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Le GPS nous rend idiot…

Les assistances électroniques à la conduite, de plus en plus nombreuses et performantes, facilitent l’usage d’une voiture et améliorent la sécurité. Mais elles ont des effets pervers, notamment la perte de l’attention, la diminution de nos capacités et de certains savoir-faire et la déresponsabilisation. Le cas du GPS est symptomatique. Des études récentes montrent que ne plus construire mentalement des itinéraires affaiblit certaines parties de notre cerveau. Il est fort possible que quand la voiture autonome sera généralisée nous perdrons la capacité de conduire.

Les technologies d’assistance à la conduite et à l’utilisation d’un véhicule qui se sont multipliées depuis trois décennies ont facilité l’utilisation d’une voiture, augmenté la sécurité et le confort, mais ont eu également des effets pervers. Elles sont principalement liées au fait de nous déresponsabiliser au volant et de diminuer un certain nombre de capacités et de savoir-faire. Certains en tirent la conclusion que la généralisation des voitures autonomes pourrait rapidement nous rendre incapables de conduire.

Des zones du cerveau restent endormies

Le GPS semble la plus innocente des technologies facilitant l’utilisation d’un véhicule. Mais elle a aussi des effets pervers. Les dernières études, notamment celle publiée récemment dans la revue scientifique Nature et réalisée par des chercheurs de Microsoft, démontrent que si l’on demande à deux groupes d’individus de s’orienter dans un même environnement, l’un avec une carte classique, l’autre à l’aide d’une application de géolocalisation, les membres du premier groupe sont plus à même ensuite de reconnaître des points de repères qui leur sont présentés quand les personnes du second groupe éprouvent de grosse difficultés à savoir par où elles sont passées.

Dans le premier cas, le cerveau des participants est actif dans le processus d’orientation et a donc mémorisé des points de repères visuels durant son parcours. Au contraire, plusieurs zones du cerveau, dont l’hippocampe et le cortex préfrontal, n’étant pas stimulées sont restées endormies pour le second groupe. La mémoire de ces personnes n’ont pas enregistré de données utiles s’en remettant totalement à l’assistance de la navigation. 

En l’absence de stimulation, les zones du cerveau utilisées pour se localiser régressent, comme démontré par une étude de 2017 au moyen de techniques IRM utilisées sur des personnes se repérant dans le quartier de Soho, à Londres.

Des risques pour la santé mentale à long terme

Il n’y a pas de doute sur le fait que les applications GPS nous facilitent la vie. Mais selon l’étude publiée dans Nature non seulement une utilisation intensive des systèmes de navigation peut nous rendre idiots, mais présente aussi des risques pour notre santé mentale à long terme, plus précisément lorsque nous serons âgés. «Avec le GPS classique, des zones très archaïques du cerveau qui fonctionnaient depuis des siècles ne sont plus stimulées et nous risquons que cela affecte notre santé mentale à un âge avancé», explique Mar González Franco, une des auteures de l’étude qui travaille chez Microsoft.

«Quand nous vieillissons notre hippocampe et nos capacités spatiales déclinent… Du coup, créer des cartes mentales n’est pas seulement important pour notre vie de tous les jours, mais devient critique avec le vieillissement», indique l’étude. Elle souligne également que: «explorer de nouveaux environnements, comprendre notre position actuelle et se souvenir comment revenir sont essentiels pour une orientation réussie. De fait, savoir où nous allons et d’où nous venons sont des processus fondamentaux qui ont été critiques pour la survie de nos ancêtres».

Dans le monde de l’automobile, les écrans ont pris le pouvoir depuis plusieurs années et apportent de plus en plus de fonctionnalités plus ou moins utiles… et plus ou moins néfastes. Comme le souligne l’étude de Microsoft: «il est important d’être engagé activement dans le monde qui nous entoure».

La rédaction

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