Le gouvernement s’apprête à publier par décret la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), sans consulter le Parlement, malgré les alertes émises par de nombreux acteurs du secteur. Cette décision intervient dans un contexte de surproduction structurelle d’électricité signalée par EDF, la Commission de Régulation de l’Énergie et RTE. Pour nos associations, ce choix expose la France à une hausse durable du coût complet de l’électricité et à un creusement des inégalités entre ménages et territoires.
« La PPE3 que le gouvernement s’apprête à promulguer prolonge des orientations coûteuses et insuffisamment justifiées qui fragilisent depuis des années notre compétitivité », explique Nicolas Bour, porte-parole de RETM, Réseau Énergie Terre & Mer.
Un système électrique sous tension économique
En quinze ans, le coût de l’électricité en Europe a augmenté de 150%, fragilisant PME, artisans et ménages. Dans le même temps, la France connaît :
-Une surproduction estimée à 100 TWh plus une réserve de production de 30 TWh, soit 130 TWh disponible d’ici 2045.
-Une multiplication des épisodes de prix négatifs, conduisant à des prix bradés et des exportations à perte.
-Des indemnisations croissantes versées lors d’arrêts forcés de production.
-L’absence d’évaluation transparente du coût complet pour la collectivité.
Des investissements massifs dans des capacités intermittentes ont été engagés sans analyse comparative claire des bénéfices économiques et climatiques.
Eolien et solaire: les énergies les plus chères en coût complet
Les associations rappellent plusieurs faits absents des documents officiels :
-la France produit déjà environ 20 % d’électricité en trop et son électricité est déjà décarbonée à plus de 95 %;
-le développement de l’éolien en mer entraîne des coûts croissants (subventions, réseaux, instabilité du système,électrique) qui pèsent lourdement sur le prix de l’électricité en France
-les coûts complets de l’éolien terrestre/maritime et du solaire sont largement supérieurs à ceux de l’hydraulique et du nucléaire. Cette étude est en cours auprès de RTE avec la révision des Futurs énergétiques 2050.
Aucune comparaison n’a encore été faite entre les différents scénarios de mix énergétique. Des milliards d’euros pourraient être engagés sans bénéfice démontré ni pour le climat ni pour les consommateurs.
L’éolien en mer: des impacts majeurs sur les territoires littoraux
Les conséquences avérées pour les projets existants et le prix de l’électricité sont largement sous-évalués :
-atteintes aux paysages maritimes et aux sites naturels ;
-risques pour la biodiversité et les fonds marins ;
-problèmes de sécurité maritime, notamment dans des zones de trafic intense ( Manche – Mer du Nord) ;
-impacts directs sur la pêche, le tourisme, la plaisance et l’économie locale.
Les territoires littoraux deviennent la variable d’ajustement d’une politique décidée à distance.
Les demandes des associations
Les associations et différentes organisations du Réseau Energies Terre & Mer appellent à :
-l’actualisation par la loi des orientations énergétiques de long terme de la France, avant la publication d’un décret PPE3 ;
-des études en coût complet indépendantes et qui leur soient accessibles ;
-une évaluation comparative des scénarios énergétiques pour optimiser l’investissement public ;
-la protection des territoires avant tout engagement irréversible.
Face à l’endettement de la France, il faut EVITER des dépenses publiques injustifiées, PRESERVER la stabilité du système électrique et GARANTIR une transition énergétique économiquement soutenable.
Le Réseau Energies Terre & Mer (RETM), créé en 2024, rassemble des citoyens et associations pour une politique énergétique française souveraine, respectueuse de l’environnement, des finances publiques et du pouvoir d’achat. La maîtrise du coût de l’électricité est au cœur de ses actions, dans un contexte marqué par une explosion des prix depuis 15 ans et une surproduction structurelle d’électricité (20% de la production exportée).














