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En Allemagne, la voiture électrique ne convainc pas

En Allemagne, la voiture électrique ne convainc pas

Outre-Rhin, les primes à l’achat d’une voiture électrique devaient s’arrêter à la fin de ce mois. Finalement le gouvernement d’Angela Merkel a décidé de les prolonger de 18 mois jusqu’à la fin de l’année 2020. Il y a une raison à cela. La voiture électrique remporte un succès limité en Allemagne.

En dépit des remises consenties en cas d’acquisition d’un véhicule hybride ou électrique, des campagnes de publicité et des appels aux comportements écologiques, les ventes restent poussives. Et les 20% atteints par le parti écologiste aux élections européennes n’y font rien…

La subvention à l’achat de véhicules neufs d’une valeur de moins de 60 000 euros restera encore donc pendant un an et demi de 4 000 euros par voiture électrique et de 3 000 euros pour chaque véhicule hybride. Le contribuable finance la moitié de cette somme et les constructeurs automobiles l’autre moitié. Avec un budget estimé à 1,2 milliard d’euros, Berlin prévoyait au printemps 2016, quand la prime a été instaurée, la vente d’au moins 300 000 automobiles électriques. A l’époque, seulement 50 000 voitures électriques étaient en circulation en Allemagne sur un parc de plus de 45 millions de véhicules individuels. Il y en avait près de 425 000 à la fin de l’année 2018, un progrès mais qui reste bien inférieur aux prévisions surtout que la grande majorité des véhicules ont été achetés par des flottes d’entreprises. Seulement 118 000 demandes de prime ont été déposées par des particuliers.

Tous les constructeurs allemands se sont pourtant mis à l’électrique et à l’hybride. Opel vient de dévoiler sa nouvelle Corsa-e qui devrait être commercialisée au printemps 2020. BMW, Mercedes, Audi et même Porsche ont lancé ou vont lancer des modèles électriques et hybrides. Volkswagen veut faire de son site de Zwickau, dans la Saxe, la première usine allemande entièrement consacrée aux véhicules électriques. Plus de 300 000 automobiles y seront assemblées par an à partir de l’été 2020.

Mais tant que les consommateurs rechigneront à acheter des véhicules offrant des performances, notamment en matière d’autonomie et de facilité d’usage, inférieures à celles des véhicules thermiques, l’Allemagne n’atteindra pas ses objectifs. Et ils sont ambitieux. Pour que Berlin remplisse ses objectifs de réduction des émissions de CO2 à l’horizon 2030, il faut, selon le ministère des transports, que 10 millions de voitures et 500 000 véhicules utilitaires électriques soient en circulation…

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