même dépassé 2.000 milliards de dollars. En mettant sur le marché 1,5% de son capital et en levant ainsi 25,6 milliards de dollars, Aramco avait déjà réalisé la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire. Lors de sa première séance de cotation, la semaine dernière, le 11 décembre, l’action Aramco a grimpé de 10%, le maximum autorisé en une journée à la Bourse de Ryad. Son cours est passé de 32 riyals (7,66 euros) à 35,2 riyals (8,43 euros) portant la valorisation de l’entreprise à 1.880 milliards de dollars. Le lendemain, le 12 décembre, le prix de l’action d’Aramco a encore augmenté de plus de...

Blackout en Amérique du nord en 2003

Le réseau électrique français sera fragilisé dans les années 2022 et 2023

Il ne faudrait pas que les hivers 2022 et 2023 soient très rigoureux en Europe et que par manque d’eau les barrages soient peu remplis, il pourrait y avoir alors des pénuries d’électricité. Le risque n’est pas considérable, mais il existe. Du fait du basculement de l’Allemagne vers les renouvelables (éolien et solaire), par définition intermittents, et d’une baisse des capacités de production en France. L’arrêt des centrales à charbon, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et les retards de l’EPR de Flamanville réduiront la capacité de production d’électricité en 2022 et 2023, a d’ores et déjà indiqué le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE). Celle-ci suffira normalement tout juste à couvrir la demande hivernale. RTE prévient que la sécurité de l’approvisionnement électrique de la France doit faire l’objet d’une «vigilance» en 2022-2023. Dans l’immédiat, pour l’hiver 2019-2020, l’approvisionnement en électricité «devrait être assuré». La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit cesser définitivement de fonctionner en 2020 et dans le même temps le gouvernement a...

Puit de pétrole Wikimedia

Même Aramco parle aujourd’hui de pic pétrolier (peak oil), le maximum de la consommation de pétrole dans le monde

Le «peak oil» (pic pétrolier) est un serpent de mer. Depuis près de 70 ans, il est annoncé à intervalles réguliers, par des experts, des scientifiques, le Club de Rome, des institutions internationales, des groupes écologiques… Mais la limite physique et économique de la production de pétrole n’a jamais été atteinte et est toujours repoussée. Les réserves théoriques d’or noir exploitable ne baissent pas. Ainsi, si la production de pétrole dit conventionnel a atteint un pic en 2006, l’exploitation intensive, notamment aux Etats-Unis, du pétrole de schiste a permis à l’offre de continuer à augmenter. Et selon les dernières projections de l’Agence Internationale de l’Energie, la consommation de pétrole ne devrait pas commencer à se stabiliser dans le monde avant les années 2030. Jusqu’à aujourd’hui, le problème n’était pas de trouver plus de pétrole, mais d’avoir les moyens techniques d’aller le chercher et plus encore de le faire à des coûts acceptables par les consommateurs. Pour autant, et pour la première fois depuis un siècle, le monde commence, au moins dans les discours, à se détourner du pétrole. La question est à quel...

Centrale au charbon

La Chine continue à construire massivement des centrales à charbon

En matière de transition énergétique, il faut souvent soigneusement distinguer les discours et la réalité. Quand l’Amérique de Trump a décidé de se retirer des accords de Paris sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Chine s’est empressée de réaffirmer son engagement à lutter contre le réchauffement climatique. Elle l’a encore fait  il y a quelques semaines. Des promesses difficiles à tenir. La Chine est de loin le premier émetteur de CO2 de la planète avec 9,5 gigatonnes l’an dernier (+2,5%). Cela représente près de 27% des émissions mondiales. Beijing a bien promis une «révolution énergétique» afin de réduire sensiblement sa dépendance au charbon. Le charbon est de loin la première source d’énergie responsable des émissions de CO2 (30% du total selon l’Agence Internationale de l’Energie). L’ambition annoncée de la Chine est de faire baisser rapidement la part du charbon dans sa production d’électricité. Elle est revenue de 68% en 2012 à 59% l’an dernier et devrait tomber à 55% en 2020. Mais en valeur absolue, la consommation de charbon continue à augmenter, du fait notamment de la croissance rapide de la demande en...

