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Révolution à l’Ademe, le militantisme passe de mode

Révolution à l’Ademe, le militantisme passe de mode


L’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe) dont le budget dépasse 4 milliards d’euros fait depuis sa création en 1991 du militantisme écologiste contre le nucléaire, contre l’automobile et pour promouvoir les renouvelables et la décroissance. Au point que ses études et ses rapports ont perdu presque toute crédibilité. Mais le virage à 180 degrés d’Emmanuel Macron sur le nucléaire et le retour à la réalité contraint et forcé par la crise énergétique vont tout changer à l’Ademe. Son nouveau Président, Boris Ravignon, est résolument pro-nucléaire…

L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie) qui s’est auto baptisée Agence de la transition écologique est un établissement public dont la mission principale est d’accompagner la transition énergétique. Il dispose pour cela d’un budget considérable qui sera de 4,2 milliards d’euros en 2023. Cela ne l’empêche pas depuis sa création en 1991 de faire du militantisme écologiste parfois jusqu’à la caricature. L’Ademe est en mission idéologique contre le nucléaire, contre l’automobile et pour promouvoir les renouvelables et la décroissance. Au point d’avoir perdu auprès des experts de l’énergie et des ingénieurs presque toute crédibilité. Ces études ne sont même plus citées ou prises en compte.

Dans un épisode resté célèbre, l’Ademe avait réalisé fin 2018 à la demande express d’Elisabeth Borne alors ministre de la Transition é écologique une étude démontrant que produire 100% d’électricité renouvelable d’ici 2060 était possible… Un document ahurissant construit sur des hypothèses invraisemblables et impossibles à justifier. Il n’y avait d’ailleurs aucun comité scientifique derrière cette étude.

Dénoncée par l’Académie des technologies

Dans son scénario «de référence», le postulat de l’Ademe était celui d’une baisse de la consommation d’électricité en France… avec une augmentation de la population, dix millions de véhicules électriques sur les routes et une transition énergétique qui ne peut se faire que par une électrification massive des usages. L’Académie des Technologies avait «descendu» le document écrivant que «les conclusions de l’étude de l’Ademe doivent être prises avec la plus grande prudence». Elles sont affectées par «de nombreuses erreurs de méthodes et des contradictions». Elles «ne devraient en aucun cas servir de base à des décisions de politique publique».

Mais les choses sont en train de changer à l’Ademe avec le virage à 180 degrés au début de l’année d’Emmanuel Macron en faveur du nucléaire et le retour à la réalité contraint et forcé par la crise énergétique. Les stratégies construites sur des hypothèses invraisemblables et des choix technologiques douteux ne sont pas pour rien dans la situation de pénurie d’électricité dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays. Et après six mois de vacance du pouvoir, un nouveau président vient d’être nommé à la tête de l’Ademe, Boris Ravignon, et il est pro-nucléaire.

Un accueil sans doute glacial pour Boris Ravignon à l’Ademe

Son prédécesseur à la tête de l’Ademe Arnaud Leroy avait bien compris que le vent tournait et a démissionné peu de temps après le discours de Belfort d’Emmanuel Macron en février marquant son ralliement inattendu au nucléaire. Il est parti dans le privé et est devenu responsable du développement durable du groupe d’emballage Sphere. Ancien militant écologiste et élu socialiste, Arnaud Leroy avait été nommé en 2018 à la tête de l’Ademe après s’être rallié en 2017 à la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle.

Boris Ravignon, le nouveau Président de l’Ademe, est aussi un soutien d’Emmanuel Macron mais il s’est rallié en avril dernier et est venu cette fois des rangs de LR. Comme Emmanuel Macron, c’est un brillant énarque passé par l’Inspection générale des finances. Il a travaillé pendant cinq ans à l’Elysée pour Nicolas Sarkozy en étant son conseiller développement durable

Et c’est aussi un partisan résolu du nucléaire. C’est sous son impulsion qu’en mars 2022 les élus des Ardennes se sont portés volontaires pour accueillir «un ou plusieurs réacteurs de nouvelle génération» sur le site de l’actuelle centrale de Chooz. Elu départemental, Boris Ravignon s’était déjà porté candidat à l’installation d’un EPR en 2010. Nul doute que l’accueil qui va lui être fait à l’Ademe risque d’être glacial…

La rédaction

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