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La révolution électrique ne peut pas se passer du gaz à effet de serre le plus nocif

La révolution électrique ne peut pas se passer du gaz à effet de serre le plus nocif

L’hexafluorure de soufre ou SF6 est un gaz inerte utilisé intensivement dans l’industrie électrique pour éviter les courts circuits, les accidents et les incendies. Il s’agit d’un excellent isolant électrique et d’un gaz capable d’éteindre les arcs électriques. On le trouve aujourd’hui abondamment dans les installations de fortes et moyennes puissance, les disjoncteurs, les éoliennes, les réseaux à haute tension… Mais il pose un sérieux problème. Il s’agit d’un gaz à effet de serre 23.500 fois plus nocif que le CO2. Un kilo d’hexafluorure de soufre répandu dans l’atmosphère a les mêmes conséquences sur le climat que 24 personnes faisant un vol Paris-New York aller-retour. Et en plus, il reste très longtemps dans l’atmosphère, plus de 1000 ans!

Selon une étude de l’université de Cardiff, la consommation d’hexafluorure de soufre ne cesse d’augmenter et représentait déjà en 2017, uniquement dans l’Union Européenne, l’équivalent de 1,3 million de voitures supplémentaires sur les routes.

La transition énergétique passe par l’électrification, la multiplication des sites de production renouvelables  (éoliennes, panneaux solaires) et le développement des réseaux. Elle ne peut pas aujourd’hui se passer de SF6. «Les projets de renouvelables deviennent de plus en plus nombreux et importants. Comme il y a de plus en plus de turbines, il nous faut de plus en plus de modules de connexion et de plus en plus de SF6», explique à la BBC Costa Pirgousis, un ingénieur de Scottish Power Renewables. «Ce gaz a été testé pendant des années et il est très fiable et nécessite peu de maintenance», ajoute-il.

Selon les projections, les équipements électriques protégés par de l’hexafluorure de soufre devraient augmenter de 75% dans le monde d’ici 2030 et il n’existe pas vraiment aujourd’hui d’alternative, notamment pour les équipements à haute tension. «Il n’y a pas d’autre solution qui ait été suffisamment testée» souligne le Professeur Manu Haddad de l’école d’ingénieurs de l’université de Cardiff. «Certaines solutions alternatives ont été proposées, mais elles n’ont pas fait leur preuve sur une longue période et les sociétés électriques ne veulent pas prendre de risques d’accident», ajoute-t-il.

L’Union Européenne doit se pencher l’année prochaine sur l’utilisation du SF6 et les alternatives possibles. Mais même les experts les plus opposés à ce gaz n’imaginent pas que son utilisation puisse être interdite avant 2025… au mieux.

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