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Pourquoi la capture du CO2 est ignorée et rejetée?

Pourquoi la capture du CO2 est ignorée et rejetée?

Les Accords de Paris de 2015 ont convenu d’un objectif qui consiste à réduire les émissions de CO2 sur la planète à raison d’une baisse annuelle moyenne de 2,9% d’ici 2050. Nous en sommes très loin et d’ores et déjà l’objectif semble presque inatteignable. Selon l’Agence Internationale de l’énergie (AIE), les énergies fossiles représenteront encore au mieux 60% de la fourniture mondiale d’énergie en 2040.

La conclusion logique est que si nous continuons à produire du CO2 en quantités trop importantes, il faut éviter qu’il aille dans l’atmosphère et donc le capturer et le séquestrer… Et pourtant cette technologie dite CCS en anglais (Carbon Capture Storage) est ignorée voire rejetée. Claude Mandil, ancien Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, exprime dans une tribune à Connaissance des Energies le caractère absurde et dangereux de ce rejet irrationnel, notamment en France.

On compte pourtant déjà 18 installations en fonctionnement, 5 en construction, le tout dans 9 pays: États-Unis, Canada, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Australie, Chine, Japon et Émirats Arabes Unis. Claude Mandil souligne que la technologie de la capture et de stockage du carbone est maitrisée. «Les procédés de capture (amines ou ammoniac) sont connus et mis en œuvre depuis des décennies (ça ne veut pas dire qu’on ne devra pas progresser); le transport du CO2 est une activité banale par tuyaux; son injection en réservoir profond ne pose pas plus de problèmes de principe que l’injection de gaz naturel dans un stockage». Il ajoute que c’est une des solutions les plus économiques pour éviter de rejeter du CO2 dans l’atmosphère et que les capacités de stockage existantes (mines, puits…) sont importantes.

En fait, la question est avant tout psychologique. L’opinion publique mal ou pas informée n’en veut pas et les mouvements écologistes craignent que la séquestration du carbone serve de prétexte pour ne pas réduire la consommation d’énergies fossiles.

Et pourtant, la France ne manque pas d’atouts pour être à la pointe de cette technologie et de cette industrie naissante. Avec des centres de recherche compétents en géologie (IFP Énergies nouvelles et le BRGM), un spécialiste du gaz et du stockage (Engie), un grand des hydrocarbures (Total), deux opérateurs mondiaux d’assainissement par délégation de service public (Veolia et Suez).

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