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Les océans capturent jusqu’à deux fois plus de CO2 qu’on le pensait

Pacific ocean wikimedia commons

Des chercheurs viennent de démontrer que les océans absorbent jusqu’à deux fois plus de dioxyde de carbone que le montrait les précédentes études. Cette découverte va permettre de construire de meilleurs modèles climatiques.

La «pompe biologique» des océans capture bien plus de dioxyde de carbone (CO2) que les scientifiques le pensait et les modèles le montrait. Telle est la conclusion d’une étude publiée le 6 avril dans la revue Proceedings de la National Academy of Sciences américaine par des chercheurs de la Woods Hole Oceanographic Institution, un institut américain dédié à l’étude des océans, de l’université de Tasmanie en Australie, de l’université d’Halifax au Canada et de l’université de Californie Santa Barbara.

Cette «pompe biologique» fonctionne de la façon suivante. Le phytoplancton ou plancton végétal constitué d’organismes unicellulaires à la surface des mers absorbe le CO2 avec l’aide de l’énergie solaire et relâche de l’oxygène. Il est à son tour absorbé par le zooplancton animal et d’autres créatures marines qui l’amène plus au fond des océans. Quand ces dernières espèces meurent, elles deviennent des débris riches en carbone qui tombent au fond des océans. Les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère seraient beaucoup plus élevés si cette «pompe biologique» n’existait pas.

De meilleures modèles climatiques

La capacité du phytoplancton à absorber le CO2 dépend en grande partie de la quantité de lumière qui pénètre dans les couches supérieures des océans. Les scientifiques ont mesuré la profondeur de cette zone où vit le phytoplancton appelée la zone euphotique. Et ils ont découvert qu’elle était plus importante qu’ils le pensaient et qu’elle absorbait jusqu’à deux fois plus de CO2 que l’avait calculé les précédentes estimations.

Le grand intérêt de cette découverte est qu’elle va permettre de construire des modèles climatiques sur le réchauffement bien plus précis puisque la capacité des océans à absorber le CO2 est mieux comprise et estimée. «En utilisant les nouvelles mesures, nous allons être capables d’améliorer les modèles non seulement pour dire à quoi ressemblent les océans aujourd’hui mais à quoi ils ressembleront dans l’avenir» explique le Docteur Ken Buesseler, géochimiste de la Woods Hole Oceanographic Institution qui a dirigé la recherche.

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