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Les avions électriques vont décoller… un jour

Les avions électriques vont décoller… un jour

La honte de voyager en avion est un nouveau sentiment devenu aujourd’hui à la mode. Au moins dans les médias. Il a été en quelque sorte mis sur le devant se la scène par la passionaria suédoise Greta Thunberg. Le terme même de la culpabilité écologique liée au transport aérien nous vient de Suède et s’appelle le flygskam. Les consommateurs mobilisés et soucieux de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre sont conviés à se passer autant que possible de voyages aériens. Cela peut sembler un peu dérisoire. Le transport aérien représente 2% à 3% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Mais la bonne conscience n’a pas de prix…

Les transporteurs aériens ont en tout cas bien pris compris que dans une partie de l’Europe au moins, il leur faut montrer qu’ils ont pris acte de l’urgence climatique et qu’ils prennent leur part de la transition énergétique. Il y a deux façons de le faire. D’une part, adopter des biocarburants pour faire fonctionner les réacteurs, et d’autre part, développer d’autres modes de propulsion des avions. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Les recherches se sont ainsi intensifiées au cours des dernières année pour faire voler des prototypes hybrides (thermique-électrique) et purement électriques. Mais cela est loin d’être un pari facile à gagner pour une raison principale, l’ennemi dans l’aviation c’est le poids. Or par définition la propulsion électrique, principale ou auxiliaire (hybride), nécessite de lourdes batteries… qu’il faut bien faire décoller.

Le problème de fond est une question de physique. La densité énergétique d’une batterie lithium ion est 2% de celle du kérosène… Airbus travaille à une solution hybride. Les moteurs électriques participeraient aux décollages et aux atterrissages, qui nécessitent une grande puissance, et pendant le vol de croisière les réacteurs thermiques plus efficaces seraient les seuls à fonctionner et rechargeraient les batteries. Le gain en terme d’émissions devrait être limité. Cela ressemble tout de même a de la cosmétique et ne verra pas le jour, au mieux, avant 15 ans. Le premier prototype de moteur hybride fabriqué par Rolls-Royce devrait être testé d’ici deux ans et fournira une puissance électrique de 2 mégawatts… bien faible par rapport aux besoins d’un avion de ligne.

En l’état actuel de la technologie, les avions électriques les plus avancés sont de petits robots taxis plus ou moins autonomes pour de courtes distances. Ils pourraient peu à peu voir leur taille grandir et transporter 10 à 20 passagers dans une dizaine d’années. Les premiers modèles de taxis volants électriques devraient être commercialisés l’an prochain par le constructeur chinois EHang Air Mobility et un peu plus tard par l’israélien Eviation Aircraft. D’autres sociétés développent aussi ce type d’appareils, les américains Zunum Aero et MagniX Technologies et le britannique Faradair.

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