<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Hydrogène naturel, une course planétaire

3 septembre 2026

Temps de lecture : 3 minutes
Photo : hydrogen-molecule wikimedia commons
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Hydrogène naturel, une course planétaire

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A en croire des études récentes, américaine et chinoise, et des découvertes récentes en France, en Chine et aux Philippines, la croute terrestre pourrait abriter des quantités considérables d’hydrogène naturel ou géologique. Pouvoir en exploiter, ne serait-ce qu’une toute petite partie, pourrait totalement changer la rapidité et la faisabilité même de la transition énergétique. L’hydrogène directement ou transformé en carburants synthétiques est le substitut idéal aux combustibles fossiles dans de très nombreux domaines. Et sa combustion n’émet aucun gaz à effet de serre, juste de l’eau…

Découvrir des gisements exploitables d’hydrogène naturel ou géologique est une sorte de rêve éveillé. Car l’hydrogène, directement sous forme gazeuse et liquide, ou en le transformant en essence, en kérosène ou diesel synthétique est un carburant de substitution idéal aux combustibles fossiles. Il est décarboné et il est relativement facile d’en faire l’exact équivalent chimique des carburants fossiles. Cela permet de conserver des équipements existants et de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Cela est possible également avec l’hydrogène vert. Celui qui est fabriqué par électrolyse de l’eau avec de l’électricité décarbonée. Mais dans ce cas, on est dans un vecteur d’énergie (comme l’électricité) et l’équation économique est toute autre et particulièrement difficile à mettre en place. Car le processus consomme énormément d’électricité avec une efficacité énergétique très faible. Voilà pourquoi les grands espoirs mis dans la filière hydrogène il y a quelques années se sont en grande partie évaporés. A moins que la croute terrestre recèle de grandes quantités d’hydrogène prêt à l’emploi…

Une découverte en Moselle en 2023 qui change tout

Car l’hydrogène bas carbone est tout simplement le seul combustible connu aujourd’hui capable directement ou après transformation en carburants synthétiques de remplacer ç grande échelle les énergies fossiles dans de très nombreuses activités dans l’industrie (sidérurgie, cimenterie, chimie, engrais…) et les transports sur longue distance (aérien, maritime et même terrestre).

Tout est parti de la découverte fortuite en 2023, en Moselle au fond d’une vieille mine de charbon d’un gisement estimé à 34 millions de tonnes par des scientifiques de l’Université de Lorraine et du CNRS. L’exploration s’est poursuivie et à Pontpierre se trouve aujourd’hui le puit dédié à l’hydrogène le plus profond au monde jusqu’à 3.655 mètres. A 1.200 mètres, la teneur en hydrogène est de 20% et à 2.500 mètres, elle est de 50%.

Mais il n’y a pas que la Moselle, loin de là. Depuis 2023, une course est engagée dans le monde entier pour devenir le premier pôle majeur de l’hydrogène géologique. Il y a deux ans, le très sérieux United States Geological Survey (Institut d’études géologiques américain) a publié un rapport retentissant estimant qu’il y avait pas moins de 5.600 milliards de tonnes d’hydrogène naturel sous nos pieds reposant dans des poches souterraines et qu’une quantité considérable pourrait en être extraite à des fins industrielles, 26 fois la quantité de pétrole connue…

La Chine s’y met à son tour

Il y a quelques jours une étude chinoise a révélé que des scientifiques avaient mesuré des niveaux records d’émanations d’hydrogène dans le bassin du Sichuan, suggérant l’existence d’immenses réserves exploitables sous la surface terrestre. Les échantillons prélevés dans la zone affichaient des taux de pureté en hydrogène compris entre 97,33 % et 98,24 %, soit les niveaux les plus élevés jamais enregistrés en Chine.

Parallèlement, aux Philippines, des acteurs privés commencent à s’intéresser de près à des émanations d’hydrogène similaires. Koloma, une start-up du secteur de l’énergie soutenue par des milliardaires, estime que ce pays d’Asie du Sud-Est pourrait bien devenir l’épicentre de ce qui promet d’être une révolution de l’hydrogène géologique. « Les Philippines abritent les plus importantes émanations d’hydrogène naturel de la planète », a récemment déclaré Pete Johnson, le Pdg de Koloma, au magazine Forbes.

Une vraie révolution énergétique

Il est difficile de surestimer l’impact potentiel d’une exploitation commerciale à grande échelle de l’hydrogène géologique. En partant du principe que les calculs du United States Geological Survey sont justes et que les réserves souterraines d’hydrogène naturel pourraient atteindre environ 5,6 millions de mégatonnes, cela ouvre des perspectives qui bouleversent totalement le marché mondial de l’énergie et la perspective de mener à bien et rapidement la transition énergétique.

 « Si le secteur de l’énergie parvenait à extraire ne serait-ce que 2% de ce volume total, cela représenterait deux fois l’énergie contenue dans l’ensemble des réserves mondiales prouvées de gaz naturel », souligne Interesting Engineering dans un article en date du 20 août.

L’hydrogène géologique pourrait permettre d’accélérer considérablement et en quelques années le mouvement mondial de décarbonation. L’hydrogène est depuis longtemps présenté comme la meilleure solution pour décarboner des secteurs difficiles à transformer, tels que la sidérurgie, les cimenteries, la chimie et les transports lourds sur longue distance maritime, aérien et terrestre. L’hydrogène directement ou transformé en carburants synthétiques peut être brûlé à haute température, tout comme le charbon à coke ou le fioul lourd, mais ne rejette que de la vapeur d’eau lors de sa combustion.

Faible coût

Même si les projets menés en France, en Chine et aux Philippines n’en sont qu’au stade exploratoire, ils ouvrent la perspective de produire de l’hydrogène géologique à grande échelle et à très faible coût.

Selon les estimations du département de l’Énergie des États-Unis, l’hydrogène géologique pourrait potentiellement être produit pour moins d’un dollar le kilogramme. En comparaison, l’hydrogène vert coûte entre 3,50 à 6,00 dollars le kilogramme, dans le meilleur des cas. Si les prévisions du département américain de l’Énergie s’avèrent exactes, l’hydrogène géologique serait encore moins coûteux que l’hydrogène produit avec du gaz ou du charbon, bouleversant totalement le modèle économique de la filière mondial de l’hydrogène. On peut bien y croire

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