<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> L’armée américaine déploie son premier SMR

26 février 2026

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Photo : Project Janus SMR US ARmy
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L’armée américaine déploie son premier SMR

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Un avion de transport géant C-17 de l'armée de l'air américaine a transporté par voie aérienne un petit réacteur nucléaire modulable (SMR) d’une puissance de 5 MW depuis la base aérienne de March en Californie jusqu'à la base aérienne de Hill dans l'Utah pour y être assemblé et mis en service. Ce premier test en grandeur réelle vise à démontrer que l’armée américaine est capable de déployer un équipement capable de produire pendant des années une assez grande quantité d’électricité n'importe où dans le monde en moins de vingt-quatre heures. L’administration Trump a demandé la construction d'au moins trois SMR militaires d'ici le 4 juillet de cette année, le jour de la fête nationale américaine. Comme l’expliquent souvent les experts de l’histoire militaire, c'est la logistique qui permet de gagner les guerres. Et l’avenir de la guerre est à toujours plus d’utilisation d’énergie pour des centres de données d'intelligence artificielle, des armes à énergie dirigée et des infrastructures spatiales et cybernétiques

Les SMR ou petits réacteurs nucléaires modulables sont à la mode depuis des années même si les obstacles techniques et économiques à leur déploiement à grande échelle ont été souvent sous-estimés, volontairement ou pas. Mais en dépit des échecs, des renoncements, des effets d’annonce, des audits très critiques, la technologie des SMR progresse. Les 90 projets en cours dans le monde, dont beaucoup sont soutenus par des gouvernements, ne verront pas le jour. Mais les SMR correspondent à de réels besoins dans les domaines de la technologie, de l’industrie (notamment pour produire de l’hydrogène décarboné et des carburants synthétiques) et militaire… Google en a commandé sept et Amazon, Microsoft et Meta lui emboîtent le pas.

En fait, il existe déjà des dizaines de SMR en service dans le monde… Ce sont les réacteurs qui équipent des sous-marins et des porte-avions à propulsion nucléaire en France, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Chine, en Inde et en Russie. C’est donc presque sans surprise que le premier SMR terrestre à être déployé, la Russie en a mis un sur une barge dans l’arctique depuis des années, l’est par l’armée américaine.

Déployer un micro-réacteur nucléaire partout dans le monde en moins de 24 heures

Un avion de transport géant C-17 de l’armée de l’air américaine a transporté un réacteur nucléaire complet de 5 MW depuis la base aérienne de March en Californie jusqu’à la base aérienne de Hill dans l’Utah pour y être assemblé et mis en service (voir la photographie ci-dessus). Ce premier test en grandeur réelle vise à démontrer que l’armée américaine est capable de déployer un équipement capable de produire pendant des années une assez grande quantité d’électricité n’importe où dans le monde en moins de vingt-quatre heures. Comme l’expliquent souvent les experts de l’histoire militaire, c’est la logistique qui permet de gagner les guerres, et plus encore aujourd’hui.

Car l’avenir de la guerre est à une consommation toujours plus grande d’énergie souligne Michael P. Duffey, sous-secrétaire américain à la guerre. Mener un conflit nécessite désormais des centres de données d’intelligence artificielle, des armes à énergie dirigée et des infrastructures spatiales et cybernétiques. L’administration Trump a demandé la construction d’au moins trois SMR militaires d’ici le 4 juillet de cette année, le jour de la fête nationale américaine.

Générer environ 120 MWh en 24 heures

Au cœur de l’exercice de déploiement d’un premier SMR, baptisé « Project Janus », se trouve un réacteur nucléaire modulaire Ward250 développé par Valar Atomics. Sa capacité est de 5 MW, il s’agit plutôt d’un micro-réacteur, permet tout de même de générer environ 120 MWh d’électricité en 24 heures, de quoi alimenter une petite ville, une grande base militaire ou un réseau d’armes laser anti-aériennes… Et cela permet aussi de ne pas exposer des lignes de ravitaillement de carburants vers des bases. Jusqu’à présent, l’armée américaine utilise des générateurs diesel pour l’alimentation électrique de ses bases construites sur les théâtres d’opération et doit alors gérer des chaînes d’approvisionnement vulnérables.

« La livraison et l’installation réussies de ce réacteur ouvriront d’importantes perspectives pour l’avenir de la résilience énergétique et l’indépendance stratégique de notre nation en matière de défense… En exploitant la puissance de la technologie nucléaire avancée, nous renforçons non seulement notre sécurité nationale, mais nous défendons également l’avenir de la domination énergétique américaine », déclare le ministère américain de la Guerre, ex-ministère de la Défense, dans un communiqué.

Les nombreux avantages théoriques des SMR

La capacité à déployer rapidement une alimentation électrique fiable peut aussi potentiellement être précieuse pour les interventions en cas de catastrophe et les avant-postes médicaux et scientifiques isolés.

Une étude, rendue publique en 2024 par le cabinet-conseil EY-Parthenon (ex-Ernst & Young), prévoit la construction d’ici 2050 de 400 à 700 SMR. Il faut évidemment prendre ce genre de projections avec beaucoup de précautions. Mais les avantages théoriques des SMR sont importants. Ils sont plus petits que les réacteurs traditionnels, avec une puissance allant jusqu’à 300MW, et comme leur nom l’indique, ils ont modulaires, ce qui facilite leur assemblage en usine et leur transport sur le site. Non seulement, ils peuvent être installés sur des sites qui ne conviennent pas aux réacteurs conventionnels plus grands mais peuvent être additionnés progressivement pour répondre à la demande croissante d’énergie d’un site. Ils sont également, en théorie, moins chers et plus rapides à construire que les réacteurs nucléaires traditionnels. Ce sera vraiment le cas s’ils sont un jour construits en série.

Car le réacteur et tous ses composants clés sont fabriqués en usine. Ils sont ensuite assemblés à partir des pièces transportées. Un chantier de 8 à 15 ans sur un réacteur de grande taille peut en théorie être mené en 2 ans avec une SMR. Cela doit permettre de réduire fortement les prix du KWh produit. Et ils ont des composants de même qualité que les grandes centrales, les réacteurs, les turbines, etc… mais plus petits. Ils peuvent enfin pour un certain nombre de projets améliorer sensiblement les questions de sûreté en faisant appel à des technologies dites passives qui permettent en cas d’incident au réacteur de cesser naturellement de fonctionner.

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