<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Budget 2026, les automobilistes un peu moins maltraités

26 janvier 2026

Temps de lecture : 4 minutes
Photo : Superéthanol E85 Ministère de l'Agriculture
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Budget 2026, les automobilistes un peu moins maltraités

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Le budget 2026 adopté à l’Assemblée nationale ne règle aucun des problèmes du pays. On peut même considérer qu’il les aggrave tous. Notamment, l’incapacité à réduire le niveau exorbitant de la dépense publique, des prélèvements obligatoires et… de l’endettement. Dans ce contexte peu réjouissant, les automobilistes peuvent tout de même constater que grâce à des amendements adoptés in extrémis pour garantir le passage du 49.3 quelques hausses de taxes (sur le superéthanol 85, sur le malus écologique, sur le malus au poids) ont été abandonnées… cette année. Il faut ajouter, même si cela est hors budget, que les élus, députés comme sénateurs, ont fait un grand pas vers la suppression définitive des ZFE (Zones à faibles émissions).

Le budget 2026 adopté par l’Assemblée, après le recours à plusieurs reprises au vote automatique du 49.3 auquel le Premier ministre avait officiellement renoncé, ne va pas sortir les finances publiques du pays de la crise profonde dans laquelle elles se trouvent. Il ne va ni réduire les déficits permanents et multiples de l’Etat et de tous les régimes sociaux ou presque, ni le niveau exorbitant des prélèvement obligatoires. La France est championne du monde de la dépense publique (plus de 57% du PIB) et des prélèvements obligatoires (près de 43% du PIB). Cela l’appauvrit et fracture sa société entre ceux toujours plus nombreux qui bénéficient du système et ceux qui l’alimentent. Mais le pays et surtout sa classe politique, incompétente et démagogique, continuent inlassablement sur le même chemin illustrant l’aphorisme attribué à Albert Einstein : « la définition de la folie consiste à faire toujours la même chose en espérant que le résultat soit différent ». On peut y ajouter une autre citation célèbre, de l’économiste et prix Nobel Milton Friedman, « l’Etat n’est pas la solution, c’est le problème ».

Le fonctionnement d’un Etat inefficace, obèse et hors de tout contrôle est aujourd’hui la principale raison pour laquelle le pays s’appauvrit, produit de moins en moins que ce soit dans l’industrie et l’agriculture et que son économie ne fonctionne plus qu’en alimentant, en partie à crédit, la consommation des ménages.

De façon plus pragmatique, dans ce budget ni fait, ni à faire, les automobilistes auront tout de même échappé in extremis à quelques hausses de taxes. Les débats parlementaires ont abouti à leur abandon dans les derniers jours, notamment sous la pression des députés LR. Il faut dire que compte tenu de l’état sinistré du marché automobile, surtaxer encore un peu plus les automobilistes n’était pas la meilleure des choses à faire.

-La taxe sur la pollution atmosphérique continue à augmenter

Cela dit, la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques (pour les entreprises) augmente elle, dès 2026. Elle passe à 130 euros pour les véhicules de catégorie 1 (gaz, hybride et essence Euro 5 et 6), contre 100 euros jusque-là, et à 650 euros pour les véhicules les plus polluants (vignettes Crit’Air jaunes, oranges, bordeaux, grises et non classés), contre 500 euros actuellement. Le barème évoluera également en 2027, à 160 euros pour les modèles de catégorie 1 et à 800 euros pour les autres.

-Un grand pas vers la suppression définitive des ZFE

Même si cela ne figure pas dans le budget, cela concerne au premier chef les automobilistes et le Parlement a franchi une étape importante au cours des derniers jours. Il a avancé vers la suppression définitive des ZFE (Zones à faibles émissions) ou Zones à fortes exclusions… selon les opinions. Réunis en commission mixte paritaire sur le projet de loi de « simplification de la vie économique », députés et sénateurs se sont accordés pour maintenir la suppression des ZFE votée en juin 2025.

En l’état, la loi prévoit la suppression totale des 24 ZFE existantes, effaçant toute référence à ces zones dans le Code des collectivités territoriales, le Code des transports et le Code de l’environnement. Une adoption définitive signifierait, en théorie, la fin des vignettes Crit’Air et la possibilité pour tous les véhicules de circuler librement dans les grandes agglomérations.

-Un sursis pour le Superéthanol E85

La fiscalité sur le carburant superéthanol E85 devait passer de 12 centimes le litre à 52 centimes en 2028. Cela ne sera pas le cas et plus de  400.000 automobilistes vont pouvoir y échapper pour cette fois. Car le Superéthanol E85 s’est construit au fil des années une niche et une clientèle fidèle car il bénéficie d’avantages fiscaux importants sur l’essence. Il le doit au fait qu’il est en partie décarbonée car constitué d’essence mélangé avec une grande quantité d’alcool d’origine agricole. Son prix était ainsi de l’ordre de 0,78 centimes d’euro le litre au cours des derniers jours.

Ce qu’il y a d’hallucinant avec l’augmentation prévue des taxes sur le Superéthanol E85 est l’incohérence totale de l’Etat. Car il a décidé il y a quelques mois de convertir 40.000 véhicules officiels, de la police, de la gendarmerie, des douanes, au Superéthanol E85 pour faire des économies sur les frais de carburants…. Ils vont être équipés d’un kit de conversion. Si l’avantage fiscal du Superéthanol E85 avait été supprimé, les économies auraient été bien plus faibles… D’autant plus, qu’avec ce carburant la consommation augmente d’environ 25% du fait de sa plus faible densité énergétique.

A noter aussi, que l’avantage fiscal du diesel B100, à base de colza, utilisé dans le transport routier a été aussi maintenu.

-Malus CO2, un petit geste qui ne change pas grand chose

La loi de finances 2025 avait durci le malus CO2 pour les années 2026-2027. Cette taxe à l’achat des voitures neuves a été créée en 2008 et taxe les véhicules en fonction de leurs rejets de CO2 à l’échappement. Elle est aussi appelée malus écologique. Depuis le 1er janvier 2026, elle s’étale de 50 euros pour les véhicules émettant plus de 108 g/CO2/km à 80.000 euros, pour ceux émettant plus de 191 g.  En 2027, le malus commencera à partir de 103 g. La version initiale du budget prévoyait de durcir encore cette trajectoire en 2028, en faisant démarrer le malus à 98 g. Cela n’y figure plus pour le moment.

L’un des problèmes avec cette taxe devenue confiscatoire pour les véhicules puissants, sportifs et de prestige est qu’elle a créé une filière de fraudes à grande échelle. Pas moins d’un tiers des véhicules neufs de luxe qui devraient acquitter le niveau de taxe le plus élevé arriverait ainsi à y échapper…

-Malus au poids, les véhicules électriques encore épargnés

Le malus au poids est comme son nom l’indique une autre taxe sur les véhicules neufs en fonction de leur poids. La loi de finances pour 2025 avait même prévu d’assujettir à ce malus certains véhicules électriques, les plus lourds considérés comme non écologiques, à partir du 1er juillet 2026. Cela ne sera finalement pas le cas. À cette date, les véhicules électriques ne bénéficiant pas d’un écoscore étaient supposés entrer dans le dispositif, moyennant un abattement de 600 kg. Idem pour les modèles hydrogène à compter du 1er janvier 2028. Ce dispositif a été abandonné… pour cette année.

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La rédaction

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