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Pour Brice Lalonde, le coronavirus doit permettre «une seconde révolution électrique» en Europe

Brice Lalonde Wikimedia commons

Brice Lalonde, ancien ministre de l’environnement, estime qu’après la pandémie la relance de l’économie française et européenne passe par une électrification massive de nos sources d’énergie. Une chance à saisir pour l’Europe afin de retrouver une raison d’être.

Ancien ministre de l’environnement, Brice Lalonde qui préside l’association Equilibre des énergies, prône dans un point de vue publié par la Tribune, une accélération rapide maintenant de l’électrification des économies européennes. A ses yeux, il s’agit aujourd’hui du meilleur moyen de relancer les économies et de réaliser  la transition énergétique.

«Est-ce que tout va changer après l’attaque du nouveau virus?» Brice Lalonde se pose la question que tout le monde se pose depuis quatre semaines. Il estime que les Etats européens corrigeront «les imprudences d’économies trop impatientes ou trop ouvertes», mais doute de leur détermination à résister «à une relance nourrie de pétrole bon marché et aux sirènes du repli souverain». Quand à la crise sanitaire succéderont les crises économiques, sociales et politiques, qui tournera le dos aux solutions de facilité et aux économies faciles?

L’exemple de la CECA

L’énergie est au cœur du développement et du fonctionnement des sociétés. «Elle délivre le bien-être et permet l’action.» Elle peut être dans les mois et les années qui viennent tout aussi bien la clé d’une relance vertueuse de la croissance, de la modernisation des infrastructures et d’un nouveau départ pour la construction européenne ou être le reflet du manque d’ambition et de réflexes égoïstes et à courte vue.

«Je suis un Européen humilié par la faiblesse et les cafouillages de l’Europe, mais j’espère toujours. Est-ce que Madame von der Leyen, appuyée par le Conseil et le Parlement pourra s’imposer et piloter un Pacte vert placé sur de bons rails?»

Pour lui, l’exemple vient des fondateurs de l’Europe politique et de la CECA, la Communauté européenne du charbon et de l’acier fondée en 1952, qui a été le prémisse de la Communauté européenne. Une transition énergétique ambitieuse et réaliste peut redynamiser l’Europe et la France. «La forme de l’énergie décarbonée qui déjà éclaire, refroidit, digitalise et demain fera rouler les voitures, après-demain fournira de l’hydrogène à partir de l’eau, celle dont la présence est cruciale dans les hôpitaux, celle qui est produite sur notre sol et qui devrait répondre à la moitié des besoins de l’Europe en 2050, c’est l’électricité dès lors qu’elle provient de sources renouvelables ou nucléaire», écrit Brice Lalonde. Il affirme que le Pacte vert si cher à Ursula von Leyen, la présidente de la Commission européenne, «ce doit être la seconde révolution électrique!»

Ne pas oublier les formes de chaleur renouvelables

Les étapes pour y parvenir seraient les suivantes. «Souligner la nécessité centrale de l’électrification dans la future loi climat européenne. Contribuer à la mobilité électrique en multipliant l’installation de bornes de recharge, en veillant à produire des batteries en Europe et en prévoyant leur recyclage. Réduire les émissions des bâtiments en donnant priorité à la diminution du CO2 dans la réglementation, développer les pompes à chaleur et les systèmes de gestion active de l’énergie. Travailler avec les entreprises et les collectivités pour rapatrier et moderniser grâce à l’électricité notre appareil industriel.» Brice Lalonde met enfin en avant le rôle majeur, à côté de l’électricité, de toutes les formes de chaleur renouvelables, à savoir: le solaire thermique, les pompes à chaleur, la géothermie, la biomasse, le biogaz et le biométhane

La vision de Brice Lalonde manque sans doute d’un ancrage dans la réalité économique, financière et même politique. Elle a un mérite, offrir une ambition autre que limiter les conséquences de la pandémie.

 

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