La Banque Européenne d’Investissement ne financera plus les énergies fossiles

Après des mois de difficiles négociations, le conseil d’administration de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), l’Institution de financement de l’Union Européenne, a décidé de ne plus financer à partir de 2022 les énergies fossiles. La BEI devient la première institution multilatérale de financement du développement a se revendiquer comme une «banque du climat». Elle avait déjà cessé depuis 2013 de financer les activités liées au charbon. C’est maintenant au tour du pétrole et du gaz. La BEI permet ainsi de remplir la promesse faite lors de son élection par la nouvelle Présidente de la Commission Européenne, Ursula Der Leven, de créer une banque du climat. Car en parallèle à son retrait des énergies fossiles, la BEI entend «mobiliser 1.000 milliards d’euros d’investissements pour l’action en faveur du climat et de la durabilité environnementale au cours de la décennie 2021-2030». Selon Andrew McDowell, le vice-président de la BEI, un euro sur deux investi par la banque d’ici 2025 sera dédié à des projets environnementaux. Mais pour parvenir à cette annonce, la bataille a été rude au sein du Conseil d’administration de la banque où...

Flamme Gaz Naturel Wikimedia Commons

Les renouvelables ont besoin du gaz naturel

Pendant des décennies, le gaz naturel a été le parent pauvre du pétrole. Il n’a pas comme l’or noir permis l’ascension de fortunes et de dynasties, comme celles des Rockfeller ou de la famille royale saoudienne. Il n’a pas contribué à la victoire des alliés lors de la seconde guerre mondiale. Il n’a pas été à l’origine de bouleversements géopolitiques majeurs, notamment après les chocs pétroliers des années 1970. Mais le gaz est en train de changer de statut et de prendre une importance grandissante économique comme politique. Dans son livre, The New Geopolitics of Natural Gas, publié en 2017, l’universitaire Agnia Grigas explique que le point de départ de ce changement est technologique. L’extraction et le transport de ce combustible se sont nettement améliorés et en conséquence les marchés du gaz se sont étendus et mondialisés. L’évolution des technologies a conduit à une expansion rapide du commerce mondial du gaz naturel liquéfié (GNL). Fin 2015, 17 pays exportaient du GNL tandis que 33 autres en importaient, reliant des marchés régionaux autrefois isolés. Ensuite, la révolution du gaz de schiste a contribué à transformer le rôle des Etats...

Plateforme Pétrolière Wikimedia commons

Nous ne sommes pas prêts de manquer de pétrole

Après une brève envolée au lendemain des attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, le prix du pétrole est retombé depuis autour de 60 dollars le baril. A en croire le New York Times, le prix du pétrole devrait continuer à être bas au cours des prochaines années, non seulement parce que l’économie mondiale ralentit, mais aussi parce que l’offre devrait être encore plus abondante. «Une augmentation de la production est programmée, que le monde en ait besoin ou pas. Ce flot de pétrole brut va arriver même si les inquiétudes sur le changement climatique grandissent et si la demande mondiale de pétrole ralentit. Et il ne vient pas des producteurs habituels, mais du Brésil, du Canada, de la Norvège et du Guyana…», écrit le New York Times. Ces quatre pays devraient ajouter en 2020 un million de barils supplémentaires à la production mondiale et encore environ un million de barils en 2021. La production mondiale est aujourd’hui de 80 millions de barils par jour en dépit des difficultés de grands pays producteurs comme le Venezuela et la Libye et de l’embargo américain contre l’Iran. Cette production supplémentaire n’est pas le fruit...

Le pétrolier ExxonMobil a-t-il mené des campagnes de désinformation sur le climat?

Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment pour ExxonMobil et ce n’est  certainement pas une coïncidence. Lundi 21 octobre, à la veille du procès de la multinationale devant un tribunal de l’Etat de New York pour diffusion de fausses informations financières sur les risques liés au changement climatique, des universitaires du Center for Climate Change Communication de la George Mason University rendent public un rapport sur les campagnes mensongères menées pendant des années par la compagnie pétrolière. Ainsi, les dirigeants d’ExxonMobil, comme l’ex-Pdg Rex Tillerson, qui a quitté la société le 1er janvier 2017 pour devenir jusqu’en mars 2018 le Secrétaire d’Etat de l’administration Trump, «entendaient une chose des scientifiques qu’ils employaient, disaient au public une autre chose, aux investisseurs encore autre chose et à eux-mêmes une quatrième chose…». Le rapport souligne également les contradictions des campagnes de désinformation. «Le déni climatique manque de cohérence car il ne s’agit de preuves scientifiques, il s’agissait de continuer les affaires comme d’habitude face au dérèglement climatique». Toujours selon le...